Acheter un appartement à 25 ans (Chapitre 3) : la recherche du prêt

Hello,

Je reviens avec le 3e épisode de votre saga du printemps : « Acheter un appartement à 25 ans », avec la partie la moins fun de tout le processus (et pourtant, Dieu sait que les premières ne l’étaient pas non plus) : la recherche du prêt.

J’ai voulu acheter à un moment compliqué. Les taux des emprunts bancaires augmentaient à vitesse grand V, les banques devenaient peureuses à l’idée de prêter de l’argent alors que l’on ne savait pas si l’économie allait redevenir ce qu’elle était avant la guerre en Ukraine (et toutes les autres choses qui servent d’excuses à l’explosion des prix actuellement) et, surtout, j’étais très jeune. Et même si être jeune ça rassure les banques sur le plan financier puisque je ne suis pas censée mourir avant la fin de mon prêt prévue pour mes 45 ans, ben il est difficile de faire confiance à une jeune de 24 ans que l’on ne pense pas assez mature pour avoir anticipé et budgétisé l’ensemble de l’opération.

J’avais initialement prévu de passer par une courtière recommandée par une amie russe qui avait réussi à obtenir un prêt par son biais un mois plus tôt (chose très difficile actuellement quand on vient du pays de Poutine…). Très bon feeling avec la courtière, elle était vraiment top et avait plein de bons conseils. Je la recommande à 1000%.

Elle m’a très vite indiqué qu’elle pouvait m’obtenir un prêt sur 25 ans à un taux d’environ 2,7% – 2,8% (wtf). Si les emprunts sur 25 ans font rêver de nombreux investisseurs immobiliers en raison des faibles mensualités de remboursement qui n’amputent pas énormément la capacité d’emprunt, ce n’était pas du tout mon cas. Mon but était de payer le moins possible d’intérêts (qui s’allongent quand la durée de l’emprunt s’allonge), quitte à mettre de ma poche chaque mois. J’ai donc décidé de demander à ma courtière l’autorisation de contacter une seule banque (la loi lui interdit de contacter les banques déjà contactées par son client donc il faut vraiment faire attention), ma banque familiale, pour voir ce qu’elle pouvait me proposer.

Je savais que le logement rentrait dans ma capacité d’emprunt (déjà calculée par ma banque familiale quelques mois plus tôt), là je voulais juste obtenir le taux le plus bas possible, sachant pertinemment qu’il allait être bien plus haut qu’en septembre, lors de ma première simulation. Je visais 2,6% sur 20 ans. Ma courtière me proposant 2,7 sur 25, ça me semblait plutôt cohérent.

J’ai donc contacté ma conseillère bancaire qui était au courant du projet et qui a été d’une aide précieuse sur ce plan. Je lui ai envoyé un dossier béton : un justificatif de domicile, une copie du projet de bail avec le montant du loyer (facile à obtenir puisque j’avais déjà trouvé la locataire), le compromis de vente mentionnant cette location et le loyer qui j’obtiendrai, mon contrat de travail, mes trois dernières fiches de paie, ma carte d’identité, une capture d’écran de mon compte d’épargne salariale (je n’ai pas eu à fournir les captures de mes sorties et entrées d’argent des trois derniers mois puisque mes comptes étaient dans cette banque, mais sinon il faut les fournir) et mon avis d’imposition.

A ce stade, mon conseil est de faire un dossier très carré, avec les documents dans l’ordre, pour que le banquier n’ait pas à chercher de partout les informations. Il sera plus enclin à dire oui si on lui facilite la vie, ça reste un humain et c’est important de ne pas saouler le banquier avant même d’avoir pu échanger avec un dossier en bazar.

Suite à ça, ma banquière m’a fait une simulation de prêt à 2,4% (au-delà de mes attentes) sur 20 ans, pour un montant de 195 000 euros (à ma demande, j’expliquerai pourquoi ensuite), sans report d’échéances (j’aurais pu choisir de commencer le remboursement dans quelques années, c’est une pratique très utile notamment quand des travaux sont nécessaires avant de mettre le logement en location, mais j’ai fait le choix de me priver en étant jeune pour le rembourser le plus rapidement possible). Elle m’a dit qu’elle allait essayer de négocier le taux avec son supérieur et m’a également fait une assurance emprunteur à 16 euros (ce qui est INCROYABLE), sous conditions que je prenne mon assurance propriétaire non occupant chez eux, ce que j’ai fait pour environ 12 euros par mois.

Pourquoi j’ai décidé d’emprunter que 195 000 euros alors que je pouvais emprunter plus et que le cout total de l’appartement était de 290 000 euros ? Tout simplement parce que je suis malade et qu’une loi est passée récemment qui interdit de demander à fournir un dossier médical pour les prêts inférieurs à 200 000 euros. Je voulais pas faire la reloue à demander 199 999 euros, c’était un peu louche, donc je suis partie sur 195 000 euros, heureuse de ne pas avoir de dossier médical à fournir. Si seulement. 🙂

Ma banquière a négocié avec son chef pour m’obtenir un taux de 2,35% (c’était dingue à l’époque, on était déjà à 2,8% en moyenne, super banquière merci bien) pour une mensualité de 1012 euros hors assurances (1028 et quelques avec assurance emprunteur) sur 20 ans.

J’ai reçu la proposition de prêt à signer au plus tôt dix jours après réception. Ce 10 jours après réception tombait le jour de la veillée de Noël.

24 décembre 2022 : je me connecte au site pour signer, au rythme des cloches de Noël et du sapin qui brille, et là on me demande un questionnaire médical. Je m’effondre. Littéralement, ma vie s’effondre. Je sais qu’ils ont tort, qu’aucun certificat n’a à m’être demandé mais je sais aussi que leur dire qu’ils ont tort et ne pas fournir ce dossier médical alors que j’ai 24 ans et que je n’ai aucune raison apparente (ils savent pas que je suis malade) de ne pas le fournir, ben c’est louche.

J’appelle ma banque qui bien évidemment est fermée, je chiale, je passe un super noël avec une bonne grosse grippe en prime. J’attends le 26 décembre, je les appelle, ma conseillère n’est pas là (y en a qui ont le droit de prendre des congés à Noël, contrairement à moi 🙂 ), je tente de joindre le service client qui me dit ben c’est bizarre mais au pire fournissez le vous êtes jeune on ne vous refusera pas votre prêt (j’avais envie de leur hurler à la tronche que j’étais malade mais je ne pouvais pas le dire).

Je réessaie d’appeler mon agence et je tombe sur la fille de l’accueil qui me dit « mais madame, le certificat vous est demandé pour la souscription de votre assurance décès que vous avez surement demandée à votre conseillère lors d’un de vos rdv ». Alors je veux bien être teubée, mais je n’ai JAMAIS demandé à souscrire cette assurance. J’ai donc failli signer un contrat d’assurance décès qui allait me couter 16 euros par mois soit le montant exact de mon assurance emprunteur alors que je n’avais jamais demandé ça, mais qu’ils ont essayé de le passer en douce lors de la souscription de mon prêt. Si moi qui bosse dans les assurances j’ai failli me faire avoir, j’imagine pas le nombre de petits vieux qui se font avoir aussi.

Bref, me voilà rassurée, je refuse de signer l’assurance décès, je signe uniquement la demande de prêt qui vaut adhésion automatique à l’assurance emprunteur et me voici fraichement propriétaire d’un beau petit prêt de 195 000 euros. 🙂

Je préviens mon notaire de la signature, il me félicite et on cale une date pour la signature de l’appartement : le 17 février 2023.

A bientôt pour la suite des péripéties parce que non, ce n’est pas fini. 😀

Audrey

6 réflexions sur “Acheter un appartement à 25 ans (Chapitre 3) : la recherche du prêt

  1. Avatar de Inconnu Anonyme

    Même quand on lit les clauses en petit caractère, il y a toujours le risque de se faire avoir. Ce sont des malins.
    Après, ce que tu dis sur l’organisation des papiers pour le banquier, ça vaut aussi pour le juge (je dis ça au cas où) même si tu n’auras pas besoin car tu gères comme une chef. Ca fait plaisir de revoir un rythme aussi régulier, lâche rien ❤
    _vh

    J’aime

Répondre à Audrey Vaan Annuler la réponse.