Je me suis fait opérer des dents de sagesse (et ça a été un fiasco)

Hello,

Il y a une dizaine d’années (ça nous rajeunit pas tout ça), mon dentiste avait mentionné que ce serait utile (important) que je me fasse enlever (rapidement) les dents de sagesse, celles-ci étant en train de pousser. Je l’aurais bien fait, mais un problème se posait : il m’avait dit que pour les retirer il fallait obligatoirement enlever mon fil d’appareil dentaire. Il était hors de question pour la petite Moi de l’époque qui venait de vivre deux ans atroces à ressembler à Ugly Betty pour avoir un sourire Colgate de retirer les appareils qui maintenaient le résultat de ces deux ans de souffrance et de prendre le risque que les dents bougent à nouveau.

J’ai donc attendu.

Attendu.

Et nous voilà dix ans plus tard, un dimanche soir, à chercher un nom de dentiste qui puisse me prendre en urgence sur Paris car une de mes dents de sagesse me faisait extrêmement mal. Mais quand je dis extrêmement mal, c’est vraiment extrêmement mal. Et pourtant, la bouche est le seul endroit de mon corps pour lequel je ne suis pas douillette.

Dent n°1

12 septembre, 18h. Alors que je m’apprêtais à vivre une consultation chez le dentiste on ne peut plus normale durant laquelle il allait me rassurer sur l’état de mes dents et me dire que se brosser les dents deux fois une minute par jour n’était pas suffisant, je me suis retrouvée à devoir attendre la fin de journée du docteur qui souhaitait m’enlever immédiatement une des dents mais ne voulait pas faire attendre davantage les patients calés après mon petit rendez-vous de normalement dix minutes pour contrôler que tout allait bien.

Une heure et demie d’attente plus tard, me voilà sur la table d’opération en train de dire au revoir (dans la douleur, mais ça allait) à une de mes dents avec laquelle je vivais depuis au minimum dix ans. Je ne vais pas vous faire de dessin mais l’état de celle-ci était tellement pitoyable que le dentiste m’a dit que si j’étais venue plusieurs mois voire années plus tôt, il m’aurait déjà dit que c’était urgent de l’enlever. Aïe.

Ayant des soucis de santé (épilepsie, syndrome de Stevens-Johnson, hyperthyroïdie) (si si), il était impossible pour moi de prendre de la codéine. Nous avons donc pris la décision (enfin lui, de mon côté je n’étais pas en mesure de réfléchir) de me retirer les dents une par une pour que la douleur soit plus supportable (et que le dentiste puisse partir en vacances tous frais payés par moi pendant tout 2023 <3).

La suite de l’opération s’est bien passée. J’avais une réunion super importante le lendemain (l’Histoire dira que ce sera également le cas pour les autres dents aha) mais dès le soir même (alors que j’ai été opérée à 19h30) j’ai pu manger sans soucis de l’autre côté.

Hein quoi, c’est que ça les dents de sagesse ? M’aurait-on menti ? (Non).

Dent n°2

Juste le temps de souffler un peu (et d’évacuer les dix kilos de pots de glace avalés après la première opération) que je prenais rendez-vous pour ma deuxième dent de sagesse, le 31 octobre. Cette fois-ci j’avais anticipé le truc : je faisais ça la veille d’un jour férié, histoire de pouvoir me reposer le lendemain. Tout était parfaitement calé, vraiment une reine de l’organisation cette Audrey.

Trois jours avant le rendez-vous je reçois un mail d’annulation du dentiste. Je me dis ah mince ça tombe mal, tout était parfait niveau timing, mais bon pas grave je vais prendre un autre rdv.

Je retourne sur Doctolib et là je vois que le rendez-vous qui vient d’être annulé est disponible sur l’application. Pas bête la bête, je reprends le même rdv, le même jour, à la même heure. J’appelle le cabinet pour être sure de ne pas me déplacer pour rien. Ils me confirment que le rendez-vous est bien maintenu mais que parfois ils annulent des créneaux sans faire exprès (???). Ok. Rdv le 31 octobre pour une extraction de dent (et un déguisement pour Halloween gratuit).

Entre temps, j’ai appris lors d’une de mes prises de sang que j’avais un souci de foie. Dans l’attente d’une échographie prévue pour le 7 novembre pour écarter un risque de cancer ou d’atteinte provoquée par mes nombreux traitements, je ne devais plus prendre AUCUN médicament hors Keppra et Propylex qui sont devenus vitaux pour moi. Pas de médicaments = pas de Doliprane. J’ai hésité à repousser l’opération mais j’avais envie que ça se finisse rapidement donc j’ai touché à rien, me disant que de toute façon la première fois c’était passé crème donc pourquoi la guerrière que je suis souffrirait cette fois-ci. Mdr.

31 octobre, nous voilà levés à 9h pour un rendez-vous deux heures plus tard. Tout se passe encore une fois très bien et très rapidement. Alex m’accompagne. On rentre, tout va bien, juste une énorme douleur à la tête que je ne pouvais pas soigner. C’était sans compter les voisins du haut qui ont passé la journée du lendemain à sauter sur leur sol, accentuant mes maux de tête et mon envie de les étriper un par un (au final ça va, on s’aime bien).

Dent n°3

21 novembre, petit rendez-vous de contrôle post opératoire. Je ris avec mes collègues en imaginant qu’il m’enlève par surprise une troisième dent. Ahahahahahah… ah…ah…ah.

Arrivée au rendez-vous, je tombe sur un remplaçant que je trouve génial et qui me dit « tant qu’à faire, comme vous êtes là, autant en enlever une autre, il n’en restera plus qu’une ». L’idée d’en avoir plus qu’une à enlever est beaucoup plus attrayante que celle d’en enlever une maintenant, mais je me laisse convaincre.

C’est la première dent du bas que l’on m’enlève. La douleur est plus forte que pour les autres dents, le dentiste et son assistante tentent tant bien que mal de me faire rire mais rien n’y fait, moment bof agréable.

Je rentre chez moi avec quelques Doliprane et je me dis « allez plus qu’une et c’est fini ». Si j’avais su.

Dent n°4, la PIRE

Si mes trois autres dents de sagesse avaient largement eu le temps en dix ans de pousser, celle en bas à droite était restée bien au chaud dans ma gencive.

Nous étions le 14 décembre. L’opération a duré une bonne quarantaine de minutes, rythmée par les « bon arrêtez de bouger, je vais rater le match de la France » du dentiste et les hurlements de la patiente (moi) totalement apeurée et remplie de souffrance. 40 minutes plus tard, je pensais que le pire était passé. Si j’avais su.

Nous sommes à l’heure où j’écris pile deux mois après l’opération (samedi 14 janvier). Mon trou n’est toujours pas rebouché, je suis obligée de gratter avec une petite brosse à l’intérieur trois fois par jour et dès que j’oublie je retrouve 12h après un bout de Big Mac ou de thon égaré dans le trou, la mutuelle refuse de me rembourser 240 euros sur cette opération et je ne peux pas boire de choses trop fraiches sans prendre de paille, au risque de hurler comme une personne qu’on ampute sans anesthésie.

Conclusion : les dents de sagesse c’est horrible, heureusement que je n’ai pas fait la quatrième dent en première sinon le dentiste ne m’aurait jamais revu et n’aurait pas pu payer ses deux semaines de vacances aux Maldives avec les frais délirants qu’il m’a appliqués (1 500 euros au total pour quatre dents de sagesse, dont au final 260 à ma charge, merci la France, merci la Sécu, pas merci la mutuelle qui veut pas me rembourser les 240 euros qu’elle me doit) et faites vous opérer dès qu’on vous le dit, pas dix ans après.

Bonne journée,

Audrey

2 réflexions sur “Je me suis fait opérer des dents de sagesse (et ça a été un fiasco)

  1. Avatar de Inconnu Anonyme

    Beaucoup de courage et de force à toi pour ces longs et douloureux moments. Tu es une guerrière pour sortir la tête haute de tout cela et d’être capable d’en rire après. Mais je me demande pourquoi on n’a pas attendu que ta dernière dent sorte avant de la retirer ? Elle ne risquait plus de décaler le reste de tes dents. Ça fait plaisir de pouvoir te lire plus souvent, en espérant que tu continues de nous donner de tes nouvelles. Bisous.
    _vh

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