ANNECY : le week-end de l’angoisse

Mi-juillet je suis partie à Annecy aka la ville de mon coeur avec Aix-en-Provence. Tout aurait dû bien se passer : comment dans un tel cadre ça pourrait mal se passer de toute façon. Je m’imaginais déjà vous raconter ici à quel point mon premier jour de congés payés de TOUTE MA VIE avait été cool. Lol.

Hello,

Bon, il y a quelques semaines j’ai prévu avec un ami à moi de le rejoindre dans sa nouvelle ville étudiante à une heure d’Annecy pour y passer un week-end.

A la base, je devais arriver le samedi matin et repartir le dimanche soir, mais voulant prolonger le plaisir, j’ai décidé de prendre mon vendredi et de partir de chez moi à 6h pour une arrivée en fin de matinée. Si j’avais su.

Vendredi matin 6h, je pars toute heureuse d’enfin pouvoir passer une journée de repos bien méritée après onze mois sans congés. J’étais un peu épuisée par ma semaine et par ce réveil plus tôt que quand je vais bosser (je me lève à 8h quand je suis en présentiel et 9h quand je suis en télétravail, le choc fut donc rude) mais bon l’excitation de ce que j’allais vivre me faisait oublier ma dette de sommeil plus grande que celle de la France (120% du PIB quand même, pas hâte de devoir rembourser).

Les galères commencent quand mon métro s’arrête pour colis suspect mais bon comme j’étais partie deux heures avant pour un trajet censé durer 45 minutes j’étais (pour le moment) pas trop inquiète. J’ai commencé à un peu le devenir en voyant que ce colis était suspect depuis dix, vingt, trente minutes… allez hop, on est reparti.

Arrivée à la gare, je regarde rapidement sur quelle voie sera mon train et découvre que grâce à ce colis suspect ben je n’ai même pas besoin de l’attendre puisqu’il va partir dans quelques minutes. Tant mieux / tant pis : je ne sais même pas quoi penser mais c’est bon, me voilà bien assise dans le petit train qui va partir d’une minute à l’autre.

Le trajet se passe bien. Un peu long mais ça va. Non en vrai c’était grave long et même moi qui ADORE les trajets j’étais un peu soulée (surtout qu’à partir d’Aix-les-Bains il n’y avait ni wifi ni réseau, un enfer) par ce train qui avançait à 2km/h et en plus y avait même pas de réseau svp.

J’arrive à Annecy et re découvre pourquoi je suis aussi amoureuse de cette ville : le lac, les gens, les immeubles, ça va etre incroyable. IN CRO YABLE (ah ben croyez-moi que la suite je n’aurais en effet pas pu y croire).

Mon ami devait venir me chercher vers 17h (impossible d’aller chez lui autrement qu’en voiture). Il a fini un peu plus tard au boulot et a été pris dans les embouteillages donc aucun souci son retard est justifiable et justifié. Déjà qu’il fait taxi bénévolement pour 40km alors que je lâche 30 euros de Uber pour en faire 8 à Paris, je vais pas en plus râler quoi (si) (non).

On arrive, petit resto tranquillou, burger délicieux, fondant au chocolat qui fondait pas mais qui avait au moins le mérite d’être un bon moelleux : TOUT était parfait.

Il me parle d’aller faire un trail/randonnée/survie jusqu’en haut d’une montagne qu’on aperçoit de sa fenêtre. C’est incroyable. On va passer un week-end incroyable. Ma vie est incroyable.

Le temps se gâte, le ciel se couvre, la pluie s’invite, l’idée que l’on va passer un week-end enfermés chez lui commence à s’ancrer de plus en plus en moi, et là, c’est le début du cauchemar.

Le vendredi soir, on joue à la Switch (j’adore), on va se coucher, on constate au réveil que le temps ne s’est pas arrangé et donc que l’on va bien passer la journée à ne rien faire. Je propose à mon ami de rentrer plus tôt en prenant un train le samedi parce que là on va un peu s’ennuyer. Il me dit pas la peine. Je me dis ok il a dû prévoir quelque chose. Et là….

1/ Les courses

On voulait faire une soirée crêpes mais il manquait des ingrédients donc on est parti faire des courses. Quoi de plus banal quoi. Ce qui fut moins logique c’est ce qu’il s’est passé après.

L’ami en question a des moyens bien plus importants que les miens. Concrètement, son argent de poche est approximativement le salaire annuel de mes deux parents réunis. Aucun souci sur ça, je suis à Dauphine donc je côtoie des gens très riches tous les jours et j’ai jamais eu de problème avec ça, mais y a des limites. Et ces courses transformées en sketch immense étaient la mienne. J’attends encore la révélation de la caméra cachée là.

J’avais prévu de les payer (c’est pas pour me saucer, la générosité étant une de mes seules qualités, mais c’est important pour la suite). Il avait déjà la gentillesse de m’inviter et m’héberger donc pour les restos et courses c’était à moi de régaler.

On se promenait dans les rayons et qui dit crêpe dit sucre parce que le Nutella c’est pas bon pour la planète (on en a quand même pris). Un kilo de sucre ça coute approximativement un euro, alors quand il m’a sorti un paquet rose à 4 euros les 250 grammes, j’ai cru que j’allais m’évanouir. Heureusement pour moi, j’étais en charge de porter le panier de courses qu’il ne cessait de remplir avec des trucs ultra lourds, donc je me suis vite ressaisie en me disant que je ne pouvais pas tout lâcher.

D’habitude il rentre chez ses parents le week-end et ramène des plats pour toute la semaine donc cuisiner n’est pas son délire. Comme là il a dû rester le week-end à Annecy, il est parti faire les courses … du tout prêt …. des croque-monsieurs déjà préparés (genre ça existe les gens qui achètent ça ?) … des pâtes précuites …

On paie, on part du magasin, et là, monsieur appelle sa mère pendant dix minutes. Je reste donc à côté de la voiture, à attendre que la conversation se termine.

2/ La sieste de cinq heures

Nous voilà en route : on arrive chez lui, il y a du soleil mais pas assez pour prendre le risque d’aller faire du trail sur une montagne trempée. On mange. Monsieur part SE COUCHER pendant littéralement CINQ HEURES.

Je suis donc restée seule sur son canapé sans clé pour sortir pendant cinq heures, la musique de Mario en fond sonore car je ne savais pas où était la télécommande pour l’arrêter.

Il revient, ne me parle même pas, se met devant le replay des Marseillais, et ne décrochera pas un mot jusqu’au soir quand il était l’heure de faire les crêpes car il ne semblait pas savoir faire.

La soirée passe, ma haine accroit et mon envie de partir se faire de plus en plus sentir.

L’heure du coucher (de sa deuxième nuit donc) est enfin arrivée : plus que quelques heures et me voilà libérée.

3/ Le retour

Le lendemain matin, il me ramène à la gare. Il n’y avait pas de place pour se garer devant donc gentiment il me dit qu’il va un peu avancer pour trouver une meilleur place plus loin. Le plus loin s’est avéré être à 3km. Me voilà donc obligée de marcher 3km tout ça pour avoir une meilleure place pour poser ma jambe sur le trottoir.

Je monte dans le train direction Paris. La tête contre la vitre je me demande ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter d’avoir passé un week-end aussi pourri pendant lequel on m’a autant manqué de respect puis je me rappelle que la prochaine fois je pourrais enfin lui apporter une réponse quand il me dira « j’ai du mal à tisser de vrais liens avec les gens ». Enfin, je me rappelle surtout que je n’aurai plus jamais l’occasion de lui apporter cette réponse puisque le manque de respect et d’éducation me semble suffisant pour définitivement écarter cette personne de ma vie.

Bonne journée,

Audrey

2 réflexions sur “ANNECY : le week-end de l’angoisse

  1. Avatar de Inconnu Anonyme

    J avais deja beaucoup rigolé quand tu me l avais raconté et je confirme que c est toujours aussi drôle en le lisant, même si ce n est pas drole pour toi…

    Si tu viens à Grenoble, promis on fera des trucs passionnant, au moins un monopoly. Maintenant tu es en vacances avec quelqu un qui s occupe bien de toi, donc profites en un maximum ❤
    _vh

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