Hellloooo,
Ca y est, la nouvelle est tombée : ON EST RECONFINES.
Je n’ai pas pu rentrer chez mes parents comme les premières fois car j’ai passé une IRM très importante à Paris hier matin mais surtout parce que, contrairement aux premiers confinements, les cours ne s’arrêtent pas et je suis donc en présentiel le lundi, le mardi et un mercredi après-midi sur deux, voire le samedi aussi si La Sorbonne suit le moov et passe en présentiel également (y a zéro chance mais bon).
Je vais donc passer mon premier confinement solo à Paris dans mon mini studio mais franchement, je suis limite ultra excitée à l’idée de pouvoir me recentrer sur moi-même (et sur ma dose de travail inimaginable ahahaha).
Bref. Hier j’avais une IRM.
Laissez-moi vous conter mon périple.
Le trajet
Je me suis dit jeudi en apprenant la nouvelle que j’allais transformer l’essai et faire de ce confinement un moment in-cro-yable. Vraiment, j’étais pleine de bonnes intentions….
Puis je me suis levée hier matin, ai découvert la nouvelle attestation et ses QUINZE motifs de sortie (dont celui qui te permet de sortir dans un rayon de 10, 30 ou 50km -on comprend pas trop- sans limitation de durée et sans motif à donner mais en ayant quand même une raison parce qu’on est censés pas pouvoir sortir mais vu qu’on déprime quand on peut pas sortir ben le gouvernement nous permet quand même de sortir, mais vous comprenez, faut pas trop sortir parce que le virus se propage, HEIIIIIIIIIIIIN mais votre attestation elle est encore plus compliquée à comprendre que mon cours d’entreprises en difficulté là) (j’ai un partiel dans 6h) (oui, un dimanche) mais ai surtout découvert que, contrairement aux premières fois, le gouvernement n’avait pas mis à disposition une attestation modifiable directement sur téléphone.
Problème : il était 10h du matin, je devais partir une heure plus tard et n’avais aucune solution puisque j’ai beau avoir une imprimante énorme qui me prend la moitié de mon appart, je n’ai jamais réussi à la brancher à mon ordinateur. Son utilité est donc proche (très proche) de zéro. Bref, je trouve une amie gentille qui m’en imprime une dizaine pour que j’en aie d’avance pour les prochaines fois et hop me voilà en route pour mon IRM (j’apprenais deux heures après ces impressions qu’en fait l’Etat avait décidé d’annuler les attestations qui étaient trop compliquées à comprendre) (pensez aux arbres qu’on coupe pour imprimer vos papiers svp).
La clinique
45 minutes de métro à lire, hilare, les tweets de gens se moquant des nouvelles règles du confinement (genre avoir le droit de sortir à 10km pour se promener en temps normal mais 1 seul km si tu promènes un chien et 30km si tu vas faire tes courses mais 50km dans je ne sais plus quel cas, enfin bref, c’était sûrement très clair dans la tête de celui qui l’a créée, mais beaucoup moins dans la nôtre) avant d’arriver enfin au lieu de mon rendez-vous et de débarquer dans une clinique digne d’un palace (à 100 euros de dépassement d’honoraires, encore heureux) prête à enfin avoir la réponse de si j’ai, ou non, un cancer (spoiler : non).
Je donne mon ordonnance pour être remboursée par la sécu, ma carte vitale toujours pour la même raison. La secrétaire médicale me précise que les dépassements d’honoraires ne seront remboursés que si ma mutuelle le prévoit expressément mais vu que j’ai rien compris au contrat de mutuelle que j’ai signé et que de toute façon ils me doivent déjà une centaine d’euros qu’ils n’ont pas remboursés pour je ne sais quelle raison, je suppose qu’ils ne le seront pas.
Je commence à imaginer tout ce que j’aurais pu faire avec ces 100 euros (genre agrandir ma collection de chaussures), puis je me souviens que je n’ai déjà plus de place dans mon appartement donc que c’est peut-être un mal pour un bien mais au final je commence à angoisser parce que j’ai déjà perdu 150 euros de salaire pour le mois à cause de mon arrêt de trois jours. Mais bon, les pâtes c’est mon plat préféré donc être pauvre sera juste une excuse pour en manger TOUS-LES-JOURS.
Enfin bref, c’est le bordel dans ma tête, mais visiblement moins que sur le bureau de la secrétaire qui me dit « je ne sais pas où j’ai mis l’ordonnance que vous m’avez donnée ». Je lui dis « vous inquiétez pas, j’en ai une 2e » (la première prescrite par l’hôpital en décembre que je n’ai jamais faite parce que flemme et que je pensais que ma crise était due à la fatigue, la deuxième prescrite par mon médecin en mars car il avait compris que non ma crise n’était pas que due à la fatigue). Je lui donne, elle retrouve la première, je la reprends et pars m’installer dans la salle d’attente dont l’existence n’a à peu près aucune utilité puisque je n’ai pas eu le temps d’attendre qu’une petite dame vient me dire « mademoiselle *insérer mon nom*, suivez-moi ».
L’examen
Je ne comprends pas trop ce qu’il vient de se passer : un médecin à l’heure ? Je ? Bref. Ca c’est quand même un sujet à aborder : j’ai beaucoup de respect pour les médecins qui font le plus beau métier du monde à mes yeux mais je ne comprends pas comment au bout de 30 ans de carrière à être systématiquement en retard tu peux ne pas comprendre qu’il faut juste augmenter le temps de consultation et prendre un rdv toutes les 20 minutes au lieu de toutes les 10 quoi. Bref, le médecin est à l’heure. C’est dingue.
Je suis un peu déçue parce que j’avais choisi le médecin sur Doctolib uniquement parce qu’il était mignon (et que c’était le seul à avoir un rdv dispo avant le 3 février 2045) sauf que là ben je me rends compte qu’en fait le médecin je vais pas le voir mais je vais seulement voir une manipulatrice radio. Mais bon, elle est dynamique, rigolote et super gentille donc ça passe.
Elle m’explique comment ça va se passer, me demande si j’ai déjà fait une IRM, je lui dis que oui mais que j’ai déjà du mal à me souvenir de ce que j’ai mangé hier donc bon (non en vrai ce truc est tellement traumatisant que oui je m’en souviens). Elle me met dans un tube, me dit qu’il y a un miroir pour regarder l’extérieur mais que je peux aussi fermer les yeux, tant que je ne BOUGE PAS (retenez ça pour la suite) et que ça va durer une dizaine de minutes.
Il faut savoir que trois jours avant une dame m’a appelée pour m’annoncer premièrement le prix (350 euros, mdr, MDRRRRRRRRRRRRRRRR) mais surtout pour me dire qu’il fallait absolument que j’aille acheter une seringue (au mot seringue mes yeux ont commencé à couler) (je suis phobique des choses qui piquent) qui contient un liquide pour mieux voir mon cerveau. Problème : elle me l’a envoyée par mail et j’étais donc censée l’imprimer pour aller à la pharmacie sauf que, pour rappel si votre mémoire est aussi performante que la mienne : JE N’AI PAS D’IMPRIMANTE.
Je préviens toute la Terre, ma mère m’envoie l’ordonnance imprimée dans l’espoir qu’elle arrive avant samedi mais surtout dans l’espoir que je puisse aller à la pharmacie puisque je bosse du lundi au vendredi en finissant parfois bien après 18h, heure du couvre-feu, et qu’y aller le samedi matin juste avant l’examen c’est trop dangereux dans l’hypothèse où la pharmacie devrait commander le produit.
Je m’arrange avec un ami qui l’imprime chez lui et me rapporte la feuille le mercredi aprem en cours (il s’est avéré par la suite qu’il a été testé au positif à la covid et donc que j’ai touché une feuille pleine de viruuuuuuus, mais il m’a sauvé la vie). Je vais à la pharmacie le mercredi soir, ils ont la seringue, tout va bien. Je la dépose dans ma salle de bains et passe devant pendant trois jours en appréhendant le moment où sa place allait devenir dans mon bras et non plus sur mon meuble de salle de bains bien en évidence pour ne pas l’oublier le jour J.
Sauf que là, je me trouve dans le tube de l’IRM sans piqure dans le bras. Evidemment je ne suis pas maso et ne vais pas leur dire « hey vous avez pas oublié un petit truc là ? ».
Je me retrouve dans la machine, la tête bloquée, un miroir au-dessus de la tronche mais surtout commençant à avoir des vertiges. Je ne suis pas claustrophobe, ma peur de l’ascenseur est due au fait que j’aie fait la Tour de la Terreur à Disneyland, pas au fait que j’aie peur d’être enfermée, donc normalement tout aurait dû bien aller. D’autant plus que j’avais déjà fait une IRM.
Mais là je me sentais vraiment pas bien, je commençais à avoir des vertiges, à voir flou, à sentir mon bras trembler, des symptômes qui me rappellent vachement ceux………………………… d’une crise d’épilepsie. Le problème est que pour ceux qui ont déjà vu une crise en direct, quand on convulse on bouge dans tous les sens sauf que là si je bougeais sans me contrôler j’allais me faire très très mal. Je commence à me rassurer en me disant qu’au moins si je fais une crise ben ils verront ce qu’il se passe dans mon cerveau. Je me calme, faisant des exercices de méditation sans bouger que m’a appris mon ex copain en janvier quand il a vu que j’étais stressée. Les vertiges passent mais je commence à angoisser car je vois dans le miroir la dame ainsi que le médecin (enfin) qui parlent en regardant l’ordinateur sur lequel passent les images de mon cerveau et en montrant un truc du doigt. Une tumeur ?
Je ferme les yeux, c’est peut-être mieux.
Les résultats
Le temps passe, la dame vient me chercher et je commence à paniquer en lui disant « est-ce que vous pouvez me dire si j’ai un cancer s’il vous plait ? ». Elle me dit qu’il faut attendre le médecin, qu’elle n’a pas le droit de me parler de ça avant. Je….. Je…..
Le médecin qui a tout entendu dans son bureau vient me voir pour me rassurer en me disant que non je n’ai pas de cancer et que pour lui je ne suis même pas épileptique car rien dans mon cerveau ne montre une épilepsie donc qu’il pense que ce sont que des crises convulsives dues au stress mais que je dois faire un électroencéphalogramme pour le confirmer. Je lui dis que j’en ai déjà fait un qui montre que je suis épileptique. Il me dit qu’il ne comprend pas. Je lui dis que moi non plus.
Il me demande si j’ai déjà eu un coup violent sur la tête. Je lui dis que oui, en juillet dernier (pour rappel, quand je suis partie dans le Queyras je me suis pris la gamelle de ma vie en vélo et surtout le moniteur sur la tête en rafting) (c’est bon la douleur est passée, vous avez le droit d’en rire). Il me dit que ça peut être dû à ça mais que si c’est le cas il n’y a plus rien à faire car je n’ai pas de saignements dans le cerveau donc rien à réparer qui pourrait éloigner les crises. Conclusion : mon épilepsie ne pourra jamais être soignée si c’est ça (youpi).
Dix minutes après, le médecin (qui était encore plus beau qu’en photo) m’a tendu le DVD de la vidéo de mon cerveau, donné le compte-rendu et surtout rendu la seringue que je dois garder au chaud « au cas où il faille refaire un examen plus poussé ». Elle est donc, depuis hier après-midi, posée au même endroit sur mon meuble de salle de bains et à chaque fois que je passe devant je prie pour qu’elle n’en bouge jamais.
Quelle aventure.
Merci pour tout.
Bonne journée confinés (ou pas),
Audrey
c’était sûrement très clair dans la tête de celui qui l’a créée, mais beaucoup moins dans la nôtre : Il s’agit de la phrase exacte que se disent tous les profs quand ils corrigent nos copies
Bravo pour ton article Audrey, il est toujours aussi bien rédigé avec cette touche d’humour. Bravo d’arriver à autant relativiser ta maladie pour en rire. Si tu as besoin de quelque chose, n’oublie jamais que je suis la pour toi. Lâche rien, je sais que tu peux tout réussir !
_vh
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Merciiiiiiiiii tu es si gentil ! merci d’être là en tout cas, quand ça va et quand ça va pas
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C’est « gamelle », pas « gamèle ». Ah la la…!
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heureusement que t’existes 😂 merci !
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et pourtant j’ai relu…………………………………..
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Une séquèle… oups, pardon… une séquelle (:p), sans doute !
En tout cas, moi, j’attends la photo de ton cerveau en story Instagram. C’est que ça doit être impressionnant, un cerveau d’Audrey (pas autant qu’un mollet, mais tout de même !) !
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Ahahah j’ai meme un DVD !!!!!!
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