Helllooooooooo,
Laissez-moi vous raconter, en plusieurs épisodes (et PRO-MIS cette fois vous aurez la fin de l’histoire…. mdr), le récit de ma crise convulsive.
A la fin du confinement, le 19 décembre, j’ai décidé de retourner un week-end sur Paris pour rapporter des vêtements car j’en avais tellement acheté en un mois et demi (aïe) que je savais que je ne pourrais pas tout ramener en une fois (et figurez-vous que vu comme j’étais chargée il y a un mois pour mon vrai retour à Paris, j’ai bien fait d’y venir en décembre pour apporter des affaires aussi).
Tout se passait très bien. Vraiment très bien. J’ai pris mon petit train à Saint-Etienne, déposée par mon papa. Il était à l’heure (un scoop). Moi aussi (un scoop encore plus grand) (non je rigole je suis jamais en retard). Le conducteur à qui j’ai parlé sur le quai était super cool. Enfin vraiment, un voyage qui semblait parfait.
Après une heure de route, nous voilà arrivés à Lyon. Je me rappelle avoir entendu les gosses rentrer dans le wagon d’à côté mais c’est bien la seule chose dont je me souviens puisqu’après, trou noir jusqu’à Paris.
Environ deux heures après donc, je vois une fille assise sur un siège frappée par une dame blonde que je ne connaissais pas et entourée de personnes qui criaient « mademoiselle » « son pouls diminue » « sortez la couverture de survie » « mademoiselle » « MADEMOISEEEEEELLLLE ». Je ne sais pas comment expliquer mais je savais que cette fille était moi alors que quand je la regardais ben elle ressemblait pas du tout à ce que je vois quand je me regarde dans le miroir. Grave bizarre.
Je ne pouvais pas contrôler mon corps et j’avais beau entendre des « réveillez-vous » je n’y arrivais pas. C’était atroce.
J’ai regardé énormément d’émissions sur les expériences de mort imminente, déjà parce que ça me fascine depuis toujours mais aussi parce que mon cousin a été dans le coma et que j’avais cherché à comprendre ce qu’il pouvait ressentir. Je ne sais pas si mon cerveau a reproduit ce que je voyais dans ces émissions ou si j’ai réellement vécu ça, mais je me sentais partir. A ce moment-là, la seule chose qui me faisait me raccrocher à la vie, du moins à l’espoir de ne pas mourir ici, c’est que je ne voyais pas la lumière blanche dont parlent tous les gens passés au bord de la mort. Trop fun.
Au bout de quelques heures (l’infirmière qui m’a sauvée m’a dit qu’en réalité la crise avait duré deux minutes mais je vous promets que c’était interminable), je me suis sentie frappée par une personne et c’est la première fois que je ressentais quelque chose alors que tout le monde me touchait depuis le début de la crise pour tenter de me réveiller (coviiiid). Et là j’ai ouvert les yeux et pas lâché du regard la dame blonde qui allait devenir mon seul repère.
Je me suis donc réveillée, sans plus rien savoir : ni mon prénom, ni mon nom, ni pourquoi j’étais dans le train, ni ce que je faisais dans la vie. Le médecin à côté de moi me demandait mon âge, je le fixais du regard sans pouvoir lui répondre. Les souvenirs que j’ai à l’heure actuelle je les ai retrouvés bien après la crise. Je ne sais donc aujourd’hui toujours pas si ces souvenirs ont été inventés par mon cerveau pour m’éviter d’avoir un gros trou noir dans ma vie puisque ne pas tout contrôler est une énorme peur pour moi et l’explication à pourquoi je ne me drogue pas. Par contre à partir de ce moment-là mes souvenirs sont exacts et ont surtout été confirmés par tous les gens qui étaient avec moi et avec qui je suis restée en contact.
Après quelques minutes, j’ai demandé à appeler mon père qui ne comprenait rien (après avoir tenté d’appeler ma maman qui a confié avoir raté l’appel car elle jouait à Candy Crush, mdrrrrr). La première et seule pensée que j’ai eue à ce moment-là ça a été « imagine tu meurs maintenant alors que t’as pas rangé ta chambre malgré les demandes incessantes de ta mère pendant tout le confinement », IMAGINE.
J’ai vite dû raccrocher car les pompiers sont arrivés. En dix ans sur Twitter, j’ai vu tellement de gens supplier qu’on les aide à retrouver leur sauveur sur les réseaux sociaux qu’avant de partir j’ai demandé le numéro de l’infirmière qui m’avait aidée et ça a été bien utile car les pompiers ont pu lui demander exactement ce qu’il s’était passé pour tenter de comprendre (spoiler : on a toujours pas compris ce qu’il s’était passé).
J’arrive donc dans le camion des pompiers après cinq minutes trimballée dans toute la gare sur un fauteuil roulant. Je commence à me lever pour rentrer dans le camion, ils me disent de me rasseoir et me mettent sur un brancard. Un cauchemar. Je demande 18 fois à la fille qui reste avec moi à l’arrière du camion si je vais mourir, elle rigole et me dit que c’est pas prévu pour tout de suite. Me voilà rassurée… mais ça va pas durer.
J’arrive à l’hôpital de Paris et vois que les urgences sont saturées. Je me dis « Doux Jésus, je vais y passer la nuit ». Oui, j’y ai passé la nuit, mais pas pour les raisons que je croyais.
Ils me prennent en urgence, et même si je suis hyper contente de ne pas devoir attendre que toutes les personnes dans la salle d’attente bondée passent avant d’être prise en charge, je sais aussi que quand on prend quelqu’un en urgence c’est pas bon signe. Je recommence à stresser. Ils disent qu’ils envisagent aujourd’hui quatre pistes : tumeur cérébrale, AVC, Sida ou grossesse. Euh……… je leur dis que la grossesse c’est impossible, ils me disent que le sida non plus et qu’au final l’AVC semble peu probable car je n’ai pas de paralysie sur un côté. Nous allons donc vérifier la tumeur au cerveau.
Commencent alors les heures les plus longues de ma vie.
On m’installe dans une chambre, seule. J’attends, seule. Une infirmière arrive, seule. Elle me dit qu’il va falloir procéder à l’inventaire de mes affaires personnelles car c’est obligatoire pour toute admission aux urgences. Rappelez-vous, je DEMENAGEAIS. J’avais donc littéralement toute ma maison dans ma valise. Toute. Ma. Maison. Des petites culottes au livre sur comment séduire un mec offert par un ami le jour de l’anniversaire de mon ex (hilarant) (oui, en vrai c’était hilarant), tout y est passé. Vingt-cinq minutes plus tard, j’étais fin prête, ma valise passée au crible et le trop beau aide soignant qui me promenait en fauteuil roulant dans les couloirs pour aller dans une nouvelle chambre.
A ce moment-là, on me met une perfusion. J’ai très peur de tout ce qui pique (aiguille, piqures, abeilles blabla) mais bon, il faut être forte et j’angoisse tellement pour la tumeur qu’au final une perf’ c’est pas si grave. Le médecin me met un liquide bleu dans le corps avant de me faire passer un scanner. Il me demande si je peux être enceinte, c’était la 2e fois qu’on me demandait et faut pas mettre des idées comme ça dans la tête d’hypocondriaques parce que j’ai fini par angoisser de l’être sans que ce soit biologiquement parlant possible. Il me fait une prise de sang puis me met dans une salle avec plein de gens malades du coronavirus (olé).
Je suis arrivée à 15h. A 21h, toujours aucun résultat. J’avais juste envie de signer une décharge car le programme de ma soirée c’était Miss France, pas Urgences vous voyez.
Vers 21h30, le médecin vient vers moi l’air grave et me dit « bon, pas de tumeur au cerveau (ouf) par contre vous avez des enzymes hépatiques et trop de globules blancs. Beaucoup trop de globules blancs. » Euké et ? Et ben nous on sait pas faudra aller voir votre généraliste. Ah, bon. Ok.
Je demande si je peux sortir, il me dit qu’il faudra attendre un petit peu car il a des papiers à remplir, notamment pour m’envoyer voir un neurologue et un généraliste car lui n’a plus aucune piste. J’attends. Je prends un taxi, arrive chez moi, regarde la fin de Miss France et me dit que cette journée était belle et bien la pire de l’année. Et ben figurez-vous que PAS DU TOUT.
La suite au prochain épisode.
Bonne soirée,
Audrey
PS : Aujourd’hui tout va bien
Courage, ma louve. Tu as intérêt a t’accrocher, j’ai besoin de toi. Si tu as besoin de quelque chose n’oublie jamais que je suis la et que tu peux compter sur moi. Gros bisous et prends soin de toi. I miss you 😉
_vh
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Helloooo ! je suis trop désolée, ton commentaire s’était perdu je crois 😦 merci beaucoup pour tes jolis mots ❤
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