Hello,
Jâen ai vĂ©cu des choses angoissantes, jâen ai passĂ© des nuits Ă faire des cauchemars de moi en train de me faire kidnapper aprĂšs avoir regardĂ© un peu trop tard Crimes sur NRJ12, jâen ai imaginĂ© des scenarii catastrophes oĂč jâĂ©tais abandonnĂ©e seule aprĂšs la fin du monde, mais alors ce quâil sâest passĂ© quand on est rentrĂ© de Marseille, je crois que jamais je nâaurais pu lâimaginer.
Mon copain a (enfin) fini le barreau. Pour fĂȘter ça et rattraper tout le temps ratĂ© cet Ă©tĂ©, on a dĂ©cidĂ© de partir tous les week-ends dans une destination diffĂ©rente. La premiĂšre fois câĂ©tait Annecy, la deuxiĂšme Marseille, la troisiĂšme Saint-Etienne (moins exotique, vous direz-vous) (moins exotique, vous rĂ©pondrai-je).
Les deux radins que nous sommes se sont immĂ©diatement mis dâaccord sur le fait quâil valait mieux partir le samedi matin au lieu du vendredi soir afin dâĂ©conomiser une nuit dâhĂŽtel. De toute façon, en octobre j’allais commencĂ© Ă avoir cours le samedi matin donc c’Ă©tait vite rĂ©glĂ©.
Mais qui dit partir le samedi matin dit ne pas rentrer tĂŽt le dimanche, sinon aucun intĂ©rĂȘt Ă partir (dĂ©jĂ , de lâavis de tous nos proches, il nây a quâun faible intĂ©rĂȘt Ă faire 6 heures de train pour 24 sur place).
Qui dit ne pas rentrer tĂŽt le dimanche dit devoir rentrer en Uber parce quâil nây a plus de mĂ©tro. Et qui dit quâil nây a plus de mĂ©tro dit que TOUT LE MONDE veut rentrer en Uber donc que les prix augmentent au-delĂ du raisonnable (50⏠pour 8km, vraiment?) (oui oui). On sâĂ©tait fait avoir au retour dâAnnecy et on les avait payĂ©s nos cinquante euros. Alors lĂ , hors de question de recommencer en rentrant de Marseille.
Parfois avoir un copain intelligent ça sert, parfois ce nâest pas le cas. LĂ jâarrive toujours pas Ă dĂ©terminer sâil a Ă©tĂ© un gĂ©nie ou si je dois lui en vouloir dâavoir gĂąchĂ© ma nuit. En tout Ă©tat de cause, Alex mâa suggĂ©rĂ© de ne pas prendre de Uber Ă Gare de Lyon oĂč tout le monde le prend mais de monter dans le dernier mĂ©tro de la ligne 1 pour aller Ă La DĂ©fense lĂ oĂč personne nâattend de Uber et oĂč, donc, les prix sont bien moins aberrants. ET TU MâĂTONNES QUE PERSONNE NâATTEND DE UBER Ă LA DĂFENSE. On a vĂ©cu un cauchemar.
Ăa a commencĂ© Ă la sortie du train. On nâavait pas encore posĂ© un pied sur le sol (puisquâon nâarrivait pas Ă poser un pied sur le sol Ă©tant donnĂ© que la foule entiĂšre sortait en mĂȘme temps et ne souhaitait quâune chose : retrouver son lit, tandis quâAlex et moi ben on voulait juste pas rater notre dernier mĂ©tro quâon pourrait avoir de justesse), qu’on nous a annoncĂ© que la sortie la plus courte Ă©tait fermĂ©e. Et oui, c’est bien Ă©videmment le jour oĂč lâon est le plus pressĂ© que la SNCF se dĂ©cide Ă nous faire traverser toute la gare pour sortir car les portiques initialement prĂ©vus pour notre voie avaient Ă©tĂ© coupĂ©s (il Ă©tait tard, je rappelle).
On a couru, couru, couru alors qu’on venait de marcher 25km (ouille), et on l’a eu notre mĂ©tro direction La DĂ©fense.
Mon copain m’a rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois que ça craignait pas, qu’il l’avait dĂ©jĂ fait en rentrant de soirĂ©e, que tout allait bien aller. Et comme l’amour rend aveugle, ben je l’ai cru.
On s’est retrouvĂ© au milieu de la DĂ©fense sans PERSONNE puisque nous Ă©tions dimanche soir (nuit), qu’il n’y a que des bureaux Ă la DĂ©fense et que les Parisiens sont bosseurs mais faut pas dĂ©conner non plus.
Dans notre tĂȘte, on allait juste sortir des bureaux et prendre un Uber sur le bord de la route. Enfin un truc normal quoi. Un Uber ? Un bord de la route ? Un truc normal ? Tout ça n’est pas DĂ©fense.
On commence Ă un peu chercher la sortie pendant 10-15 minutes et malheureusement tous les accĂšs ne sont pas ouverts la nuit donc on ne trouve pas. On croise un couple ayant aussi sans doute dĂ©cidĂ© de tester son amour en faisant cet immense Escape Game grandeur nature dans la DĂ©fense Ă 1h du matin. Ils partent dans une direction. Alex me fait partir dans une autre parce que « mais je travaille ici j’y viens tous les jours je connais » MORT DE RIRE. On se perd.
On monte des escaliers, on en descend, on tourne pendant bien une heure et on ne trouve pas de sortie. Aucune sortie.
On se retrouve sur une voie rapide, impossible de commander un Uber parce qu’aucun ĂȘtre vivant digne de ce nom ne s’arrĂȘterait ici. Je commence Ă vraiment avoir peur pour ma vie. Les voitures vont vite. Je veux rentrer. JE VEUX MA MAMAAAAAAAAN.
On tourne bien une heure et demie je dirais. Je commence Ă perdre patience. Je suis 1/ extrĂȘmement anxieuse, 2/ trĂšs sanguine. J’ai envie de tuer mon copain, je regrette ma pĂ©riode de cĂ©libat, j’ai envie de l’insulter de tous les noms, je me tais, il voit que je vais mal, il se tait, on marche, je m’arrĂȘte prendre une photo de la DĂ©fense sans personne (chose qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie) pour rentabiliser le truc, il m’attend mĂȘme pas, je cours pour le rattraper parce que je regrette ma pĂ©riode de cĂ©libat mais je prĂ©fĂšre ĂȘtre cĂ©libataire quand on sera sorti de cette merde.
AprĂšs une heure et demie de galĂšre, on dĂ©cide de regarder lĂ oĂč sont les points de rencontre des Uber sur l’application (en gros d’habitude t’es Ă un endroit, t’appelles un Uber il arrive mais ça Ă la DĂ©fense c’est impossible, tu dois aller Ă des points de rencontre prĂ©cis). On voit qu’il y a un Novotel. On se dit ok on va lĂ -bas. La mission « sortir de la DĂ©fense » devient la mission « trouver le Novotel ».
On voit des panneaux, on pense ĂȘtre sorti d’affaire, on va devant le Novotel, on appelle un Uber, il dit qu’il arrive, on voit sur le GPS qu’il passe devant nous, on se dit omg cette galĂšre est finie, on voit sur le GPS qu’il ne s’arrĂȘte pas devant nous, on se dit omg cette galĂšre ne fait que commencer. Il nous appelle, il nous dit que son GPS indique mal oĂč on est, il ne nous voit pas, il repasse devant nous, il ne s’arrĂȘte pas, je me mets Ă chialer dans les bras d’Alex car quatre jeunes flippants tournent autour de nous et que quoi qu’on dise, toutes les infos qu’on voit Ă la tĂ©lĂ© sur les filles agressĂ©es ça traumatise, Alex ne sait plus quoi faire. Le Uber ne nous trouve toujours pas, je continue Ă pleurer, il rappelle le Uber, le Uber ne nous trouve pas, je m’arrĂȘte de pleurer, il rappelle le Uber qui finit enfin par arriver.
On monte dans le Uber. Il nous ramĂšne chez moi. Je pars me coucher parce qu’il est 3h du matin et que le lendemain je pars de chez moi Ă 6h30 (lol). Alex me rejoint et me dit « j’ai pas osĂ© te le dire sur le moment, mais t’as vu le nombre de rats qu’il y avait dans la DĂ©fense? ». Je me dis que finalement la vie est bien faite parce que si je les avais vus je pense que j’aurais fait une crise cardiaque et qu’il aurait vraiment fini cĂ©libataire (et/ou veuf). Je m’endors. J’ai mĂȘme pas le temps d’en cauchemarder que mon rĂ©veil est dĂ©jĂ en train de donner.
Bref, on a gagnĂ© 30 euros mais perdu 10 ans d’espĂ©rance de vie.
Morale de l’histoire : Uber c’est cher mais au moins t’es sĂ»r de rentrer vivant.
Morale de l’histoire (2) : croyez jamais vos mecs quand ils vous disent qu’ils gĂšrent la situation
Bonne journée,
Audrey






