Pour ceux qui n’ont pas encore compris, je suis en deuxiĂšme annĂ©e de licence de droit  (enfin je l’ai terminĂ©e) et vu qu’Ă Grenoble, en plus d’avoir des montagnes trop belles, on a des profs trop cool, l’un d’eux a organisĂ© un concours de plaidoirie. Les finalistes de ce concours gagnaient ….. un voyage Ă Paris.
Vous devez vous dire que ça ne mĂ©rite pas la rĂ©daction d’un article sur le sujet car c’est un voyage scolaire (enfin universitaire) (enfin vous m’avez comprise quoi) et qu’il n’a ainsi pas pu m’arriver de merdes…. mdr. Ben si.

Vendredi 11 mai (M-1 avant le départ)
Comme un petit avant-goût, les choses ont commencé à merder un mois avant mon départ.
Je vis en rĂ©sidence universitaire chez Nexity. Cet Ă©tĂ©, ils ont dĂ©cidĂ© de changer les matelas et de nous prĂȘter de la vaisselle. C’est adorable de leur part (sauf quand, comme moi, tu n’arrives dĂ©jĂ pas Ă ranger toutes tes fringues dans 21m2).
Le problĂšme est que qui dit changer les matelas, dit pouvoir rentrer dans l’appartement (on est pas dans Harry Potter Ă pouvoir traverser les murs) et qui dit pouvoir rentrer dans l’appartement dit avoir les CLES de l’appartement.
Un matin en ouvrant ma boite aux lettres, je dĂ©couvre un petit mot me demandant de venir dĂ©poser mon double de clĂ©s Ă l’accueil. Petite fille modĂšle, je m’empresse d’y aller. L’adorable responsable me dit qu’ils ont un badge donc que ce n’est pas nĂ©cessaire que je laisse mes clĂ©s si je leur signe une autorisation d’entrĂ©e. Ca me rassure un peu car je ne sais pas si j’aurais pu rĂ©cupĂ©rer mon double pendant l’Ă©tĂ©.
Mardi 5 juin (J-10 avant le départ) (enfin je crois)
Je suis retournĂ©e Ă Grenoble deux semaines avant de partir Ă Paris, entre autres, pour pouvoir vĂ©rifier que ma note en institutions europĂ©ennes Ă©tait bien la mienne parce que penser avoir 2/20 Ă une matiĂšre pour finir avec un 17, je n’y crois toujours pas.
Si j’Ă©tais entiĂšrement disponible pendant treize jours car je n’ai strictement RIEN-FAIT, c’est le quatorziĂšme jour que ma rĂ©sidence universitaire a choisi pour changer les matelas de mon appartement. J’ai appris ça dix jours avant mon dĂ©part Ă Paris, en lisant un petit mot glissĂ© sous ma porte par lequel la responsable m’engueulait parce que je n’avais pas encore donnĂ© mes clĂ©s. What ?
Un peu Ă©nervĂ©e, je descends dans son bureau et lui explique que je lui ai dĂ©jĂ donnĂ© l’autorisation d’entrĂ©e blabla. Elle me regarde et me dit « ah oui mais finalement on ne peut pas donner le badge Ă la sociĂ©tĂ© qui s’en occupe, il faut que vous nous laissiez le double de vos clĂ©s« . Mais tu m’expliques comment tu veux que je te donne mes clĂ©s alors que je les ai laissĂ©es chez mes parents puisque TU m’as dit que tu n’en avais pas besoin il y a deux semaines ?!
Mais bon, parce que Nexity c’est comme Gifi, ils ont toujours des idĂ©es de gĂ©nie, elle me regarde et me dit « mais c’est pas grave, mettez vos vraies clĂ©s dans notre boite aux lettres le matin et on vous les mettra dans la vĂŽtre le soir comme ça il n’y aura aucun problĂšme et vous pourrez rentrer chez vous en revenant de Paris« . Ben oui, puis si tu oublies je vais rester bloquĂ©e dehors de vendredi minuit Ă lundi matin puisque vous ne travaillez pas le week-end. Ben oui.
Bon, aprÚs avoir un peu (beaucoup) exprimé mon mécontentement, la gentille responsable a trouvé une solution. ProblÚme réglé, clés conservées.

Jeudi 14 juin (J-1 avant le départ)
Notre prof nous avait incitĂ©s vivement Ă apporter un pique-nique pour le vendredi midi afin de ne pas perdre deux heures Ă faire la queue Ă la Mie CĂąline (ce que presque personne n’a fait d’ailleurs) (Ă part moi) (mais je suis trop bonne, vous savez bien).
AprĂšs trois heures (vraiment) au rayon bio de Carrefour (je ne mange pratiquement jamais bio, au passage) pour trouver quelque chose Ă manger, j’ai fini par acheter des petits beurre LU, aka le truc le moins diĂ©tĂ©tique qui existe.
Le soir, M6 n’avait rien trouvĂ© de mieux que de programmer Cauchemar en cuisine (mon programme prĂ©fĂ©rĂ© de l’univers). Se reposer ou regarder ? TrĂšs honnĂȘtement, le seul truc qui m’a fait hĂ©siter entre aller dormir pour ĂȘtre en forme le lendemain ou regarder Philippe Etchebest engueuler des mecs qui n’en ont rien Ă foutre, c’est les cernes Ă©normes que j’aurais le lendemain sur toutes les photos. Mais bon, je ne suis quand mĂȘme pas allĂ©e dormir tĂŽt.

Vendredi 15 juin (Jour J)
J’avais peur de ne pas me rĂ©veiller, j’ai fini debout trois heures avant de partir, ayant mĂȘme le temps de ranger mon appartement et de prendre mon temps pour me prĂ©parer. J’ai peut-ĂȘtre un peu trop pris mon temps d’ailleurs.
On avait rendez-vous Ă 7h45 Ă la gare. Etant donnĂ© que j’habite Ă trente-deux secondes de la gare, je m’Ă©tais dit que partir Ă 7h43 pour ĂȘtre Ă l’heure serait suffisant. Ben oui, en temps normal ça l’est … mais pas quand l’ascenseur de ta rĂ©sidence tombe en panne alors que c’est ton SEUL moyen de sortir.
Bref, je suis quand mĂȘme (presque) Ă l’heure. Nous voilĂ partis pour trois heures de train. Les merdes auraient pu s’arrĂȘter lĂ , mais en fait non.

On arrive vers 11h30 Ă Paris avant de manger au Jardin des Tuileries qui est juste Ă cĂŽtĂ© du Conseil d’Etat (enfin « juste Ă cĂŽtĂ© », tout est relatif) (surtout quand t’es perchĂ©e sur dix centimĂštres de talons) (hein Audrey). Le repas se passe Ă peu prĂšs bien. Ma salade de haricots semblait assez ravie de pouvoir enfin atterrir dans mon estomac et j’Ă©tais tout aussi ravie d’enfin pouvoir arrĂȘter de sentir une odeur de jambon bizarre dans mon sac.
12:30 : direction le Conseil d’Etat et qui dit Conseil d’Etat dit vĂ©rification des sacs Ă l’entrĂ©e histoire de ne pas introduire une bombe pour faire sauter Bruno Lasserre (ou le guide absolument naze qu’on a eu). Je stressais un peu Ă l’idĂ©e que mon dĂ©o ne passe pas. Le mec met mon sac dans sa machine pour voir ce qui est dedans mais ne semble pas relever le fait que j’aie ça. Ouf. Me voilĂ sauvĂ©e. Ah ben non.
Il me fait passer dans le portique de sĂ©curitĂ© …. qui se met Ă sonner. Ni ceinture ni bracelets, la seule chose qui pouvait provoquer cela Ă©tait le bouton sur mon pantalon (j’ai priĂ© intĂ©rieurement pour qu’il ne me demande pas de l’enlever :/).

On ressort et se prĂ©cipite au Conseil constitutionnel. Et lĂ , la galĂšre de la vĂ©rification des sacs recommence. Je prĂ©vois le coup et demande au mec qui s’occupait de nous dans la file d’attente avant de passer au dĂ©tecteur s’il est grave d’avoir du dĂ©o dans son sac. Il me regarde et me dit « mademoiselle, nous ne sommes pas Ă l’aĂ©roport, il n’y a pas de problĂšme » ok ok si tu le dis. Il rit et homme qui rit Ă moitiĂ© dans ton…. bref.

RassurĂ©e par ses mots, j’arrive super sure de moi quand soudain : ça sonne. Et lĂ , je dĂ©couvre que le truc qui fait sonner la machine Ă chaque fois que je passe c’est ……. *roulements de tambour*…… MON APPAREIL DENTAIRE. Merci merci.

Fin des visites : temps libre pour nous. Histoire de bien profiter de Paris, mon meilleur ami et moi-mĂȘme dĂ©cidons d’aller dans un endroit qu’on ne trouve pas du tout chez nous….. au McDo (brisant ainsi mes deux mois et demi sans McDo, snif). AprĂšs une heure de recherches dans Paris, on tombe enfin sur le McDo (qui Ă©tait en rĂ©alitĂ© Ă une minute trente d’oĂč on Ă©tait initialement). Chouette, il n’y a personne, ça va aller vite.
M
D
R
Je commande un menu Big Mac avec frites et Coca, comme toujours, quand la serveuse me dit « profitez de notre offre du moment : un menu Maxi achetĂ© = quatre nuggets pour deux euros de plus« . La victime du marketing que je suis se dit « oh ben tiens, prenons ça ». Partie pour avoir un mini menu Big Mac, je repars donc avec un menu Maxi… et quatre nuggets.
Mais ça ne s’arrĂȘte pas lĂ . Rappelez-vous, il n’y avait personne, ça devait aller vite. Oui ça devait, mais le problĂšme est que mes quatre nuggets achetĂ©s Ă deux euros n’Ă©taient pas prĂȘts pour le moment.
J’ai donc passĂ© vingt minutes Ă attendre mes nuggets tout en ayant le regard fixĂ© sur douze mille boites de six nuggets dĂ©jĂ prĂȘtes. J’ai plusieurs fois demandĂ© Ă la serveuse si elle pouvait me donner une boite de six quitte Ă en enlever deux (mĂȘme si tmtc que le patron de McDo va pas finir SDF Ă la fin du mois si tu m’offres deux nuggets de plus) mais bon : impossible.

ArrivĂ©s Ă la gare de Lyon (Ă Paris), on se dit qu’on va boire un verre en attendant le train (un Pepsi Ă 4,90 euros, lol). Je me retrouve assise en face du prof MAIS SURTOUT en face du panneau d’affichage des trains. Quand soudain, mes yeux croisent les lignes des trains en direction de Grenoble et je vois que les trains pour Grenoble ont (pour le moment) deux heures de retard.
ProblĂšme numĂ©ro 1 : notre train nous faisait dĂ©jĂ arriver Ă minuit Ă Grenoble donc s’il Ă©tait en retard il n’y aurait plus de trams pour rentrer chez nous.
ProblĂšme numĂ©ro 2 : notre train Ă©tait le dernier pour Grenoble, s’il Ă©tait annulĂ© on se retrouvait bloquĂ©s Ă vingt-cinq Ă Paris toute la nuit.
Devant la dĂ©tresse de mon prof, le dieu de la SNCF a dĂ©cidĂ© que notre train serait le seul Ă l’heure, ce qui, en fait, ne nous arrangeait plus du tout car, rappelez-vous, on avait commandĂ© des Pepsi (Ă 5 euros) (je force). Sauf que les serveurs du bar ne devaient pas ĂȘtre habituĂ©s aux gens pressĂ©s (c’est sĂ»r que c’est super rare, surtout quand ton bar est dans une gare, mdr) et ont mis une demi-heure Ă nous servir trois verres de Pepsi, ce qui a, bien Ă©videmment, failli nous faire rater le train.
La SNCF annonce enfin la voie de notre train…. Ă l’autre bout de la gare (et « l’autre bout de la gare » de Paris n’est pas le mĂȘme « autre bout de la gare » que Grenoble). C’Ă©tait littĂ©ralement Ă L’AUTRE BOUT DU MONDE (au moins j’ai perdu les 6000 calories de mon McDo en courant).
 Finalement, tout le monde a rĂ©ussi Ă monter. Sauf que le seul mec de la SNCF qui savait compter devait ĂȘtre en grĂšve quand la fac a achetĂ© les billets de train parce qu’on s’est retrouvĂ©s avec quinze places assises pour vingt-cinq personnes. A l’aller ça n’aurait pas posĂ© de problĂšme, s’asseoir sur les autres ça peut mĂȘme crĂ©er des rapprochements, mais au retour quand t’as bouffĂ© douze McDo et bu quinze litres de vin, ça l’est beaucoup plus.
Le retour s’est donc passĂ© entre vomissements, prof qui demandait qu’on se taise toutes les trois secondes et demie, et parties de jeux de cartes, Ă se rendre compte qu’on venait de vivre une aventure formidable qu’on ne vivrait plus jamais de notre vie. Merci.

Paris, on t’aime. Mais pas aujourd’hui.
Audrey