La dĂ©faite des Bleus ou comment tester son couple en conditions rĂ©elles

D’une petite soirĂ©e romantique Ă  une (trop) grande soirĂ©e rythmĂ©e par un match de 90 minutes + 30 minutes de prolongations + tirs au but : bienvenue dans mon calvaire d’hier.

Hellloooo,

On est le 29 juin. La France se rĂ©veille les yeux encore mouillĂ©s Ă  cause de la dĂ©faite d’hier contre ceux qu’elle se pensait sure de gagner et de mon cĂŽtĂ© je me rĂ©veille les yeux encore mouillĂ©s Ă  cause de ma soirĂ©e romantique qui est tombĂ©e Ă  l’eau aprĂšs cette mĂȘme dĂ©faite d’hier contre ceux qu’on se pensait surs de gagner. Bref, c’est la merde.

Hier j’ai passĂ© la soirĂ©e avec mon copain.

Comme j’Ă©tais rentrĂ©e chez mes parents et qu’on n’Ă©tait pas ensemble depuis assez longtemps pour qu’il bouge ses fesses pour m’accompagner Ă  l’anniversaire de mon frĂšre ce week-end, je ne l’avais pas vu depuis vendredi et avais donc proposĂ© qu’on passe une soirĂ©e tous les deux ce lundi en me disant que les 90 minutes de match ne seraient qu’un sale moment Ă  passer avant de pouvoir le retrouver. Si j’avais su.

Je me suis mise sur mon 31 : petit appart (presque) rangĂ©, 40 minutes passĂ©es Ă  lui cuisiner des petits feuilletĂ©s et tĂ©lĂ© prĂȘte Ă  ĂȘtre allumĂ©e : TOUT Ă©tait parfait.

Les quinze premiĂšres minutes ça allait. Personne n’avait marquĂ© de but, ce qui permettait Ă  tous les Français d’avoir encore la certitude de battre nos voisins Suisses. Quand soudain, bien tranquillement allongĂ©e dans mon lit en train de somnoler dans l’attente que le match soit enfin fini, j’entends le commentateur hurler de rage et de dĂ©sespoir : la Suisse venait de marquer.

Bon allez un petit but pour la route : on leur laisse, c’est cadeau. Puis de toute façon j’avais pariĂ© sur 3-1 pour la France donc fallait bien que le « 1 » arrive Ă  un moment ou Ă  un autre. Mais bon, lĂ  c’Ă©tait quand mĂȘme un peu tĂŽt quoi.

Le temps passe, les buts se font rare, la premiĂšre mi-temps se termine, l’angoisse monte mais bon y a pire dans la vie (genre le temps d’attente avant que mon copain m’autorise Ă  manger le dessert -trop bon- qu’il avait rapportĂ©).

Mes ex beaux-parents m’appellent, je quitte le lit pour aller dans le couloir et lĂ  : 1 but, 2 buts, 3 buts, plus rien n’arrĂȘte nos Bleus d’amour. Quel beau match. Je me dis allez plus qu’un quart d’heure de match Ă  supporter. Mon copain me rassure en me disant limite que lĂ  c’est bon on peut Ă©teindre la tĂ©lĂ© de toute façon on est surs de gagner.

Quand soudain, c’est le drame : 1 but, 2 buts de la Suisse, Ă©galitĂ© Ă  cinq minutes de la fin. Je commence Ă  me dire que mettre un but en cinq minutes ça va ĂȘtre difficile pour la France mais bon les Suisses en ont bien marquĂ© deux en 10 minutes donc pourquoi pas.

Le temps passe, le temps rĂ©glementaire touche Ă  sa fin et pas sure que le temps additionnel suffise pour rattraper les choses parce que pour une fois les joueurs n’ont pas passĂ© trop de temps Ă  se rouler par terre en simulant une blessure.

Les prolongations se profilent Ă  l’horizon, je commence Ă  dĂ©primer, l’arbitre siffle, je termine de dĂ©primer : c’est parti pour trente minutes supplĂ©mentaires. Mais bon, c’est quoi trente minutes dans une vie et dans une soirĂ©e. Allez, une demi-heure et c’est terminĂ©.

Les trente minutes passent. J’ai le temps de me faire une deux trois tasses de thĂ© et de caler douze fois « punaise mais ils savent pas jouer » (fun fact : mon prof du lycĂ©e a marquĂ© sur mon bulletin scolaire pour le trimestre de volley « difficile de progresser quand on a peur du ballon », mdr) mais voilĂ  que la partie n’est pas terminĂ©e puisqu’aucune Ă©quipe n’a marquĂ©. :))))))

Tirs aux buts are coming : mon copain m’explique que voilĂ  ils en tirent d’abord cinq mais que ça peut s’arrĂȘter assez vite car si une Ă©quipe en marque 3 et l’autre 0 ça s’arrĂȘte sans attendre la fin des trois. L’espoir grandit mais s’Ă©loigne assez rapidement quand je vois que les 9 premiers tirs sont rĂ©ussis.

En tant que bonne petite Française fiĂšre de son pays je me dis que c’est IMPOSSIBLE de se faire battre par la Suisse quand on est champions du monde (bah ouais quoi) donc je sais que le petit Kylian va marquer et que les tirs vont continuer. Et ben non.

Fin de l’histoire et du match : la France a perdu. Mon copain a dĂ©primĂ© toute la soirĂ©e et moi qui devais partir en week-end vers la Suisse dans quinze jours, je ne suis plus sure d’avoir trĂšs envie d’y aller (le seum, vous connaissez).

Bref par contre, je crois que j’ai un peu Ă©tĂ© piquĂ©e Ă  la folie footballistique et suis actuellement en train de regarder le match SuĂšde – Ukraine alors que je suis seule chez moi et pourrais donc dĂ©cider de faire autre chose de plus intĂ©ressant (genre rĂ©viser les 80 pages du cours sur lequel porte mon partiel de vendredi.

Allez, A+ pour la coupe du monde.

Audrey

Mon pĂ©riple chez le cardiologue

Saluuuuuut,

Pour ceux qui sont pas au courant (= personne puisque je le dis dix fois par jour mais c’est la politesse de le rappeler) : je suis Ă©pileptique. Sauf qu’aprĂšs trois mois de rendez-vous mĂ©dicaux chez les plus grands spĂ©cialistes de cette Terre (et c’est pas fini), ben on a toujours pas trouvĂ© ce que j’avais, mais on continue Ă  chercher.

Quand je suis allĂ©e chez ma neurologue il y a un mois, elle m’a demandĂ© de passer assez rapidement (mais pas trop pour pas m’inquiĂ©ter) des examens chez un cardiologue pour vĂ©rifier, au cas oĂč (ce « au cas oĂč » je l’entends beaucoup trop de fois depuis six mois).

Mon emploi du temps de ministre m’empĂȘchant de prendre un rendez-vous avant, j’ai dĂ» attendre lundi pour me rendre chez mon merveilleux cardiologue. Sauf que tout ne s’est pas passĂ© comme prĂ©vu.

Je ne suis jamais allĂ©e voir un cardiologue donc je ne savais pas trop comment choisir celui qui allait devenir le mien. J’ai alors scrutĂ© Doctolib Ă  la recherche du cardiologue qui au-delĂ  de vĂ©rifier mon coeur allait surtout pouvoir le conquĂ©rir. Etant une fille superficielle comme personne, je me suis bien sĂ»r tournĂ©e vers le plus beau de Doctolib. Et j’ai pas Ă©tĂ© déçue.

Le plus beau de Doctolib Ă©tait situĂ© Ă  deux arrĂȘts de mĂ©tro de chez moi, le cabinet semblait magnifique (tu m’Ă©tonnes) et en plus de ça il avait un rendez-vous Ă  18h soit aprĂšs la fin des cours. Tout semblait donc parfait. Le seul hic est qu’il Ă©tait en dĂ©passements d’honoraires mais bon c’est le prix Ă  payer pour trouver l’amour et ça allait me faire Ă©conomiser un abonnement Ă  Meetic donc ok c’est parti, rendez-vous pris pour ce lundi 17 mai Ă  18h.

Je pars de chez moi Ă  17h30 car je dĂ©teste ĂȘtre en retard. Je regarde le trajet sur Google map et lĂ  je me rends compte que c’est hyper bizarre parce que le cabinet semble trĂšs proche du stade Jean Bouin, maison du XV de France de rugby. Je me dis lol c’est trop rigolo au moins ça sera facile Ă  retrouver, lol.

Pas trop lol en fait parce qu’arrivĂ©e devant le cabinet je me rends compte qu’au-delĂ  ĂȘtre « Ă  cĂŽtĂ© du stade Jean Bouin », le cabinet est DANS le stade Jean Bouin. Je me dis bon ben ok peut-ĂȘtre qu’ils ont trouvĂ© ça marrant de pouvoir faire leurs consultations au rythme des applaudissements des supporters (quand les stades Ă©taient encore ouverts) (sujet sensible).

Je rentre dans le cabinet, tombe sur une secrĂ©taire archi gentille qui me demande de complĂ©ter une feuille de renseignements comme c’est mon premier rendez-vous. Je remplis la premiĂšre case, la deuxiĂšme, la douziĂšme quand soudain j’arrive Ă  une question qui me perturbe « citez les sports pratiquĂ©s ».

Je commence Ă  paniquer parce que comme j’ai dit sur Snapchat je me suis dit, je cite (oui je m’auto cite), : « ouais euh je cours trois fois par semaine, je nageais deux fois mais les piscines sont fermĂ©es et je suis pas montĂ©e sur un vĂ©lo depuis que j’ai failli mourir en chutant cet Ă©tĂ© ». Bon j’Ă©cris « course Ă  pied » parce qu’il faut bien mettre un truc et on verra comment ça va se passer (mal).

Je pars m’installer dans la salle d’attente en passant devant des bureaux inscrits « kinĂ©sithĂ©rapeute du sport », « mĂ©decin du sport ». Je me sens vraiment pas Ă  ma place et vais encore moins m’y sentir quand le mec Ă  cĂŽtĂ© de moi qui m’avait rassurĂ©e quand j’avais vu qu’il n’avait pas vraiment un physique de sportif dit Ă  son amie qu’il espĂšre que le cardiologue va lui donner directement un certificat mĂ©dical pour le marathon qu’il prĂ©pare sans l’obliger Ă  revenir le consulter plus tard.

Le temps passe, je me rends de plus en plus compte qu’en plus de ne pas ĂȘtre Ă  ma place je suis complĂštement dans la merde quand mon cardiologue va dĂ©couvrir que j’ai un cardio de fille de 80 piges (non je rigole Garmin a dit que j’avais 20 ans en Ăąge cardiaque, soyez pas jaloux) alors qu’il voit passer des sportifs de haut niveau tous les jours.

Le cardiologue est en retard, suffisamment en retard pour que mon stress devienne de plus en plus difficile Ă  supporter et que mon rythme cardiaque augmente plus qu’il ne devrait. Je sens qu’il bat de plus en plus vite, mĂȘme ma sĂ©ance de course Ă  pied d’une heure et demie avant ne m’avait pas autant stimulĂ©e au niveau cardiaque.

Tant de questions ont le temps de filer dans ma tĂȘte : comment lui expliquer que je me suis trompĂ©e en prenant le rendez-vous et que je ne suis pas du tout sportive ? Que va-t-il penser de moi quand il va dĂ©couvrir que je suis une pigeonne de 23 ans qui n’a pas compris ce que voulait dire « Institut mĂ©dical SPORT santĂ© » (c’est le nom du cabinet donc j’aurais pu me douter de la suite de l’histoire mais je m’Ă©tais dit que dans SPORT santĂ© il y avait santĂ© donc que le sport n’Ă©tait qu’une partie du dĂ©lire) (grave erreur) ? Vais-je vraiment faire une tachycardie par angoisse du rendez-vous chez le cardiologue ? Est-ce donc mon heure ?

Bref, le cardiologue arrive. Il est aussi beau que sur Doctolib mais j’espĂšre surtout qu’il est gentil et comprĂ©hensif. Je le regarde avant mĂȘme de m’asseoir, et lui dit « vous ĂȘtes uniquement cardiologue du sport ? Non parce que je cours mais je suis pas Usain Bolt quoi ». Il rit (bon public en plus d’ĂȘtre mignon, je valide je valide) et me dit « la mĂ©decine du sport est une spĂ©cialitĂ© mais je reste avant tout cardiologue ». Ouf, moi ĂȘtre rassurĂ©e.

On s’assied. Il commence Ă  me demander mon problĂšme. Je lui explique. Il me dit qu’on va examiner mon coeur (oui, je suis lĂ  pour ça Monsieur) blablabla.

J’avais prĂ©vu le coup et mis un soutien-gorge (ce qui arrive trois fois par an, celle-ci en fait donc partie) car je me doutais bien qu’il allait pas examiner mon coeur au-dessus de mon dĂ©bardeur (j’avais pourtant choisi le plus beau). ProblĂšme : j’ai quand mĂȘme dĂ» finir Ă  moitiĂ© Ă  poil parce qu’il avait besoin de m’examiner pile sous le sein (on me dit dans l’oreillette et surtout dans les commentaires que c’est pile la place du coeur) (j’ai pas fait un bac S, doucement). Bref, je m’en fiche, ma famille a un appart au Cap d’Agde donc la nuditĂ© on connait (ou pas).

Il m’examine etc et me dit que tout va bien dans le meilleur des mondes. Il dit mĂȘme que j’ai un coeur de sportive avec des battements trĂšs lents. Je me sens archi fraiche jusqu’au moment oĂč je me souviens que j’ai recommencĂ© la course Ă  pied il y a cinq semaines et que la premiĂšre fois j’ai couru 400 mĂštres et crachĂ© mes poumons si forts que tous les gens autour de moi pensaient que j’allais faire bondir les chiffres de la covid.

Il faut savoir que ma neurologue m’avait fortement dĂ©conseillĂ© de reprendre la course Ă  pied avant quelques mois Ă  cause de l’Ă©pilepsie. Je l’avais Ă©coutĂ©e au dĂ©but mais honnĂȘtement ça me soulait de voir mon niveau diminuer (le truc des 400 mĂštres c’est une exagĂ©ration Ă©videmment mais j’Ă©tais dans le mal quand mĂȘme) donc j’avais recommencĂ©.

Je m’attendais Ă  me faire dĂ©gommer par mon cardiologue en lui disant que j’avais recommencĂ© Ă  courir. J’aurais pu me taire sur le sujet mais autant que son statut de mĂ©decin du sport soit utile alors j’ai avouĂ© ce pĂ©chĂ© mortel, dĂ©jĂ  prĂȘte Ă  esquiver ses coups. Sa rĂ©action fut tout le contraire de celle que mon cerveau avait dĂ©jĂ  eu le temps d’imaginer : il m’a dit que c’Ă©tait extrĂȘmement bien et m’a mĂȘme proposĂ© un test VMA pour m’amĂ©liorer en course Ă  pied (??????????????). Donc en gros vous ĂȘtes en train de me dire que ma neurologue m’interdit la course Ă  pied pendant que vous me proposez de passer un test oĂč il faut courir le plus vite possible pendant six minutes ? Oui, il Ă©tait en train de me dire ça.

Je suis repartie des Ă©toiles dans les yeux (et des traces de colle de l’Ă©lectrocardiogramme sur le torse), prĂȘte Ă  vivre ma nouvelle vie de fille avec une maladie dont les seuls dĂ©sagrĂ©ments aujourd’hui sont la prise quotidienne de mĂ©dicaments qui me font partir dans un autre monde pendant 20-25 minutes. Mais bon, aprĂšs tout y en a bien qui PAIENT de la drogue pour avoir les mĂȘmes effets…

Merci la vie (et merci le super cardiologue trop beau de Doctolib).

Bises la compagnie,

Audrey

RĂ©sidence Streamline Boulogne-Billancourt – Suitetudes

Pire que des annĂ©es de droit, pire qu’une rando interminable dans le Queyras, pire que la sĂ©lection en master 2 de droit, j’ai nommĂ© : TROUVER UN APPART A PARIS.

Salut tout le monde,

Il y a maintenant neuf mois j’ai appris que j’allais quitter mon Grenoble d’amour pour partir dans la capitale. Ma premiĂšre pensĂ©e (aprĂšs « wouaaaa je vais enfin pouvoir voir la Tour Eiffel touuuuus les jours ») ça a Ă©tĂ© : « mais comment je vais trouver un appart ? ». Et lĂ , envoyĂ© par les Ă©toiles, le groupe SuitEtudes propriĂ©taire de plusieurs rĂ©sidences Ă©tudiantes partout en France m’a suivie sur Insta.

J’ai commencĂ© Ă  parler avec le community manager qui Ă©tait hyper drĂŽle, trĂšs gentil et disponible mĂȘme Ă  22h un week-end, ce qui a largement suffi Ă  me convaincre d’envoyer mon dossier (je suis une fille facile, il faut l’avouer).

La rĂ©sidence n’Ă©tait pas encore construite quand j’ai signĂ© et j’ai un peu flippĂ© parce que vu les photos de l’appartement tĂ©moin qui Ă©tait absolument divin, je me suis dit qu’il y avait peut-ĂȘtre un petit truc cachĂ© derriĂšre. Je me suis donc tapĂ© un aller-retour dans la journĂ©e sur Paris pour m’assurer que la rĂ©sidence existait bien (spoiler : c’Ă©tait le cas).

Mon bail a commencĂ© fin juillet mais je m’y suis installĂ©e que mi aoĂ»t.

Les premiers jours Ă©taient dingues : l’appartement Ă©tait tout propre (neuf), le mobilier Ă©tait d’une qualitĂ© jamais vue (on s’y est mis Ă  TROIS lors de mon emmĂ©nagement pour arriver Ă  dĂ©placer le lit tellement il Ă©tait lourd et qui dit lourd dit de bonne qualitĂ©) (enfin j’en sais rien mais aprĂšs neuf mois je peux confirmer qu’il est de bonne qualitĂ©) et la dĂ©coration Ă©tait tellement belle que j’ai mĂȘme pas su quoi changer pour assouvir mon besoin de toujours tout dĂ©corer.

AprĂšs quelques nuits lĂ -bas en aoĂ»t, j’ai dĂ» retourner chez mes parents pour reprendre mon boulot d’Ă©tĂ© et ne m’y suis donc rĂ©ellement installĂ©e qu’en septembre dernier.

POINTS FORTS

La beautĂ© du lieu : de dehors, ça paie pas de mine. Certains de mes amis arrivant chez moi m’ont mĂȘme demandĂ© si je n’avais trouvĂ© que cette solution de les emmener chez moi pour leur annoncer que j’Ă©tais internĂ©e en hĂŽpital psychiatrique.

Bon, je suis pas trop d’accord mais tellement de gens me l’ont dit que j’ai fini par conclure que j’Ă©tais peut-ĂȘtre juste trop amoureuse de cette rĂ©sidence pour ĂȘtre objective.

De toute façon, je viens du sud (askip Lyon c’est le sud pour les Parisiens) donc vous vous doutez que mon corps n’est pas habituĂ© Ă  de telles tempĂ©ratures et que je vois la façade environ vingt secondes par jour, le temps de courir pour rentrer me rĂ©chauffer chez moi quoi.

En revanche, l’intĂ©rieur met tout le monde d’accord : dĂ©cors en accord avec les tendances du moment, locaux propres Ă  n’importe quelle heure du jour et de la nuit (sauf quand mes voisins font des bĂȘtises Ă  2h du matin, Ă©videmment) et deux ascenseurs quand on a la flemme de monter cinq Ă©tages Ă  pied (Ă  chaque fois dans mon cas).

Moi qui ai vĂ©cu cinq ans dans les rĂ©sidences de leurs concurrents et qui n’Ă©tais pas satisfaite (petit rappel : j’ai passĂ© plusieurs mois sans Ă©lectricitĂ© sans que personne ne se bouge l’annĂ©e derniĂšre), je regrette de ne pas avoir connu ce groupe plus tĂŽt pour enfin vivre une vie Ă©tudiante digne de ce nom.

Les appartements : je vis dans un 18m2. Il me semble qu’il y a diffĂ©rentes tailles mais je ne suis pas sure et ne suis jamais rentrĂ©e dans leurs appartements plus grands.

Photo de la cuisine quand je suis arrivĂ©e (approximativement le seul moment oĂč elle a Ă©tĂ© rangĂ©e)

C’est un meublĂ© : cuisine Ă  la pointe de la technologie (les gars, y a des plaques induction et une hotte aspirante pour camoufler les odeurs de poisson quand je le fais brĂ»ler soit Ă  peu prĂšs tous les jours, comment c’est possible????), bureau d’aussi bonne qualitĂ© que le lit (et tout aussi impossible Ă  dĂ©placer pendant le dĂ©mĂ©nagement), volets Ă©lectriques sur ma fenĂȘtre et mon velux ce qui est trĂšs arrangeant vu mon absence de muscles aux bras et…… miroirs de partout pour assouvir mon besoin de prendre des photos pour Insta.

Miroir de la salle d’eau
Miroir de la piĂšce

Jardin et parking : la rĂ©sidence dispose d’un jardin qui en fait le tour. Un. Jar. Din. Un jardin Ă  dix minutes de Paris ? Vous m’entendez bien ?

Ce qui paraissait anecdotique pour la campagnarde que je suis qui a vĂ©cu vingt-et-un ans entourĂ©e de verdure et qui rĂȘvait de connaitre le bonheur de respirer l’air de la ville est devenu vital quand Macron a annoncĂ© un Ă©niĂšme confinement. Je rĂ©alise aujourd’hui la chance que j’ai de pouvoir sortir prendre l’air quand je veux pendant que des milliers de Parisiens sont enfermĂ©s chez eux sans possibilitĂ© de s’aĂ©rer une fois 19h passĂ©es.

La rĂ©sidence propose aussi de louer des places de parking, une bĂ©nĂ©diction quand on sait Ă  quel point c’est difficile de se garer lĂ -bas.

Un bout du jardin
Un autre bout du jardin

Un prix tout compris : eau, Ă©lectricitĂ©, internet, tout est compris dans le prix que vous payez. C’est un avantage pour certains, un inconvĂ©nient pour d’autres dont moi qui ai dĂ©cidĂ© de ne plus chauffer mon appartement par souci de protection de l’environnement et qui ai dĂ» acheter une autre box car le serveur de mon entreprise refusait de se connecter au WiFi (problĂšme qui n’a donc rien Ă  voir avec SuitEtudes, je suis restĂ©e plusieurs mois sur le WiFi de la rĂ©sidence avant d’ĂȘtre en tĂ©lĂ©travail et j’avais rien de nĂ©gatif Ă  signaler). Mais je trouve ça vraiment bien de savoir que quoi qu’il se passe, on n’aura pas cent euros de charges Ă  rattraper en fin d’annĂ©e.

Une laverie dans la rĂ©sidence : avec machine Ă  laver ET sĂšche-linge. J’avais pas rĂ©alisĂ© Ă  quel point ça changeait la vie de ne pas devoir marcher dans tout Paris avec ses culottes sales. Moyennant quelques euros (trois, je crois), vous pouvez ressortir avec des vĂȘtements tout propres en ayant fait que descendre au rez-de-chaussĂ©e (ceci n’est mĂȘme pas nĂ©cessaire si vous vivez DEJA au rez-de chaussĂ©e). La belle vie, non ?

La crĂ©ation d’une communautĂ© : en ces temps difficiles oĂč notre vie sociale se rĂ©sume Ă  parler au caissier de l’hypermarchĂ© (d’ailleurs il y a un IntermarchĂ© Ă  environ dix mĂštres de la rĂ©sidence, on aligne les bons points lĂ ), habiter dans une rĂ©sidence composĂ©e uniquement de jeunes de notre Ăąge est vraiment une chance.

MĂȘme si on n’a pas trop le droit, je dois vous avouer que nos soirĂ©es se rĂ©sument Ă  aller chez les uns ou chez les autres (voire mĂȘme chez les uns ET chez les autres quand la soirĂ©e se finit vraiment trĂšs tard) et ça c’est incroyable.

Il y a un groupe WhatsApp qui nous permet de mieux nous connaitre, de nous rendre des services (et de rĂąler quand l’un de nous fait trop de bruit Ă  la soirĂ©e qu’il a organisĂ©e sans nous inviter).

D’ailleurs au niveau du bruit, soit je suis sourde soit c’est ultra bien isolĂ© soit mes voisins n’ont pas d’amis mais je n’entends jamais rien.

Des gestionnaires de rĂ©sidence beaucoup trop gentilles : dĂšs qu’on a besoin d’un service, on peut descendre dans leur bureau. C’est trĂšs rassurant pour un bĂ©bĂ© comme moi qui s’inquiĂšte encore de devoir ĂȘtre loin de papa et maman.

POINTS NEGATIFS

J’en vois qu’un aujourd’hui : la salle d’eau. La seule explication c’est qu’il n’y avait plus de budget mais c’est vrai que quand on passe d’une piĂšce Ă  vivre cinq Ă©toiles Ă  une salle d’eau sans placards et sans porte de douche (team rideaux), ça fait un choc.

Aujourd’hui je m’en suis accommodĂ©e (et je crois qu’ils ont installĂ© des portes au rez-de-chaussĂ©e donc peut-ĂȘtre qu’on y aura le droit un jour) et j’ai pu mettre mes propres placards mais c’est vrai que mĂȘme si les piscines municipales sont fermĂ©es, je suis un peu dĂ©sespĂ©rĂ©e Ă  l’idĂ©e de pouvoir me baigner sur le sol de ma salle de bains aprĂšs chaque douche.

En bref, je vis ma meilleure vie dans mon petit appart et j’ai dĂ» ĂȘtre la seule personne heureuse de pouvoir y rester 24h/24 quand le 3e confinement a Ă©tĂ© annoncĂ©.

Je recommande Ă  200% Ă  tous les futurs nouveaux Ă©tudiants qui cherchent un endroit oĂč se loger.

Si vous avez besoin de plus d’informations que celles dĂ©jĂ  donnĂ©es, je reste disponible par mail (audrey_vaan@outlook.fr) et vous trouverez leur site (qui lui aussi est trop bien fait) en cliquant ici et ici pour voir leur Instagram et participer Ă  leurs prochains concours.

A bientĂŽt,

Audrey

J’ai survĂ©cu Ă  une IRM

Hellloooo,

Ca y est, la nouvelle est tombée : ON EST RECONFINES.

Je n’ai pas pu rentrer chez mes parents comme les premiĂšres fois car j’ai passĂ© une IRM trĂšs importante Ă  Paris hier matin mais surtout parce que, contrairement aux premiers confinements, les cours ne s’arrĂȘtent pas et je suis donc en prĂ©sentiel le lundi, le mardi et un mercredi aprĂšs-midi sur deux, voire le samedi aussi si La Sorbonne suit le moov et passe en prĂ©sentiel Ă©galement (y a zĂ©ro chance mais bon).

Je vais donc passer mon premier confinement solo Ă  Paris dans mon mini studio mais franchement, je suis limite ultra excitĂ©e Ă  l’idĂ©e de pouvoir me recentrer sur moi-mĂȘme (et sur ma dose de travail inimaginable ahahaha).

Bref. Hier j’avais une IRM.

Laissez-moi vous conter mon périple.

Le trajet

Je me suis dit jeudi en apprenant la nouvelle que j’allais transformer l’essai et faire de ce confinement un moment in-cro-yable. Vraiment, j’Ă©tais pleine de bonnes intentions….

Puis je me suis levĂ©e hier matin, ai dĂ©couvert la nouvelle attestation et ses QUINZE motifs de sortie (dont celui qui te permet de sortir dans un rayon de 10, 30 ou 50km -on comprend pas trop- sans limitation de durĂ©e et sans motif Ă  donner mais en ayant quand mĂȘme une raison parce qu’on est censĂ©s pas pouvoir sortir mais vu qu’on dĂ©prime quand on peut pas sortir ben le gouvernement nous permet quand mĂȘme de sortir, mais vous comprenez, faut pas trop sortir parce que le virus se propage, HEIIIIIIIIIIIIN mais votre attestation elle est encore plus compliquĂ©e Ă  comprendre que mon cours d’entreprises en difficultĂ© lĂ ) (j’ai un partiel dans 6h) (oui, un dimanche) mais ai surtout dĂ©couvert que, contrairement aux premiĂšres fois, le gouvernement n’avait pas mis Ă  disposition une attestation modifiable directement sur tĂ©lĂ©phone.

ProblĂšme : il Ă©tait 10h du matin, je devais partir une heure plus tard et n’avais aucune solution puisque j’ai beau avoir une imprimante Ă©norme qui me prend la moitiĂ© de mon appart, je n’ai jamais rĂ©ussi Ă  la brancher Ă  mon ordinateur. Son utilitĂ© est donc proche (trĂšs proche) de zĂ©ro. Bref, je trouve une amie gentille qui m’en imprime une dizaine pour que j’en aie d’avance pour les prochaines fois et hop me voilĂ  en route pour mon IRM (j’apprenais deux heures aprĂšs ces impressions qu’en fait l’Etat avait dĂ©cidĂ© d’annuler les attestations qui Ă©taient trop compliquĂ©es Ă  comprendre) (pensez aux arbres qu’on coupe pour imprimer vos papiers svp).

La clinique

45 minutes de mĂ©tro Ă  lire, hilare, les tweets de gens se moquant des nouvelles rĂšgles du confinement (genre avoir le droit de sortir Ă  10km pour se promener en temps normal mais 1 seul km si tu promĂšnes un chien et 30km si tu vas faire tes courses mais 50km dans je ne sais plus quel cas, enfin bref, c’Ă©tait sĂ»rement trĂšs clair dans la tĂȘte de celui qui l’a créée, mais beaucoup moins dans la nĂŽtre) avant d’arriver enfin au lieu de mon rendez-vous et de dĂ©barquer dans une clinique digne d’un palace (Ă  100 euros de dĂ©passement d’honoraires, encore heureux) prĂȘte Ă  enfin avoir la rĂ©ponse de si j’ai, ou non, un cancer (spoiler : non).

Je donne mon ordonnance pour ĂȘtre remboursĂ©e par la sĂ©cu, ma carte vitale toujours pour la mĂȘme raison. La secrĂ©taire mĂ©dicale me prĂ©cise que les dĂ©passements d’honoraires ne seront remboursĂ©s que si ma mutuelle le prĂ©voit expressĂ©ment mais vu que j’ai rien compris au contrat de mutuelle que j’ai signĂ© et que de toute façon ils me doivent dĂ©jĂ  une centaine d’euros qu’ils n’ont pas remboursĂ©s pour je ne sais quelle raison, je suppose qu’ils ne le seront pas.

Je commence Ă  imaginer tout ce que j’aurais pu faire avec ces 100 euros (genre agrandir ma collection de chaussures), puis je me souviens que je n’ai dĂ©jĂ  plus de place dans mon appartement donc que c’est peut-ĂȘtre un mal pour un bien mais au final je commence Ă  angoisser parce que j’ai dĂ©jĂ  perdu 150 euros de salaire pour le mois Ă  cause de mon arrĂȘt de trois jours. Mais bon, les pĂątes c’est mon plat prĂ©fĂ©rĂ© donc ĂȘtre pauvre sera juste une excuse pour en manger TOUS-LES-JOURS.

Enfin bref, c’est le bordel dans ma tĂȘte, mais visiblement moins que sur le bureau de la secrĂ©taire qui me dit « je ne sais pas oĂč j’ai mis l’ordonnance que vous m’avez donnĂ©e ». Je lui dis « vous inquiĂ©tez pas, j’en ai une 2e » (la premiĂšre prescrite par l’hĂŽpital en dĂ©cembre que je n’ai jamais faite parce que flemme et que je pensais que ma crise Ă©tait due Ă  la fatigue, la deuxiĂšme prescrite par mon mĂ©decin en mars car il avait compris que non ma crise n’Ă©tait pas que due Ă  la fatigue). Je lui donne, elle retrouve la premiĂšre, je la reprends et pars m’installer dans la salle d’attente dont l’existence n’a Ă  peu prĂšs aucune utilitĂ© puisque je n’ai pas eu le temps d’attendre qu’une petite dame vient me dire « mademoiselle *insĂ©rer mon nom*, suivez-moi ».

L’examen

Je ne comprends pas trop ce qu’il vient de se passer : un mĂ©decin Ă  l’heure ? Je ? Bref. Ca c’est quand mĂȘme un sujet Ă  aborder : j’ai beaucoup de respect pour les mĂ©decins qui font le plus beau mĂ©tier du monde Ă  mes yeux mais je ne comprends pas comment au bout de 30 ans de carriĂšre Ă  ĂȘtre systĂ©matiquement en retard tu peux ne pas comprendre qu’il faut juste augmenter le temps de consultation et prendre un rdv toutes les 20 minutes au lieu de toutes les 10 quoi. Bref, le mĂ©decin est Ă  l’heure. C’est dingue.

Je suis un peu déçue parce que j’avais choisi le mĂ©decin sur Doctolib uniquement parce qu’il Ă©tait mignon (et que c’Ă©tait le seul Ă  avoir un rdv dispo avant le 3 fĂ©vrier 2045) sauf que lĂ  ben je me rends compte qu’en fait le mĂ©decin je vais pas le voir mais je vais seulement voir une manipulatrice radio. Mais bon, elle est dynamique, rigolote et super gentille donc ça passe.

Elle m’explique comment ça va se passer, me demande si j’ai dĂ©jĂ  fait une IRM, je lui dis que oui mais que j’ai dĂ©jĂ  du mal Ă  me souvenir de ce que j’ai mangĂ© hier donc bon (non en vrai ce truc est tellement traumatisant que oui je m’en souviens). Elle me met dans un tube, me dit qu’il y a un miroir pour regarder l’extĂ©rieur mais que je peux aussi fermer les yeux, tant que je ne BOUGE PAS (retenez ça pour la suite) et que ça va durer une dizaine de minutes.

Il faut savoir que trois jours avant une dame m’a appelĂ©e pour m’annoncer premiĂšrement le prix (350 euros, mdr, MDRRRRRRRRRRRRRRRR) mais surtout pour me dire qu’il fallait absolument que j’aille acheter une seringue (au mot seringue mes yeux ont commencĂ© Ă  couler) (je suis phobique des choses qui piquent) qui contient un liquide pour mieux voir mon cerveau. ProblĂšme : elle me l’a envoyĂ©e par mail et j’Ă©tais donc censĂ©e l’imprimer pour aller Ă  la pharmacie sauf que, pour rappel si votre mĂ©moire est aussi performante que la mienne : JE N’AI PAS D’IMPRIMANTE.

Je prĂ©viens toute la Terre, ma mĂšre m’envoie l’ordonnance imprimĂ©e dans l’espoir qu’elle arrive avant samedi mais surtout dans l’espoir que je puisse aller Ă  la pharmacie puisque je bosse du lundi au vendredi en finissant parfois bien aprĂšs 18h, heure du couvre-feu, et qu’y aller le samedi matin juste avant l’examen c’est trop dangereux dans l’hypothĂšse oĂč la pharmacie devrait commander le produit.

Je m’arrange avec un ami qui l’imprime chez lui et me rapporte la feuille le mercredi aprem en cours (il s’est avĂ©rĂ© par la suite qu’il a Ă©tĂ© testĂ© au positif Ă  la covid et donc que j’ai touchĂ© une feuille pleine de viruuuuuuus, mais il m’a sauvĂ© la vie). Je vais Ă  la pharmacie le mercredi soir, ils ont la seringue, tout va bien. Je la dĂ©pose dans ma salle de bains et passe devant pendant trois jours en apprĂ©hendant le moment oĂč sa place allait devenir dans mon bras et non plus sur mon meuble de salle de bains bien en Ă©vidence pour ne pas l’oublier le jour J.

Sauf que lĂ , je me trouve dans le tube de l’IRM sans piqure dans le bras. Evidemment je ne suis pas maso et ne vais pas leur dire « hey vous avez pas oubliĂ© un petit truc lĂ  ? ».

Je me retrouve dans la machine, la tĂȘte bloquĂ©e, un miroir au-dessus de la tronche mais surtout commençant Ă  avoir des vertiges. Je ne suis pas claustrophobe, ma peur de l’ascenseur est due au fait que j’aie fait la Tour de la Terreur Ă  Disneyland, pas au fait que j’aie peur d’ĂȘtre enfermĂ©e, donc normalement tout aurait dĂ» bien aller. D’autant plus que j’avais dĂ©jĂ  fait une IRM.

Mais lĂ  je me sentais vraiment pas bien, je commençais Ă  avoir des vertiges, Ă  voir flou, Ă  sentir mon bras trembler, des symptĂŽmes qui me rappellent vachement ceux………………………… d’une crise d’Ă©pilepsie. Le problĂšme est que pour ceux qui ont dĂ©jĂ  vu une crise en direct, quand on convulse on bouge dans tous les sens sauf que lĂ  si je bougeais sans me contrĂŽler j’allais me faire trĂšs trĂšs mal. Je commence Ă  me rassurer en me disant qu’au moins si je fais une crise ben ils verront ce qu’il se passe dans mon cerveau. Je me calme, faisant des exercices de mĂ©ditation sans bouger que m’a appris mon ex copain en janvier quand il a vu que j’Ă©tais stressĂ©e. Les vertiges passent mais je commence Ă  angoisser car je vois dans le miroir la dame ainsi que le mĂ©decin (enfin) qui parlent en regardant l’ordinateur sur lequel passent les images de mon cerveau et en montrant un truc du doigt. Une tumeur ?

Je ferme les yeux, c’est peut-ĂȘtre mieux.

Les résultats

Le temps passe, la dame vient me chercher et je commence Ă  paniquer en lui disant « est-ce que vous pouvez me dire si j’ai un cancer s’il vous plait ? ». Elle me dit qu’il faut attendre le mĂ©decin, qu’elle n’a pas le droit de me parler de ça avant. Je….. Je…..

Le mĂ©decin qui a tout entendu dans son bureau vient me voir pour me rassurer en me disant que non je n’ai pas de cancer et que pour lui je ne suis mĂȘme pas Ă©pileptique car rien dans mon cerveau ne montre une Ă©pilepsie donc qu’il pense que ce sont que des crises convulsives dues au stress mais que je dois faire un Ă©lectroencĂ©phalogramme pour le confirmer. Je lui dis que j’en ai dĂ©jĂ  fait un qui montre que je suis Ă©pileptique. Il me dit qu’il ne comprend pas. Je lui dis que moi non plus.

Il me demande si j’ai dĂ©jĂ  eu un coup violent sur la tĂȘte. Je lui dis que oui, en juillet dernier (pour rappel, quand je suis partie dans le Queyras je me suis pris la gamelle de ma vie en vĂ©lo et surtout le moniteur sur la tĂȘte en rafting) (c’est bon la douleur est passĂ©e, vous avez le droit d’en rire). Il me dit que ça peut ĂȘtre dĂ» Ă  ça mais que si c’est le cas il n’y a plus rien Ă  faire car je n’ai pas de saignements dans le cerveau donc rien Ă  rĂ©parer qui pourrait Ă©loigner les crises. Conclusion : mon Ă©pilepsie ne pourra jamais ĂȘtre soignĂ©e si c’est ça (youpi).

Dix minutes aprĂšs, le mĂ©decin (qui Ă©tait encore plus beau qu’en photo) m’a tendu le DVD de la vidĂ©o de mon cerveau, donnĂ© le compte-rendu et surtout rendu la seringue que je dois garder au chaud « au cas oĂč il faille refaire un examen plus poussĂ© ». Elle est donc, depuis hier aprĂšs-midi, posĂ©e au mĂȘme endroit sur mon meuble de salle de bains et Ă  chaque fois que je passe devant je prie pour qu’elle n’en bouge jamais.

Quelle aventure.

Merci pour tout.

Bonne journée confinés (ou pas),

Audrey

Epilepsie : et maintenant ?

8 mars : Ă©pilepsie J+7

Il y a une semaine j’allais vivre un des pires jours de mon existence. Le cƓur qui s’emballe, la sensation de partir puis le trou noir et le rĂ©veil quelques minutes plus tard au tĂ©lĂ©phone avec mon pĂšre Ă  savoir que j’avais fait une crise uniquement car lui le suggĂ©rait, mes souvenirs de ce qui venait de se passer se rĂ©sumant au nĂ©ant et Ă  cette perte de mĂ©moire qui me faisait ne mĂȘme pas reconnaitre la vue par ma fenĂȘtre (ok je vis les volets fermĂ©s mais bon faut pas abuser).

Puis l’appel aux pompiers, le mec du SAMU qui me voyait si paniquĂ©e qu’il arrivait Ă  lui-mĂȘme stresser ce qui, comme vous vous en doutez, n’arrangeait rien Ă  ce que je ressentais. L’arrivĂ©e aux urgences, le passage en prioritĂ©, avant tous ces gens qui attendent depuis des heures, qui te fait comprendre que pour une fois tu t’inquiĂštes peut-ĂȘtre pas pour rien (spoiler : en fait si). 

La mise dans un box, la seconde crise toujours avec aucun souvenir et juste des « mais mademoiselle vous venez de tomber du lit, on remet les barriĂšres Â» je viens de tomber du….. hein ? Mais comment c’est possible que je sois tombĂ©e, me sois assommĂ©e comme jamais (cf : mon putain de bleu sur l’Ɠil qui part pas) et ai Ă©tĂ© remise sur le lit sans en avoir AUCUN souvenir ? C’est lĂ  que tu te rends compte que l’intĂ©gralitĂ© de ta vie repose sur ce que ton cerveau veut bien retenir puisque j’ai beau avoir vĂ©cu physiquement cette scĂšne, Ă©motionnellement et intellectuellement je la ressens comme si j’écoutais l’histoire de quelqu’un d’autre. TrĂšs Ă©trange. Une expĂ©rience de plus vĂ©cue dans ma petite vie hein.

Puis les mĂ©decins et infirmiers qui se relaient pour pas me laisser seule et doivent supporter mes questions incessantes et ma peur omniprĂ©sente. La relĂšve Ă  19h. Le traumatisme d’une autre Ă©quipe d’infirmiers qui se demande comment un cerveau autant en vrac peut avoir une telle capacitĂ© Ă  stresser. L’électroencĂ©phalogramme, et le manipulateur radio qui a dĂ» ĂȘtre soulagĂ© de voir que ma prioritĂ© du moment (il Ă©tait minuit) c’Ă©tait de prendre une photo souvenir de ma tronche avec cette machine sur la tĂȘte (une horreur). Le retour en ambulance car les mĂ©decins ne me pensaient pas capable de prendre un taxi comme lors de la premiĂšre crise, l’incapacitĂ© Ă  marcher droit pour rentrer chez moi me faisant avoir une proximitĂ© non voulue avec l’intĂ©gralitĂ© des murs que je rencontre, le vomi du mĂ©dicament pris une heure avant. C’est donc ça mon futur quotidien ?

Aujourd’hui, Ă  J+7 de la seconde crise qui a entrainĂ© le diagnostic mais surtout Ă  J+5 du dĂ©but de mon traitement (diffĂ©rent de celui que j’ai vomi, vous vous en doutez), j’ai acceptĂ© la maladie, acceptĂ© que je serai Ă©ternellement accompagnĂ©e de cette charmante amie, acceptĂ© ce qu’allait ĂȘtre ma future vie. 

Je ne peux pas dire que ça a Ă©tĂ© simple, mais je ne peux pas non plus dire que ça a Ă©tĂ© dur. Je pense tout simplement qu’on a tous une destinĂ©e, tous un message Ă  faire passer et le mien sera sĂ»rement de faire parler de cette maladie qui inquiĂšte autant qu’elle fascine.  

Je ne vais pas mentir, je suis encore aujourd’hui pleine de questions : la maladie va-t-elle faire hĂ©siter mon entreprise Ă  prolonger mon contrat comme ils avaient l’air de l’envisager, mes amis vont-ils changer leur vision de moi, suis-je entourĂ©e de personnes qui font partie des 10% de gens Ă  penser que l’épileptique est une rĂ©incarnation du diable et un coup du karma ? (???) Bref, tant de questions auxquelles il va me falloir plus que quelques jours pour rĂ©pondre mais ça tombe bien puisque dans quelques jours, et mĂȘme quelques mois, ben la maladie sera encore lĂ . 

J’ai encore des vertiges, je pense dus au traitement, mais j’ai surtout cette peur permanente du moment oĂč je me sentirai partir sans savoir comment je me rĂ©veillerai, sans savoir si je me rĂ©veillerai. Bon, il y a trĂšs peu de risques de mourir d’une crise d’épilepsie vous me direz…. vous avez raison vous savez, mais mon hypocondrie fait que peu de risques ben c’est un risque quand mĂȘme et j’aimerais bien mourir Ă  un autre moment que trois mois avant l’été aka ma saison prĂ©fĂ©rĂ©e. 

C’est difficile de rĂ©organiser entiĂšrement son quotidien, de s’inquiĂ©ter pour un truc aussi banal que se laver par peur de faire une crise dans cet endroit si petit (je vis Ă  Paris…) qu’il entrainerait forcĂ©ment de grosses blessures si la crise venait Ă  arriver ici. Mais bon, hier j’ai quand mĂȘme pris ma premiĂšre douche seule chez moi depuis la crise (parce que bon si je suis Ă©pileptique et qu’en plus je pue la mort, ma vie sociale va en prendre un sacrĂ© coup) et je dois vous avouer que j’ai fait de grosses Ă©conomies d’eau et d’électricitĂ© (je paie un forfait mensuel qu’importe ma conso, pour rappel) (c’était vraiment l’investissement le moins rentable de mon annĂ©e cette connerie) car elle a durĂ© assez peu de temps pour que je ne prenne quasiment aucun risque de tomber. 

Aujourd’hui Ă  15h32, heure de l’appel post crise Ă  mon pĂšre la semaine derniĂšre j’ai eu le coeur qui a palpitĂ© encore plus vite que quand j’ai rencontrĂ© mon crush d’Instagram il y a quelques mois et que ma montre connectĂ©e m’envoyait des alertes car mon coeur battait trop vite (vraie anecdote) (mdr). Et pour ne rien arranger, c’est le moment qu’ont choisi les pompiers de Paris pour passer avec leur sirĂšne sous les fenĂȘtres de Dauphine. Un plaisir.

Pour ceux qui me connaissent bien, vous savez que ma passion premiĂšre, avant tout sur Terre, c’est l’immobilier. J’ai toujours dit que dĂšs que j’aurais mon premier CDI j’achĂšterais un appart pour le louer et j’ai toujours dit que rien ni personne me pourrait me faire changer d’avis. Rien ni personne…. avant que je dĂ©couvre qu’il y avait quelque chose de plus fort que nous, d’imprĂ©visible et de potentiellement prĂ©judiciable : la maladie.

J’ai eu un petit coup de mou ce soir en dĂ©couvrant que ma maladie me plaçait dans les personnes Ă  risques dont les assurances Ă©taient susceptibles de rejeter le dossier, condamnant ainsi la possibilitĂ© d’obtention d’un prĂȘt immobilier.

Je vais pas vous mentir, ça a Ă©tĂ© extrĂȘmement dur sur le coup. Mais je reste convaincue que dans toutes les situations on peut trouver du positif et Ă  dĂ©faut de pouvoir acheter un appart seule, ça me motivera peut-ĂȘtre Ă  trouver un mec qui voudra bien partager cette aventure avec moi. :p

Ce blog ne va pas du tout devenir un blog sur l’Ă©pilepsie mais il est sur ma vie, et aujourd’hui cette maladie en fait partie et malheureusement le traitement rĂ©duit vachement mes possibilitĂ©s de vivre autre chose, du moins dans les premiers temps, parce que je sais de maniĂšre certaine que ma faiblesse d’aujourd’hui sera ma force de demain.

Merci d’ĂȘtre lĂ . Merci pour vos gentils messages. J’avais reçu beaucoup de messages de personnes dĂ©sespĂ©rĂ©es qui cherchaient des conseils sur comment gĂ©rer une rupture suite Ă  mon article sur le sujet, et ça fait bizarre (mais beaucoup de bien) de voir que ces gens que j’ai tentĂ© d’aider il y a un an m’aident aujourd’hui, sans en ĂȘtre obligĂ©e. Alors merci.

A bientĂŽt,

Xoxo

Audrey

Epilepsie : diagnostic

Saluuuuuut,

Je suis de retour aprĂšs plusieurs jours de silence qui, pour une fois, n’Ă©taient pas de mon ressort.

Pour ceux qui tombent ici par hasard, j’ai fait une seconde crise d’Ă©pilepsie lundi aprĂšs-midi, ai passĂ© ma nuit aux urgences et suis en arrĂȘt de travail depuis ce jour-lĂ  (j’en peux plus, je recommence Ă  bosser vendredi je suis surexcitĂ©e) (on est mercredi lĂ ).

Quand j’Ă©tais dans mon box, seule puisque ma famille est Ă  Saint-Etienne et que mes amis Ă©taient assez bons pour vouloir enfreindre le couvre-feu pour me tenir compagnie mais que j’Ă©tais pas assez mauvaise pour leur faire risquer une amende, je cherchais des tĂ©moignages sur l’Ă©pilepsie et j’en ai trouvĂ© trĂšs peu voire mĂȘme aucun hormis ceux de parents qui parlent au nom de leurs enfants.

Je trouve que c’est dommage car c’est un problĂšme trĂšs courant et je pense qu’il est temps d’en parler et peut-ĂȘtre qu’au final ma destinĂ©e Ă©tait d’ouvrir la voie (et la voix) sur ça. Alors Ă  ma petite Ă©chelle, j’espĂšre que j’arriverai Ă  laisser une trace qui pourrait guider d’autres personnes qui seraient amenĂ©es Ă  se retrouver concernĂ©es.

Donc voilĂ , lundi j’ai fait la seconde crise d’Ă©pilepsie qui poserait dĂ©finitivement le diagnostic qu’on avait laissĂ© en suspens il y a maintenant deux mois. Je n’ai que trĂšs peu de souvenirs. J’Ă©tais seule, dans mon petit appartement. Je me rappelle simplement que le matin j’avais pas rĂ©ussi Ă  suivre mon cours tellement j’Ă©tais fatiguĂ©e donc je n’avais pas forcĂ© car je sais que ce n’est pas dans ma nature de rester dormir quand j’ai des obligations.

Du temps de midi j’ai suivi les cours de la Sorbonne sans difficultĂ© avant de recommencer un cours pour Dauphine l’aprĂšs-midi et lĂ  je n’ai plus aucun souvenir Ă  part moi au tĂ©lĂ©phone avec mon pĂšre en pleurant et demandant pourquoi j’Ă©tais Ă  Paris car je n’avais plus rien dans le cerveau. Il a eu l’intelligence de dire quelque chose qui m’a sortie de ma dĂ©tresse « oh mais non t’as recommencĂ© une crise » et cette simple phrase a fait que toutes mes idĂ©es se sont remises en place dans ma tĂȘte. J’ai raccrochĂ© pour appeler les pompiers qui sont arrivĂ©s huit minutes aprĂšs (je le sais car j’ai regardĂ© la durĂ©e du coup de fil aux pompiers qui a durĂ© tout le temps de les attendre car ils voulaient pas me laisser seule, j’Ă©tais paniquĂ©e).

Je me suis retrouvĂ©e aux urgences, passant en prioritĂ© mĂȘme si je ne sais pas trop si j’en avais la lĂ©gitimitĂ© et me retrouvant allongĂ©e dans un box avec des infirmiers qui ne me quittaient pas. Je pense que j’ai refait une crise lĂ -bas car les infirmiers m’ont dit « mais mademoiselle vous venez de tomber du lit, on remet les barriĂšres » alors que j’avais aucun souvenir d’ĂȘtre tombĂ©e ni mĂȘme de m’ĂȘtre relevĂ©e (mais mon Ă©norme bleu sur l’oeil prouve que je me suis bien cognĂ©e Ă  un moment donnĂ©, oups).

AprĂšs une soirĂ©e Ă  l’hĂŽpital et un rendez-vous chez la neurologue, je me lance dans un traitement quotidien de minimum cinq ans. Je n’ai jamais pris la pilule ni rien donc pour moi c’est pas quelque chose d’anodin de savoir que je vais prendre quasiment 2 000 fois des comprimĂ©s, au mieux. En revanche, et j’en suis parfaitement consciente, c’est trĂšs loin d’ĂȘtre un problĂšme grave. Dans une Ăšre de coronavirus, de gens qui meurent parce que leur pays qui fait partie des plus grandes puissances mondiales n’arrive pas Ă  avoir assez de lits pour tenter de les soigner, de personnes qui se retrouvent Ă  contaminer leur frĂšre, leur fille, leur mĂšre, leur arriĂšre-grand-mĂšre malgrĂ© toutes les protections qu’ils prennent, ben je dois vous avouer que je suis bien contente de n’avoir « que » de l’Ă©pilepsie.

Il y a des risques de mort de l’Ă©pilepsie et j’en suis consciente mais l’actualitĂ© nous a prouvĂ© qu’un petit rhume Ă  la base anodin pouvait aussi mettre sur pause la Terre entiĂšre donc j’ai appris Ă  arrĂȘter de laisser ma peur du futur gĂącher mon prĂ©sent. En revanche, bien au-delĂ  de tous les problĂšmes de santĂ© que le traitement ou la maladie pourront me causer, je pense que le plus dur va ĂȘtre le regard des autres et si vous ne pouvez rien changer Ă  ma maladie et Ă  celle de centaine de millions d’autres personnes, vous pouvez nous aider Ă  mieux la vivre en effaçant cette image de possession par le diable que vous avez des Ă©pileptiques et cette stigmatisation permanente.

J’ai choisi de ne pas cacher la maladie et mĂȘme de la revendiquer car je pense (peut-ĂȘtre Ă  tort) avoir les Ă©paules pour supporter les potentielles critiques (mĂȘme si j’ai eu que des messages incroyables depuis lundi, ça fait trois jours on verra dans six mois :p) et je suis surtout convaincue que si on ne fait rien les choses ne changeront jamais et le regard des autres non plus.

Alors si un jour vous vient l’idĂ©e de nous aider, sachez que la plus belle chose que vous puissiez faire est de nous regarder avec les mĂȘmes yeux que vous nous regardiez avant la maladie.

Ma vie ne sera plus jamais la mĂȘme, mais comme j’ai toujours dit Ă  mon cousin quand la sienne a basculĂ©, Ă  nous de faire en sorte de la rendre encore meilleure.

Merci pour vos messages.

Avec tout mon amour,

Audrey

Crise convulsive – Episode 2 : Examens

Hellloooooo,

Bien rentrĂ©e chez mes parents le dimanche qui a suivi la crise mais travaillant du lundi au jeudi midi (vendredi Ă©tant fĂ©riĂ© et jeudi aprĂšs-midi offert par la boite) (merci), je n’ai pu aller voir mon mĂ©decin que deux semaines aprĂšs ma crise convulsive, le 31 dĂ©cembre.

GENERALISTE

Jeudi 31 dĂ©cembre, 14h : J’arrive dans le cabinet, rassurĂ©e de ne pas avoir de tumeur mais un peu inquiĂšte pour mes globules blancs et de plus en plus inquiĂšte pour le sida parce que mĂȘme si c’est impossible ben c’est la derniĂšre piste qu’on a. J’ai la chance, l’honneur, de tomber sur une gĂ©nĂ©raliste hyper jeune, remplaçante de ma mĂ©decin, qui a fait sa thĂšse sur …………………… la transmission du SIDA. POPOOOOOOOOOOOPOOOOOO.

Bon, elle me rassure un peu en me disant que j’ai trĂšs peu de chances de l’avoir mais que trĂšs peu de chances ne veut pas dire zĂ©ro chances et que, comme dĂ©jĂ  dit, ben c’est un peu la derniĂšre piste qu’on a.

Non mais super, merci bien madame moi qui Ă©tais dĂ©jĂ  angoissĂ©e. Je vous rappelle que j’ai quand mĂȘme Ă©tĂ© Ă  deux doigts de faire un test de grossesse car j’avais quatre jours de retard de rĂšgles alors que biologiquement je ne POUVAIS PAS ĂȘtre enceinte, donc bon, si tu me dis qu’il y a peu de chances que j’aie le SIDA mais que quand mĂȘme il y en a, ben tu gĂąches ma semaine entiĂšre.

Elle m’envoie refaire une prise de sang pour vĂ©rifier mon taux de globules blancs et en profite pour checker l’intĂ©gralitĂ© de ma personne (retenez ça pour la suite), hormis le coronavirus qui est pourtant LE truc du moment. Toujours pas compris ce choix mais bon, il est sĂ»rement judicieux.

Je rentre chez moi Ă  15h, appelle le laboratoire pour savoir s’il faut prendre un rendez-vous pour faire une analyse de sang, il me disent que non mais qu’en raison de la date (on est le 31 dĂ©cembre, pour rappel), ils arrĂȘtent les prĂ©lĂšvements Ă  15h30. Bon, ok, j’irai un autre jour.

Le lendemain Ă©tait fĂ©riĂ© pour fĂȘter comme il se doit ce dĂ©but d’annĂ©e couvre-feutĂ©, j’ai pu aller faire mes analyses uniquement le samedi d’aprĂšs, le 2 janvier.

ANALYSES SANGUINES

Samedi 2 janvier, 9h (et veille de mon anniversaire) : j’ai peur des araignĂ©es mais je peux les supporter et j’ai peur des ascenseurs mais je les prends Ă  chaque fois que j’ai la flemme de monter cinq Ă©tages Ă  pied (soit approximativement tous les jours), bref, je suis une personne super courageuse quoi. Mais s’il y a bien une phobie que j’arrive pas Ă  surpasser, c’est celle de toutes les choses qui piquent. De l’abeille au couteau en passant donc par les aiguilles, je suis terrorisĂ©e Ă  l’idĂ©e de me faire piquer.

Les peurs sont mentales. Le jour de mon admission aux urgences j’avais Ă©tĂ© piquĂ©e cinq heures non stop mais ça m’avait pas dĂ©rangĂ©e car j’Ă©tais tellement dans les vapes que j’aurais pu tout supporter. Ce ne fut bien Ă©videmment pas la mĂȘme chose en ce 2 janvier et alors que ça faisait dĂ©jĂ  deux semaines que l’idĂ©e d’avoir le SIDA m’angoissait.

J’arrive au laboratoire, abandonnĂ©e sur le parking par ma mĂšre qui m’a conduite ici parce que bon Ă  22 ans et 364 jours je pense qu’il Ă©tait temps que je prenne ma vie en main et que je puisse aller me faire piquer sans mamannnnn (non). Je donne mon ordonnance. La secrĂ©taire me dit « l’analyse doit porter sur tous ces Ă©lĂ©ments? » euh oui c’est le principe d’une ordonnance en fait. Elle me prĂ©vient que le prĂ©lĂšvement risque d’ĂȘtre long car il faudra prendre beaucoup de tubes (7) (aĂŻe).

Je patiente dans la salle d’attente. Un mĂ©decin trĂšs mignon arrive et me dit de rentrer dans une petite salle trĂšs mignonne oĂč j’allais vivre un calvaire. Il me dit de m’asseoir. Je le prĂ©viens que j’angoisse et qu’Ă  tout moment je peux tomber dans les pommes (exagĂ©ration) (en fait non).

Il me dit que tout va bien aller. Je lui dis que non. Il me dit qu’il va prendre une aiguille plus grosse pour que le sang coule plus rapidement pour remplir les tubes. Je lui dis d’arrĂȘter de prononcer le mot aiguille (silvoupléééééé). Il se tait. J’angoisse.

Il trouve pas ma veine puisque j’ai dĂ©jĂ  eu un cathĂ©ter dans la meilleure veine mais qu’il ne veut pas reprendre la mĂȘme pour je ne sais quelle raison. Il trouve la veine, me pique. Et lĂ  c’est le drame.

Premier tube ça allait.

DeuxiÚme tube ça allait.

CinquiÚme tube ça commençait à pas trop aller.

SixiĂšme tube ça allait pas du tout. Et voilĂ  que Tatie Audrey s’Ă©vanouit pendant une prise de sang Ă  l’aube de ses 23 ans.

Pour ma dĂ©fense, j’ai des rĂšgles hĂ©morragiques qui venaient de dĂ©buter, je pĂšse moins de 50 kilos donc j’ai peu de sang et en plus de ça on venait de m’enlever sept tubes aprĂšs m’en avoir dĂ©jĂ  enlevĂ© autant deux semaines auparavant.

Le mĂ©decin ne sait pas s’il doit rire ou pleurer. Je reprends mes esprits et lui dit qu’il peut rire. Il me demande si j’ai un risque d’avoir le sida (punaise). Je lui dis que je suis cĂ©libataire. Il me dit (en rigolant) que ça ne l’Ă©tonne pas (mdrrrrr). Il me pose un pansement Disney, me donne un gĂąteau Milka pour reprendre des forces et me laisse appeler ma maman pour qu’elle vienne me rĂ©cupĂ©rer Ă©tant donnĂ© que je suis littĂ©ralement au bord de la mort.

Je ne tiens plus debout. Je pars sans payer (j’apprendrai aprĂšs qu’en fait il ne fallait pas payer grĂące Ă  cette formidable invention appelĂ©e la SĂ©curitĂ© sociale qui me pompe 30% de mon salaire). Je m’Ă©croule dans la voiture. Ma mĂšre pense que je fais exprĂšs. Je monte me coucher et reste allongĂ©e en me tordant de douleur (j’avais mal au ventre) (mes rĂšgles, suivez) et en ayant la tĂȘte qui tourne pendant la moitiĂ© de la matinĂ©e. Ma mĂšre se rend compte que je ne fais pas exprĂšs. Je vais mieux. J’attends les rĂ©sultats.

RESULTATS

Le laboratoire ne fait pas d’analyses le samedi aprĂšs-midi et de toute façon pour les MST il faut laisser reposer 48h donc je vais devoir attendre lundi, passant donc mon anniversaire Ă  angoisser dans l’attente de ces rĂ©sultats.

Lundi matin, dĂšs la premiĂšre heure et pendant le cours de compta (on m’avait dit en fin de matinĂ©e mais j’actualise la page des notes de mes partiels dĂšs janvier alors que les rĂ©sultats ne sont communiquĂ©s qu’en mars donc vous comprenez le dĂ©lire), je me mets Ă  rafraichir la page des rĂ©sultats toutes les trois minutes. A midi, toujours rien. La reloue que je suis appelle donc le labo qui lui dit que l’analyse pour les MST est toujours en culture mais qu’ils peuvent m’envoyer un SMS quand les rĂ©sultats seront disponibles, qu’il faudra que je clique sur le lien………. et que le mot de passe sera modifiĂ© pour devenir ma date de naissance, mon identifiant restant le mĂȘme qu’avant. Tatie Audrey toujours angoissĂ©e et ayant Ă  moitiĂ© Ă©coutĂ© continue de rafraichir la page alors que ça n’a absolument aucune utilitĂ©.

Vers 13h30, je me retrouve dĂ©connectĂ©e du site. Pas grave, je connais mon mot de passe par coeur Ă  force de le faire inlassablement depuis samedi alors que le laboratoire Ă©tait fermĂ©. Et lĂ , c’est le drame : l’ancien mot de passe ne marche plus. J’essaie, j’essaie… mais punaise je l’ai notĂ© je peux quand mĂȘme pas m’ĂȘtre trompĂ©e.

J’appelle le laboratoire en disant que mon mot de passe ne fonctionne plus. Ils me disent que c’est Ă©trange car les rĂ©sultats sont tombĂ©s. Je les SUPPLIE de me dire si j’ai une IST. AprĂšs de longues nĂ©gociations car secret mĂ©dical oblige, ils finissent par me dire que non. Je raccroche et ai un Ă©clair de gĂ©nie : la madame m’avait dit que mon mot de passe allait devenir ma date de naissance Ă  compter de la rĂ©ception du SMS (que je n’ai jamais reçu soit dit en passant), c’est pour ça que l’ancien ne marche pas.

J’ouvre la page, tout fonctionne, mes analyses sont nickel(les?). Mes globules blancs de retour Ă  la normale. Aucun problĂšme au niveau glycĂ©mie alors que je buvais un litre de coca tous les deux jours (j’essaie d’arrĂȘter, je me limite Ă  1,75 litre par semaine ce qui est dĂ©jĂ  Ă©norme mais les petits ruisseaux font les grandes riviĂšres et plus les jours passent plus je tente de diminuer mes verres).

Bref, toujours rien Ă  signaler. Ma mĂ©decin m’envoie donc chez un neurologue.

La suite, au prochain épisode.

Bonne soirée,

Audrey

Crise convulsive : Episode 1 – La crise

Helllooooooooo,

Laissez-moi vous raconter, en plusieurs Ă©pisodes (et PRO-MIS cette fois vous aurez la fin de l’histoire…. mdr), le rĂ©cit de ma crise convulsive.

A la fin du confinement, le 19 dĂ©cembre, j’ai dĂ©cidĂ© de retourner un week-end sur Paris pour rapporter des vĂȘtements car j’en avais tellement achetĂ© en un mois et demi (aĂŻe) que je savais que je ne pourrais pas tout ramener en une fois (et figurez-vous que vu comme j’Ă©tais chargĂ©e il y a un mois pour mon vrai retour Ă  Paris, j’ai bien fait d’y venir en dĂ©cembre pour apporter des affaires aussi).

Tout se passait trĂšs bien. Vraiment trĂšs bien. J’ai pris mon petit train Ă  Saint-Etienne, dĂ©posĂ©e par mon papa. Il Ă©tait Ă  l’heure (un scoop). Moi aussi (un scoop encore plus grand) (non je rigole je suis jamais en retard). Le conducteur Ă  qui j’ai parlĂ© sur le quai Ă©tait super cool. Enfin vraiment, un voyage qui semblait parfait.

AprĂšs une heure de route, nous voilĂ  arrivĂ©s Ă  Lyon. Je me rappelle avoir entendu les gosses rentrer dans le wagon d’Ă  cĂŽtĂ© mais c’est bien la seule chose dont je me souviens puisqu’aprĂšs, trou noir jusqu’Ă  Paris.

Environ deux heures aprĂšs donc, je vois une fille assise sur un siĂšge frappĂ©e par une dame blonde que je ne connaissais pas et entourĂ©e de personnes qui criaient « mademoiselle » « son pouls diminue » « sortez la couverture de survie » « mademoiselle » « MADEMOISEEEEEELLLLE ». Je ne sais pas comment expliquer mais je savais que cette fille Ă©tait moi alors que quand je la regardais ben elle ressemblait pas du tout Ă  ce que je vois quand je me regarde dans le miroir. Grave bizarre.

Je ne pouvais pas contrĂŽler mon corps et j’avais beau entendre des « rĂ©veillez-vous » je n’y arrivais pas. C’Ă©tait atroce.

J’ai regardĂ© Ă©normĂ©ment d’Ă©missions sur les expĂ©riences de mort imminente, dĂ©jĂ  parce que ça me fascine depuis toujours mais aussi parce que mon cousin a Ă©tĂ© dans le coma et que j’avais cherchĂ© Ă  comprendre ce qu’il pouvait ressentir. Je ne sais pas si mon cerveau a reproduit ce que je voyais dans ces Ă©missions ou si j’ai rĂ©ellement vĂ©cu ça, mais je me sentais partir. A ce moment-lĂ , la seule chose qui me faisait me raccrocher Ă  la vie, du moins Ă  l’espoir de ne pas mourir ici, c’est que je ne voyais pas la lumiĂšre blanche dont parlent tous les gens passĂ©s au bord de la mort. Trop fun.

Au bout de quelques heures (l’infirmiĂšre qui m’a sauvĂ©e m’a dit qu’en rĂ©alitĂ© la crise avait durĂ© deux minutes mais je vous promets que c’Ă©tait interminable), je me suis sentie frappĂ©e par une personne et c’est la premiĂšre fois que je ressentais quelque chose alors que tout le monde me touchait depuis le dĂ©but de la crise pour tenter de me rĂ©veiller (coviiiid). Et lĂ  j’ai ouvert les yeux et pas lĂąchĂ© du regard la dame blonde qui allait devenir mon seul repĂšre.

Je me suis donc rĂ©veillĂ©e, sans plus rien savoir : ni mon prĂ©nom, ni mon nom, ni pourquoi j’Ă©tais dans le train, ni ce que je faisais dans la vie. Le mĂ©decin Ă  cĂŽtĂ© de moi me demandait mon Ăąge, je le fixais du regard sans pouvoir lui rĂ©pondre. Les souvenirs que j’ai Ă  l’heure actuelle je les ai retrouvĂ©s bien aprĂšs la crise. Je ne sais donc aujourd’hui toujours pas si ces souvenirs ont Ă©tĂ© inventĂ©s par mon cerveau pour m’Ă©viter d’avoir un gros trou noir dans ma vie puisque ne pas tout contrĂŽler est une Ă©norme peur pour moi et l’explication Ă  pourquoi je ne me drogue pas. Par contre Ă  partir de ce moment-lĂ  mes souvenirs sont exacts et ont surtout Ă©tĂ© confirmĂ©s par tous les gens qui Ă©taient avec moi et avec qui je suis restĂ©e en contact.

AprĂšs quelques minutes, j’ai demandĂ© Ă  appeler mon pĂšre qui ne comprenait rien (aprĂšs avoir tentĂ© d’appeler ma maman qui a confiĂ© avoir ratĂ© l’appel car elle jouait Ă  Candy Crush, mdrrrrr). La premiĂšre et seule pensĂ©e que j’ai eue Ă  ce moment-lĂ  ça a Ă©tĂ© « imagine tu meurs maintenant alors que t’as pas rangĂ© ta chambre malgrĂ© les demandes incessantes de ta mĂšre pendant tout le confinement », IMAGINE.

J’ai vite dĂ» raccrocher car les pompiers sont arrivĂ©s. En dix ans sur Twitter, j’ai vu tellement de gens supplier qu’on les aide Ă  retrouver leur sauveur sur les rĂ©seaux sociaux qu’avant de partir j’ai demandĂ© le numĂ©ro de l’infirmiĂšre qui m’avait aidĂ©e et ça a Ă©tĂ© bien utile car les pompiers ont pu lui demander exactement ce qu’il s’Ă©tait passĂ© pour tenter de comprendre (spoiler : on a toujours pas compris ce qu’il s’Ă©tait passĂ©).

J’arrive donc dans le camion des pompiers aprĂšs cinq minutes trimballĂ©e dans toute la gare sur un fauteuil roulant. Je commence Ă  me lever pour rentrer dans le camion, ils me disent de me rasseoir et me mettent sur un brancard. Un cauchemar. Je demande 18 fois Ă  la fille qui reste avec moi Ă  l’arriĂšre du camion si je vais mourir, elle rigole et me dit que c’est pas prĂ©vu pour tout de suite. Me voilĂ  rassurĂ©e… mais ça va pas durer.

J’arrive Ă  l’hĂŽpital de Paris et vois que les urgences sont saturĂ©es. Je me dis « Doux JĂ©sus, je vais y passer la nuit ». Oui, j’y ai passĂ© la nuit, mais pas pour les raisons que je croyais.

Ils me prennent en urgence, et mĂȘme si je suis hyper contente de ne pas devoir attendre que toutes les personnes dans la salle d’attente bondĂ©e passent avant d’ĂȘtre prise en charge, je sais aussi que quand on prend quelqu’un en urgence c’est pas bon signe. Je recommence Ă  stresser. Ils disent qu’ils envisagent aujourd’hui quatre pistes : tumeur cĂ©rĂ©brale, AVC, Sida ou grossesse. Euh……… je leur dis que la grossesse c’est impossible, ils me disent que le sida non plus et qu’au final l’AVC semble peu probable car je n’ai pas de paralysie sur un cĂŽtĂ©. Nous allons donc vĂ©rifier la tumeur au cerveau.

Commencent alors les heures les plus longues de ma vie.

On m’installe dans une chambre, seule. J’attends, seule. Une infirmiĂšre arrive, seule. Elle me dit qu’il va falloir procĂ©der Ă  l’inventaire de mes affaires personnelles car c’est obligatoire pour toute admission aux urgences. Rappelez-vous, je DEMENAGEAIS. J’avais donc littĂ©ralement toute ma maison dans ma valise. Toute. Ma. Maison. Des petites culottes au livre sur comment sĂ©duire un mec offert par un ami le jour de l’anniversaire de mon ex (hilarant) (oui, en vrai c’Ă©tait hilarant), tout y est passĂ©. Vingt-cinq minutes plus tard, j’Ă©tais fin prĂȘte, ma valise passĂ©e au crible et le trop beau aide soignant qui me promenait en fauteuil roulant dans les couloirs pour aller dans une nouvelle chambre.

A ce moment-lĂ , on me met une perfusion. J’ai trĂšs peur de tout ce qui pique (aiguille, piqures, abeilles blabla) mais bon, il faut ĂȘtre forte et j’angoisse tellement pour la tumeur qu’au final une perf’ c’est pas si grave. Le mĂ©decin me met un liquide bleu dans le corps avant de me faire passer un scanner. Il me demande si je peux ĂȘtre enceinte, c’Ă©tait la 2e fois qu’on me demandait et faut pas mettre des idĂ©es comme ça dans la tĂȘte d’hypocondriaques parce que j’ai fini par angoisser de l’ĂȘtre sans que ce soit biologiquement parlant possible. Il me fait une prise de sang puis me met dans une salle avec plein de gens malades du coronavirus (olĂ©).

Je suis arrivĂ©e Ă  15h. A 21h, toujours aucun rĂ©sultat. J’avais juste envie de signer une dĂ©charge car le programme de ma soirĂ©e c’Ă©tait Miss France, pas Urgences vous voyez.

Vers 21h30, le mĂ©decin vient vers moi l’air grave et me dit « bon, pas de tumeur au cerveau (ouf) par contre vous avez des enzymes hĂ©patiques et trop de globules blancs. Beaucoup trop de globules blancs. » EukĂ© et ? Et ben nous on sait pas faudra aller voir votre gĂ©nĂ©raliste. Ah, bon. Ok.

Je demande si je peux sortir, il me dit qu’il faudra attendre un petit peu car il a des papiers Ă  remplir, notamment pour m’envoyer voir un neurologue et un gĂ©nĂ©raliste car lui n’a plus aucune piste. J’attends. Je prends un taxi, arrive chez moi, regarde la fin de Miss France et me dit que cette journĂ©e Ă©tait belle et bien la pire de l’annĂ©e. Et ben figurez-vous que PAS DU TOUT.

La suite au prochain épisode.

Bonne soirée,

Audrey

PS : Aujourd’hui tout va bien

Le Queyras

Hello,

Je vis mes derniĂšres vacances de trois mois avant de rentrer dans la vie d’adulte avec cinq semaines par an pour se reposer (au secours). J’en profite donc pour bouger dans toute la France, et reviens tout juste de cinq jours dans le Queyras. RĂ©cit.

1

Je suis une vraie fille de la mer. Mes vacances de rĂȘve se rĂ©sument Ă  une plage, une serviette toute douce, de l’eau Ă  35 degrĂ©s, des routes sans aucun dĂ©nivelĂ© pour pas trop me fatiguer et du soleil toute la journĂ©e. Alors quand un ami m’a proposĂ© de partir en vacances chez lui Ă  la montagne cet Ă©tĂ©, je me suis dit que c’Ă©tait tellement improbable qu’il y avait possiblement une chance que je finisse par apprĂ©cier et ai donc acceptĂ© sans (trop) hĂ©siter.

2

Jour 1 : Trajet 

Je vis Ă  Saint-Etienne. Le Queyras est Ă  environ 7h de train de chez moi. J’aime le train (mais un peu moins la SNCF) donc ça ne me dĂ©rangeait pas de poser mon cul tant de temps sur un siĂšge (et sur des bancs pendant les trois heures de correspondances cumulĂ©es, lol). Le problĂšme c’est qu’encore une fois, tout ne s’est pas passĂ© comme c’Ă©tait annoncĂ©.

Je devais partir la veille et dormir chez mon frĂšre Ă  Valence pour couper le trajet en deux et Ă©viter de devoir me rĂ©veiller Ă  5h du matin et dĂ©barquer chez mon ami avec des cernes plus gros que mon ego quand on m’envoie cinquante mails pour me dire qu’on est contents de voir que je reviens Ă©crire sur ce blog (merci <3).

Tout Ă©tait calĂ© : mon frĂšre m’emmĂšnerait Ă  la gare le jeudi aprĂšs que Carglass aurait rĂ©parĂ© le pare-brise fissurĂ© (c’est une autre histoire ça), puis je dormirais chez lui avant de prendre mon train Ă  Valence le lendemain matin pour faire les quatre derniĂšres heures de trajet qu’il me resterait.

ProblĂšme : mon frĂšre est pompier et trois heures avant de m’emmener il a Ă©tĂ© appelĂ© pour une intervention d’urgence. Je n’avais donc plus personne pour faire le chauffeur et pas de voiture car il ne faut pas l’utiliser dans les heures qui suivent la pose du nouveau pare-brise pour pas qu’il se casse une nouvelle fois (de toute façon, je ne sais pas conduire). RatĂ© pour les cernes.

Le lendemain, je pars donc de chez moi vers 6h30 – 7h, pour ĂȘtre sure de ne pas arriver en retard Ă  la gare de Briançon, mon lieu de rencard (il y a peu de choses que je dĂ©teste vraiment dans la vie mais les gens en retard en font partie).

Tout se passe bien. Le train SaintĂ© – Lyon est mĂȘme Ă  l’heure (je vous jure, c’est tellement rare que je me sens obligĂ©e de le prĂ©ciser). J’attends quarante minutes Ă  la Part-Dieu et prends mon train Lyon – Valence.

J’arrive Ă  Valence et vois que mon train censĂ© partir une heure plus tard est annoncĂ© Ă  une certaine voie (je ne sais plus laquelle, G ou H je crois). Je me dis « parfait, les planĂštes sont alignĂ©es, tout va bien se passer, je vais mĂȘme pouvoir aller attendre directement sur la voie que mon train arrive ».

PAR-FAIT mesdames et messieurs.

Je me sentais dĂ©jĂ  prĂȘte Ă  vivre un de mes premiers trajets SNCF sans problĂšme. Lol.

Je descends les escaliers avec ma valise de douze tonnes puisque mon ami avait oubliĂ© sa veste en cuir de dix kilos chez moi il y a un mois (et que j’avais emportĂ© un peu trop de paires de chaussures, je l’avoue) et me dirige vers le fond du couloir pour rejoindre la fameuse voie. Quand soudain, je vois que cette voie n’existe pas. Ca s’arrĂȘte une lettre avant.

Je remonte tous les escaliers, me dirige vers l’accueil, me fait engueuler parce que mon masque est trop grand et tombe (est-ce que c’est ma faute si Ă  22 ans j’ai le corps et le tour de tĂȘte d’un enfant de quatre ans ?) et demande, apeurĂ©e (et dĂ©jĂ  dĂ©sespĂ©rĂ©e) oĂč se trouve la voie G (ou H, je ne sais toujours pas). On me rĂ©pond qu’il faut passer par un chemin diffĂ©rent, blabla. Bref, je trouve la voie, mais dĂ©teste au fond de moi l’architecte de cette gare merdique.

Le temps passe et le quai se remplit dangereusement. Je commence Ă  me demander si c’est normal qu’autant de personnes veuillent aller un vendredi Ă  14h dans le Queyras mais bon, cet endroit doit avoir un certain charme que pour le moment je ne connais pas. Plus les minutes s’Ă©coulent et plus je commence Ă  m’inquiĂ©ter quant Ă  la possibilitĂ© de rentrer autant de gens dans un train de quatre wagons, comme le sont normalement les TER.

Quand soudain, au loin, je vois un minuscule train de deux wagons arriver et se rapprocher dangereusement de la voie du train que je vais devoir emprunter. Est-ce une blague ? Ont-ils osĂ© mettre un microscopique train pour tous nous accueillir ? Non, quand mĂȘme pas, le train passe juste, il ne va quand mĂȘme pas s’arrĂȘt……ah ben si. C’Ă©tait bien notre train. J’avais vraiment l’impression que le chef de bord Ă©tait un agriculteur qui poussait pour tenter de rentrer toutes ses vaches dans un camion beaucoup trop petit pour les accueillir.

Bref, j’arrive Ă  Briançon.

Pour rejoindre la maison de mon ami nous devions traverser le col d’Izoard. Sa mĂšre me prĂ©vient que je risque d’ĂȘtre malade mais lol, MOI malade en voiture alors que je roule quatre heures par jour depuis des annĂ©es ? LOOOOOOL…. pas loooool. J’ai effectivement Ă©tĂ© malade mais n’ai rien osĂ© dire jusqu’Ă  l’arrivĂ©e puisque la premiĂšre impression est toujours la bonne et si elle s’avĂ©rait mauvaise, le sĂ©jour risquait d’ĂȘtre long. Bref, si c’Ă©tait le Koh-Lanta de l’amour, on pourrait considĂ©rer que j’ai rĂ©ussi la premiĂšre Ă©preuve.

6

Jour 2 : Rando’ – Rafting

Il faut savoir que j’ai beau ĂȘtre une larve, j’ai un Ă©norme faible pour les sportifs, justement parce qu’ils me motivent Ă  sortir de ma zone de confort (et de mon canapĂ©).

Sauf qu’en gĂ©nĂ©ral, les sportifs que je rencontre s’adaptent Ă  mon niveau (du moins s’adaptent encore plus Ă  mon niveau), alors que cette fois-ci, j’Ă©tais chez un mec qui a jugĂ© bon (et ça l’Ă©tait) de ne pas (trop) Ă©couter mes rĂąlements et de me faire encore plus bouger.

Rando : Je savais que les sportifs avaient beaucoup de qualitĂ©s mais aussi un Ă©norme dĂ©faut : ne pas imaginer que pour les gens normaux comme moi, leurs petites promenades de santĂ© c’est l’Ă©quivalent de l’ascension du Mont-Blanc aprĂšs un marathon.

Le samedi, mon ami me propose d’aller faire une petite promenade de santĂ© avant de manger. Il Ă©tait midi, nous devions ĂȘtre rentrĂ©s Ă  14h pour le rafting de l’aprĂšs-midi, je me suis donc (innocemment) dit que ce serait une petite promenade de quelques kilomĂštres (2-3).

Mdr.

On commence la promenade par une Ă©norme montĂ©e. Je suis pas trĂšs sportive mais un peu quand mĂȘme, du moins assez pour normalement pas ĂȘtre essoufflĂ©e aprĂšs trois minutes Ă  marcher. Le problĂšme c’est que marcher Ă  Grenoble et marcher Ă  la montagne c’est pas du tout pareil. Bref, un enfer.

Le temps passe, mes jambes commencent Ă  ne plus pouvoir avancer et mon ami Ă  vraiment s’Ă©nerver, pensant que j’ai aucune volontĂ©.

14h se rapproche de nous plus vite qu’on se rapproche de la maison. Il juge donc bon de me faire passer par des petits chemins pour couper le vrai chemin qu’on devait emprunter et qui nous ferait arriver en retard. C’est lĂ  que la randonnĂ©e s’est transformĂ©e en escalade.

Echec et mat : il a dĂ» appeler sa mĂšre au milieu pour qu’elle vienne nous chercher. La honte.

Finalement, la 2e impression fut pire que ce qu’aurait pu ĂȘtre la 1re si j’avais vomi dans sa voiture.

Rafting : j’ai peur de tout, mais j’aime dĂ©couvrir des choses donc essaie de me forcer Ă  tout tester. Alors quand mon ami m’a proposĂ© de faire du rafting, j’ai sautĂ© sur l’occasion pour encore une fois me dĂ©passer (mdr). Si j’avais su.

Je suis tombĂ©e dans un groupe de gens qui en faisaient depuis des annĂ©es. A chaque fois que le moniteur disait « bon normalement on fait pas cette descente parce que c’est un peu dangereux mais vu que vous ĂȘtes expĂ©rimentĂ©s on va la faire » je me liquĂ©fiais, mais bon, franchement, j’adorais et me sentais en sĂ©curitĂ©…… jusqu’au moment oĂč le bateau s’est pliĂ© dans une descente et je me suis retrouvĂ©e avec le moniteur qui faisait deux fois mon poids sur le cou. J’ai tout senti craquer et eu tellement mal que je ne peux toujours pas me retourner dans mon lit la nuit alors que c’est en temps normal mon activitĂ© prĂ©fĂ©rĂ©e.

4

Jour 3 : Rando’ numĂ©ro 2 

On apprend de ses erreurs et je pense que le mec chez qui j’Ă©tais a bien appris de ma connerie de la veille. On a donc dĂ©cidĂ© de repartir en randonnĂ©e mais de 1 avec de l’eau, de 2 sans limite de temps pour me permettre de pouvoir m’arrĂȘter et rĂąler autant que je voulais.

Cette randonnĂ©e s’est bizarrement ultra bien passĂ©e. Le seul truc Ă  signaler c’est que j’ai dĂ» la finir avec des Ă©chardes dans les fesses parce que j’avais eu la superbe idĂ©e de m’asseoir cinq (dix, quinze) minutes sur un banc en bois pour me reposer.

3

Jour 4 : Vélo 

Pour ceux qui ont suivi mes aventures pendant le confinement, je dĂ©teste le vĂ©lo mais avais essayĂ© de m’y mettre. Alors quand mon ami m’a proposĂ© de faire un tour de vĂ©lo en montagne, je me suis dit que ça allait ĂȘtre la PIRE idĂ©e du siĂšcle. Finalement, c’Ă©tait la meilleure.

Voyant que mes performances sportives Ă©taient moins Ă©levĂ©es dans la vraie vie que sur Instagram, il m’a proposĂ© de louer (enfin de me faire louer, puisque c’est lui qui a payĂ©) un vĂ©lo Ă©lectrique. Meilleure invention du siĂšcle (ex-aequo avec le Steampod qui a sauvĂ© mes cheveux).

Nous voilà donc parés pour la balade : vélo électrique pour moi, vélo tout court pour lui.

Il me suggĂšre de monter la selle pour ĂȘtre plus Ă  l’aise et avoir la jambe tendue quand je pĂ©dale. Chose suggĂ©rĂ©e, chose rĂ©alisĂ©e. Le problĂšme est que mes pieds touchaient quasiment plus le sol donc difficile pour s’arrĂȘter mais bon quand on est un winner comme nous on s’arrĂȘte jamais donc on s’en fout.

On monte et lui part devant moi car il roule beaucoup plus vite. Je croise un petit groupe de papys sur la route dont un qui me demande si c’est pas trop dur. Je rĂ©ponds, avec un grand sourire, que non tout va bien et LA : je sens mon vĂ©lo partir dans un trou, ma jambe tente de me rattraper mais Ă©tant dans le vide et dĂ©jĂ  trop haute mĂȘme sur du plat, impossible. Mon vĂ©lo me tombe sur la jambe (j’ai encore un Ă©norme bleu, mes parents Ă©taient choquĂ©s) et je me retrouve coincĂ©e sous lui, sur des orties, au-dessus du vide.

J’ai mĂȘme pas osĂ© crier tellement j’avais honte de cette chute due Ă  une unique chose : Ă©tant perturbĂ©e par les paroles du pĂ©pĂ©, j’ai oubliĂ© de tourner.

5

Ce que j’ai aimĂ© :

  • Les paysages
  • Le fromage
  • La gentillesse des gens qui disent tous bonjour quand tu les croises

Ce que j’ai dĂ©testĂ© :

  • Le temps (il y avait un orage par jour et on a dĂ» allumer la cheminĂ©e mi-juillet, hallucinant)
  • Le dĂ©nivelĂ©

Bref, la fille de la mer que je suis a vraiment adorĂ© son sĂ©jour Ă  la montagne et envisage mĂȘme de louer un truc lĂ -bas en aoĂ»t avec ses amis. Comme quoi, tout est possible dans la vie.

Merci.

Audrey

120h en tĂȘte Ă  tĂȘte avec une hypocondriaque

PSAS (= post-scriptum avant le scriptum) : j’ai Ă©crit cet article il y a quelques jours mais j’avais oubliĂ© de le poster, c’est donc pour ça que je me suis retrouvĂ©e Ă  devoir en Ă©crire un Ă  22h un jour alors que je suis normalement une meuf trop organisĂ©e (non).

Confinement, 6e jour.

Ca fait 120h (le 6e jour n’est pas encore passĂ© Ă  l’heure oĂč j’Ă©cris, commencez pas Ă  dire que je sais pas calculer 6 x 24, enfin) (j’ai pris la calculatrice pour faire 5 x 24) (mdr) que je suis en tĂȘte Ă  tĂȘte avec une hypocondriaque, Ă  savoir moi-mĂȘme.

Ces heures avec pour seule compagnie ma propre personne, puisque mes parents bossent et mon frĂšre dort, m’ont permis de rĂ©flĂ©chir, de toute façon je n’ai plus que ça Ă  faire (et retaper les 300 pages de cours en PDF qui viennent d’arriver, mais ça on le laissera de cĂŽtĂ©), sauf que rĂ©flĂ©chir, ben ça me rĂ©ussit pas.

Pour ceux qui ont ratĂ© l’info, je fais beaucoup de crises d’angoisse. Vraiment, je suis une grande stressĂ©e pour tout mais surtout pour rien parce que les situations dans lesquelles les gens normaux stresseraient ne me stressent absolument pas, et c’est d’ailleurs le cas avec le coronavirus.

Il faut savoir que j’ai quand mĂȘme une Ă©norme probabilitĂ© de l’avoir parce que :

1 ➹ Mes deux parents bossent encore, dont mon pùre qui a appris que plusieurs de ses collùgues avaient le coronavirus.

2 ➚ Mon frĂšre est pompier volontaire donc potentiellement au contact des malades et vu qu’il n’y a plus de masques ben voilĂ  quoi.

3 ➚ J’ai eu la grippe H1N1 en 2009 (je crois) (bref y a longtemps) et Ă©tant une hĂŽte de qualitĂ©, je suis sure que j’ai Ă©tĂ© notĂ©e 5/5 sur le TripAdvisor des microbes, donc que le coronavirus va tout faire pour arriver dans mon corps.

Mais bizarrement, malgrĂ© tout ça, je ne me sens pas du tout angoissĂ©e pour ma propre personne. Le seul truc qui me ferait un peu chier, pour ĂȘtre honnĂȘte, c’est que si je meurs demain, personne ne pourra venir dire Ă  mon enterrement Ă  quel point j’Ă©tais la meuf la plus marrante de son rĂ©pertoire / j’aurais passĂ© les derniĂšres heures de ma vie Ă  tenter de comprendre un cours de droit des sĂ»retĂ©s Ă  trous. Mais bon, on choisit pas hein.

Par contre s’il y a un truc qui m’angoisse c’est que les gens autour de moi l’aient. Mon cousin est Ă  risques, mes quatre grands-parents aussi dont deux +++++++. Mais ce qui m’angoisse le plus, je dirais mĂȘme ce qui me TEND, c’est que personne autour de moi ne semble capter les dangers de cette maladie qui peut en tuer.

Je vois passer de ces trucs sur les rĂ©seaux sociaux, Ă  tel point que je me dis que peut-ĂȘtre que mĂȘme en sortant bronzer sur la plage ou en faisant des apĂ©ros en groupe, ils Ă©chapperont au coronavirus, mais la connerie, elle, les a visiblement dĂ©jĂ  frappĂ©s.

Je trouve ça assez fou le problĂšme avec l’autoritĂ© que certains ont, mĂȘme quand c’est pour le bien de la sociĂ©tĂ©, mĂȘme quand c’est pour leur bien.

Oui ok moi aussi ça me soule d’ĂȘtre bloquĂ©e chez moi. Moi aussi j’ai envie de parcourir la ville alors que tous les Ă©tĂ©s je les passe enfermĂ©e dans ma chambre au lieu d’aller profiter du soleil. Moi aussi j’en ai marre d’avoir toutes mes journĂ©es disponibles pour jouer au Sims alors que je me plaignais de pas avoir le temps de l’ouvrir avant. Moi aussi j’ai envie de faire tout ce qu’on m’interdit de faire. MOI AUSSI. Et puis je pense que tatie Jacqueline qui elle reste enfermĂ©e dans son 30m2 avec ses deux chiots qui lui rĂ©clament d’aller se promener pour pisser en rĂȘve aussi. Mais est-ce qu’elle le fait ? Non.

Hier j’ai vu passer sur Twitter que la Chine Ă©tait restĂ©e confinĂ©e plus de 50 jours avant que le virus ne disparaisse. 50 jours vraiment confinĂ©e (Ă  ne pas pouvoir cocher sur une petite feuille que tu pratiques une activitĂ© sportive alors que toi-mĂȘme tu sais qu’avant le confinement la derniĂšre fois que tu avais fait du sport c’Ă©tait en 2004 pour ton Ă©preuve d’EPS au bac). A cette allure, je me dis que sĂ»rement qu’on y sera encore dans six mois.

Je comprends que vous ayez peur de l’aprĂšs confinement, quand je n’Ă©crirai plus que deux articles par semaine (si j’ai le temps), mais les gars, restez chez vous si vous voulez avoir le droit de sortir avant neuf mois.

Courage,

Audrey