La défaite des Bleus ou comment tester son couple en conditions réelles

D’une petite soirée romantique à une (trop) grande soirée rythmée par un match de 90 minutes + 30 minutes de prolongations + tirs au but : bienvenue dans mon calvaire d’hier.

Hellloooo,

On est le 29 juin. La France se réveille les yeux encore mouillés à cause de la défaite d’hier contre ceux qu’elle se pensait sure de gagner et de mon côté je me réveille les yeux encore mouillés à cause de ma soirée romantique qui est tombée à l’eau après cette même défaite d’hier contre ceux qu’on se pensait surs de gagner. Bref, c’est la merde.

Hier j’ai passé la soirée avec mon copain.

Comme j’étais rentrée chez mes parents et qu’on n’était pas ensemble depuis assez longtemps pour qu’il bouge ses fesses pour m’accompagner à l’anniversaire de mon frère ce week-end, je ne l’avais pas vu depuis vendredi et avais donc proposé qu’on passe une soirée tous les deux ce lundi en me disant que les 90 minutes de match ne seraient qu’un sale moment à passer avant de pouvoir le retrouver. Si j’avais su.

Je me suis mise sur mon 31 : petit appart (presque) rangé, 40 minutes passées à lui cuisiner des petits feuilletés et télé prête à être allumée : TOUT était parfait.

Les quinze premières minutes ça allait. Personne n’avait marqué de but, ce qui permettait à tous les Français d’avoir encore la certitude de battre nos voisins Suisses. Quand soudain, bien tranquillement allongée dans mon lit en train de somnoler dans l’attente que le match soit enfin fini, j’entends le commentateur hurler de rage et de désespoir : la Suisse venait de marquer.

Bon allez un petit but pour la route : on leur laisse, c’est cadeau. Puis de toute façon j’avais parié sur 3-1 pour la France donc fallait bien que le « 1 » arrive à un moment ou à un autre. Mais bon, là c’était quand même un peu tôt quoi.

Le temps passe, les buts se font rare, la première mi-temps se termine, l’angoisse monte mais bon y a pire dans la vie (genre le temps d’attente avant que mon copain m’autorise à manger le dessert -trop bon- qu’il avait rapporté).

Mes ex beaux-parents m’appellent, je quitte le lit pour aller dans le couloir et là : 1 but, 2 buts, 3 buts, plus rien n’arrête nos Bleus d’amour. Quel beau match. Je me dis allez plus qu’un quart d’heure de match à supporter. Mon copain me rassure en me disant limite que là c’est bon on peut éteindre la télé de toute façon on est surs de gagner.

Quand soudain, c’est le drame : 1 but, 2 buts de la Suisse, égalité à cinq minutes de la fin. Je commence à me dire que mettre un but en cinq minutes ça va être difficile pour la France mais bon les Suisses en ont bien marqué deux en 10 minutes donc pourquoi pas.

Le temps passe, le temps réglementaire touche à sa fin et pas sure que le temps additionnel suffise pour rattraper les choses parce que pour une fois les joueurs n’ont pas passé trop de temps à se rouler par terre en simulant une blessure.

Les prolongations se profilent à l’horizon, je commence à déprimer, l’arbitre siffle, je termine de déprimer : c’est parti pour trente minutes supplémentaires. Mais bon, c’est quoi trente minutes dans une vie et dans une soirée. Allez, une demi-heure et c’est terminé.

Les trente minutes passent. J’ai le temps de me faire une deux trois tasses de thé et de caler douze fois « punaise mais ils savent pas jouer » (fun fact : mon prof du lycée a marqué sur mon bulletin scolaire pour le trimestre de volley « difficile de progresser quand on a peur du ballon », mdr) mais voilà que la partie n’est pas terminée puisqu’aucune équipe n’a marqué. :))))))

Tirs aux buts are coming : mon copain m’explique que voilà ils en tirent d’abord cinq mais que ça peut s’arrêter assez vite car si une équipe en marque 3 et l’autre 0 ça s’arrête sans attendre la fin des trois. L’espoir grandit mais s’éloigne assez rapidement quand je vois que les 9 premiers tirs sont réussis.

En tant que bonne petite Française fière de son pays je me dis que c’est IMPOSSIBLE de se faire battre par la Suisse quand on est champions du monde (bah ouais quoi) donc je sais que le petit Kylian va marquer et que les tirs vont continuer. Et ben non.

Fin de l’histoire et du match : la France a perdu. Mon copain a déprimé toute la soirée et moi qui devais partir en week-end vers la Suisse dans quinze jours, je ne suis plus sure d’avoir très envie d’y aller (le seum, vous connaissez).

Bref par contre, je crois que j’ai un peu été piquée à la folie footballistique et suis actuellement en train de regarder le match Suède – Ukraine alors que je suis seule chez moi et pourrais donc décider de faire autre chose de plus intéressant (genre réviser les 80 pages du cours sur lequel porte mon partiel de vendredi.

Allez, A+ pour la coupe du monde.

Audrey

Mon périple chez le cardiologue

Saluuuuuut,

Pour ceux qui sont pas au courant (= personne puisque je le dis dix fois par jour mais c’est la politesse de le rappeler) : je suis épileptique. Sauf qu’après trois mois de rendez-vous médicaux chez les plus grands spécialistes de cette Terre (et c’est pas fini), ben on a toujours pas trouvé ce que j’avais, mais on continue à chercher.

Quand je suis allée chez ma neurologue il y a un mois, elle m’a demandé de passer assez rapidement (mais pas trop pour pas m’inquiéter) des examens chez un cardiologue pour vérifier, au cas où (ce « au cas où » je l’entends beaucoup trop de fois depuis six mois).

Mon emploi du temps de ministre m’empêchant de prendre un rendez-vous avant, j’ai dû attendre lundi pour me rendre chez mon merveilleux cardiologue. Sauf que tout ne s’est pas passé comme prévu.

Je ne suis jamais allée voir un cardiologue donc je ne savais pas trop comment choisir celui qui allait devenir le mien. J’ai alors scruté Doctolib à la recherche du cardiologue qui au-delà de vérifier mon coeur allait surtout pouvoir le conquérir. Etant une fille superficielle comme personne, je me suis bien sûr tournée vers le plus beau de Doctolib. Et j’ai pas été déçue.

Le plus beau de Doctolib était situé à deux arrêts de métro de chez moi, le cabinet semblait magnifique (tu m’étonnes) et en plus de ça il avait un rendez-vous à 18h soit après la fin des cours. Tout semblait donc parfait. Le seul hic est qu’il était en dépassements d’honoraires mais bon c’est le prix à payer pour trouver l’amour et ça allait me faire économiser un abonnement à Meetic donc ok c’est parti, rendez-vous pris pour ce lundi 17 mai à 18h.

Je pars de chez moi à 17h30 car je déteste être en retard. Je regarde le trajet sur Google map et là je me rends compte que c’est hyper bizarre parce que le cabinet semble très proche du stade Jean Bouin, maison du XV de France de rugby. Je me dis lol c’est trop rigolo au moins ça sera facile à retrouver, lol.

Pas trop lol en fait parce qu’arrivée devant le cabinet je me rends compte qu’au-delà être « à côté du stade Jean Bouin », le cabinet est DANS le stade Jean Bouin. Je me dis bon ben ok peut-être qu’ils ont trouvé ça marrant de pouvoir faire leurs consultations au rythme des applaudissements des supporters (quand les stades étaient encore ouverts) (sujet sensible).

Je rentre dans le cabinet, tombe sur une secrétaire archi gentille qui me demande de compléter une feuille de renseignements comme c’est mon premier rendez-vous. Je remplis la première case, la deuxième, la douzième quand soudain j’arrive à une question qui me perturbe « citez les sports pratiqués ».

Je commence à paniquer parce que comme j’ai dit sur Snapchat je me suis dit, je cite (oui je m’auto cite), : « ouais euh je cours trois fois par semaine, je nageais deux fois mais les piscines sont fermées et je suis pas montée sur un vélo depuis que j’ai failli mourir en chutant cet été ». Bon j’écris « course à pied » parce qu’il faut bien mettre un truc et on verra comment ça va se passer (mal).

Je pars m’installer dans la salle d’attente en passant devant des bureaux inscrits « kinésithérapeute du sport », « médecin du sport ». Je me sens vraiment pas à ma place et vais encore moins m’y sentir quand le mec à côté de moi qui m’avait rassurée quand j’avais vu qu’il n’avait pas vraiment un physique de sportif dit à son amie qu’il espère que le cardiologue va lui donner directement un certificat médical pour le marathon qu’il prépare sans l’obliger à revenir le consulter plus tard.

Le temps passe, je me rends de plus en plus compte qu’en plus de ne pas être à ma place je suis complètement dans la merde quand mon cardiologue va découvrir que j’ai un cardio de fille de 80 piges (non je rigole Garmin a dit que j’avais 20 ans en âge cardiaque, soyez pas jaloux) alors qu’il voit passer des sportifs de haut niveau tous les jours.

Le cardiologue est en retard, suffisamment en retard pour que mon stress devienne de plus en plus difficile à supporter et que mon rythme cardiaque augmente plus qu’il ne devrait. Je sens qu’il bat de plus en plus vite, même ma séance de course à pied d’une heure et demie avant ne m’avait pas autant stimulée au niveau cardiaque.

Tant de questions ont le temps de filer dans ma tête : comment lui expliquer que je me suis trompée en prenant le rendez-vous et que je ne suis pas du tout sportive ? Que va-t-il penser de moi quand il va découvrir que je suis une pigeonne de 23 ans qui n’a pas compris ce que voulait dire « Institut médical SPORT santé » (c’est le nom du cabinet donc j’aurais pu me douter de la suite de l’histoire mais je m’étais dit que dans SPORT santé il y avait santé donc que le sport n’était qu’une partie du délire) (grave erreur) ? Vais-je vraiment faire une tachycardie par angoisse du rendez-vous chez le cardiologue ? Est-ce donc mon heure ?

Bref, le cardiologue arrive. Il est aussi beau que sur Doctolib mais j’espère surtout qu’il est gentil et compréhensif. Je le regarde avant même de m’asseoir, et lui dit « vous êtes uniquement cardiologue du sport ? Non parce que je cours mais je suis pas Usain Bolt quoi ». Il rit (bon public en plus d’être mignon, je valide je valide) et me dit « la médecine du sport est une spécialité mais je reste avant tout cardiologue ». Ouf, moi être rassurée.

On s’assied. Il commence à me demander mon problème. Je lui explique. Il me dit qu’on va examiner mon coeur (oui, je suis là pour ça Monsieur) blablabla.

J’avais prévu le coup et mis un soutien-gorge (ce qui arrive trois fois par an, celle-ci en fait donc partie) car je me doutais bien qu’il allait pas examiner mon coeur au-dessus de mon débardeur (j’avais pourtant choisi le plus beau). Problème : j’ai quand même dû finir à moitié à poil parce qu’il avait besoin de m’examiner pile sous le sein (on me dit dans l’oreillette et surtout dans les commentaires que c’est pile la place du coeur) (j’ai pas fait un bac S, doucement). Bref, je m’en fiche, ma famille a un appart au Cap d’Agde donc la nudité on connait (ou pas).

Il m’examine etc et me dit que tout va bien dans le meilleur des mondes. Il dit même que j’ai un coeur de sportive avec des battements très lents. Je me sens archi fraiche jusqu’au moment où je me souviens que j’ai recommencé la course à pied il y a cinq semaines et que la première fois j’ai couru 400 mètres et craché mes poumons si forts que tous les gens autour de moi pensaient que j’allais faire bondir les chiffres de la covid.

Il faut savoir que ma neurologue m’avait fortement déconseillé de reprendre la course à pied avant quelques mois à cause de l’épilepsie. Je l’avais écoutée au début mais honnêtement ça me soulait de voir mon niveau diminuer (le truc des 400 mètres c’est une exagération évidemment mais j’étais dans le mal quand même) donc j’avais recommencé.

Je m’attendais à me faire dégommer par mon cardiologue en lui disant que j’avais recommencé à courir. J’aurais pu me taire sur le sujet mais autant que son statut de médecin du sport soit utile alors j’ai avoué ce péché mortel, déjà prête à esquiver ses coups. Sa réaction fut tout le contraire de celle que mon cerveau avait déjà eu le temps d’imaginer : il m’a dit que c’était extrêmement bien et m’a même proposé un test VMA pour m’améliorer en course à pied (??????????????). Donc en gros vous êtes en train de me dire que ma neurologue m’interdit la course à pied pendant que vous me proposez de passer un test où il faut courir le plus vite possible pendant six minutes ? Oui, il était en train de me dire ça.

Je suis repartie des étoiles dans les yeux (et des traces de colle de l’électrocardiogramme sur le torse), prête à vivre ma nouvelle vie de fille avec une maladie dont les seuls désagréments aujourd’hui sont la prise quotidienne de médicaments qui me font partir dans un autre monde pendant 20-25 minutes. Mais bon, après tout y en a bien qui PAIENT de la drogue pour avoir les mêmes effets…

Merci la vie (et merci le super cardiologue trop beau de Doctolib).

Bises la compagnie,

Audrey

Résidence Streamline Boulogne-Billancourt – Suitetudes

Pire que des années de droit, pire qu’une rando interminable dans le Queyras, pire que la sélection en master 2 de droit, j’ai nommé : TROUVER UN APPART A PARIS.

Salut tout le monde,

Il y a maintenant neuf mois j’ai appris que j’allais quitter mon Grenoble d’amour pour partir dans la capitale. Ma première pensée (après « wouaaaa je vais enfin pouvoir voir la Tour Eiffel touuuuus les jours ») ça a été : « mais comment je vais trouver un appart ? ». Et là, envoyé par les étoiles, le groupe SuitEtudes propriétaire de plusieurs résidences étudiantes partout en France m’a suivie sur Insta.

J’ai commencé à parler avec le community manager qui était hyper drôle, très gentil et disponible même à 22h un week-end, ce qui a largement suffi à me convaincre d’envoyer mon dossier (je suis une fille facile, il faut l’avouer).

La résidence n’était pas encore construite quand j’ai signé et j’ai un peu flippé parce que vu les photos de l’appartement témoin qui était absolument divin, je me suis dit qu’il y avait peut-être un petit truc caché derrière. Je me suis donc tapé un aller-retour dans la journée sur Paris pour m’assurer que la résidence existait bien (spoiler : c’était le cas).

Mon bail a commencé fin juillet mais je m’y suis installée que mi août.

Les premiers jours étaient dingues : l’appartement était tout propre (neuf), le mobilier était d’une qualité jamais vue (on s’y est mis à TROIS lors de mon emménagement pour arriver à déplacer le lit tellement il était lourd et qui dit lourd dit de bonne qualité) (enfin j’en sais rien mais après neuf mois je peux confirmer qu’il est de bonne qualité) et la décoration était tellement belle que j’ai même pas su quoi changer pour assouvir mon besoin de toujours tout décorer.

Après quelques nuits là-bas en août, j’ai dû retourner chez mes parents pour reprendre mon boulot d’été et ne m’y suis donc réellement installée qu’en septembre dernier.

POINTS FORTS

La beauté du lieu : de dehors, ça paie pas de mine. Certains de mes amis arrivant chez moi m’ont même demandé si je n’avais trouvé que cette solution de les emmener chez moi pour leur annoncer que j’étais internée en hôpital psychiatrique.

Bon, je suis pas trop d’accord mais tellement de gens me l’ont dit que j’ai fini par conclure que j’étais peut-être juste trop amoureuse de cette résidence pour être objective.

De toute façon, je viens du sud (askip Lyon c’est le sud pour les Parisiens) donc vous vous doutez que mon corps n’est pas habitué à de telles températures et que je vois la façade environ vingt secondes par jour, le temps de courir pour rentrer me réchauffer chez moi quoi.

En revanche, l’intérieur met tout le monde d’accord : décors en accord avec les tendances du moment, locaux propres à n’importe quelle heure du jour et de la nuit (sauf quand mes voisins font des bêtises à 2h du matin, évidemment) et deux ascenseurs quand on a la flemme de monter cinq étages à pied (à chaque fois dans mon cas).

Moi qui ai vécu cinq ans dans les résidences de leurs concurrents et qui n’étais pas satisfaite (petit rappel : j’ai passé plusieurs mois sans électricité sans que personne ne se bouge l’année dernière), je regrette de ne pas avoir connu ce groupe plus tôt pour enfin vivre une vie étudiante digne de ce nom.

Les appartements : je vis dans un 18m2. Il me semble qu’il y a différentes tailles mais je ne suis pas sure et ne suis jamais rentrée dans leurs appartements plus grands.

Photo de la cuisine quand je suis arrivée (approximativement le seul moment où elle a été rangée)

C’est un meublé : cuisine à la pointe de la technologie (les gars, y a des plaques induction et une hotte aspirante pour camoufler les odeurs de poisson quand je le fais brûler soit à peu près tous les jours, comment c’est possible????), bureau d’aussi bonne qualité que le lit (et tout aussi impossible à déplacer pendant le déménagement), volets électriques sur ma fenêtre et mon velux ce qui est très arrangeant vu mon absence de muscles aux bras et…… miroirs de partout pour assouvir mon besoin de prendre des photos pour Insta.

Miroir de la salle d’eau
Miroir de la pièce

Jardin et parking : la résidence dispose d’un jardin qui en fait le tour. Un. Jar. Din. Un jardin à dix minutes de Paris ? Vous m’entendez bien ?

Ce qui paraissait anecdotique pour la campagnarde que je suis qui a vécu vingt-et-un ans entourée de verdure et qui rêvait de connaitre le bonheur de respirer l’air de la ville est devenu vital quand Macron a annoncé un énième confinement. Je réalise aujourd’hui la chance que j’ai de pouvoir sortir prendre l’air quand je veux pendant que des milliers de Parisiens sont enfermés chez eux sans possibilité de s’aérer une fois 19h passées.

La résidence propose aussi de louer des places de parking, une bénédiction quand on sait à quel point c’est difficile de se garer là-bas.

Un bout du jardin
Un autre bout du jardin

Un prix tout compris : eau, électricité, internet, tout est compris dans le prix que vous payez. C’est un avantage pour certains, un inconvénient pour d’autres dont moi qui ai décidé de ne plus chauffer mon appartement par souci de protection de l’environnement et qui ai dû acheter une autre box car le serveur de mon entreprise refusait de se connecter au WiFi (problème qui n’a donc rien à voir avec SuitEtudes, je suis restée plusieurs mois sur le WiFi de la résidence avant d’être en télétravail et j’avais rien de négatif à signaler). Mais je trouve ça vraiment bien de savoir que quoi qu’il se passe, on n’aura pas cent euros de charges à rattraper en fin d’année.

Une laverie dans la résidence : avec machine à laver ET sèche-linge. J’avais pas réalisé à quel point ça changeait la vie de ne pas devoir marcher dans tout Paris avec ses culottes sales. Moyennant quelques euros (trois, je crois), vous pouvez ressortir avec des vêtements tout propres en ayant fait que descendre au rez-de-chaussée (ceci n’est même pas nécessaire si vous vivez DEJA au rez-de chaussée). La belle vie, non ?

La création d’une communauté : en ces temps difficiles où notre vie sociale se résume à parler au caissier de l’hypermarché (d’ailleurs il y a un Intermarché à environ dix mètres de la résidence, on aligne les bons points là), habiter dans une résidence composée uniquement de jeunes de notre âge est vraiment une chance.

Même si on n’a pas trop le droit, je dois vous avouer que nos soirées se résument à aller chez les uns ou chez les autres (voire même chez les uns ET chez les autres quand la soirée se finit vraiment très tard) et ça c’est incroyable.

Il y a un groupe WhatsApp qui nous permet de mieux nous connaitre, de nous rendre des services (et de râler quand l’un de nous fait trop de bruit à la soirée qu’il a organisée sans nous inviter).

D’ailleurs au niveau du bruit, soit je suis sourde soit c’est ultra bien isolé soit mes voisins n’ont pas d’amis mais je n’entends jamais rien.

Des gestionnaires de résidence beaucoup trop gentilles : dès qu’on a besoin d’un service, on peut descendre dans leur bureau. C’est très rassurant pour un bébé comme moi qui s’inquiète encore de devoir être loin de papa et maman.

POINTS NEGATIFS

J’en vois qu’un aujourd’hui : la salle d’eau. La seule explication c’est qu’il n’y avait plus de budget mais c’est vrai que quand on passe d’une pièce à vivre cinq étoiles à une salle d’eau sans placards et sans porte de douche (team rideaux), ça fait un choc.

Aujourd’hui je m’en suis accommodée (et je crois qu’ils ont installé des portes au rez-de-chaussée donc peut-être qu’on y aura le droit un jour) et j’ai pu mettre mes propres placards mais c’est vrai que même si les piscines municipales sont fermées, je suis un peu désespérée à l’idée de pouvoir me baigner sur le sol de ma salle de bains après chaque douche.

En bref, je vis ma meilleure vie dans mon petit appart et j’ai dû être la seule personne heureuse de pouvoir y rester 24h/24 quand le 3e confinement a été annoncé.

Je recommande à 200% à tous les futurs nouveaux étudiants qui cherchent un endroit où se loger.

Si vous avez besoin de plus d’informations que celles déjà données, je reste disponible par mail (audrey_vaan@outlook.fr) et vous trouverez leur site (qui lui aussi est trop bien fait) en cliquant ici et ici pour voir leur Instagram et participer à leurs prochains concours.

A bientôt,

Audrey

J’ai survécu à une IRM

Hellloooo,

Ca y est, la nouvelle est tombée : ON EST RECONFINES.

Je n’ai pas pu rentrer chez mes parents comme les premières fois car j’ai passé une IRM très importante à Paris hier matin mais surtout parce que, contrairement aux premiers confinements, les cours ne s’arrêtent pas et je suis donc en présentiel le lundi, le mardi et un mercredi après-midi sur deux, voire le samedi aussi si La Sorbonne suit le moov et passe en présentiel également (y a zéro chance mais bon).

Je vais donc passer mon premier confinement solo à Paris dans mon mini studio mais franchement, je suis limite ultra excitée à l’idée de pouvoir me recentrer sur moi-même (et sur ma dose de travail inimaginable ahahaha).

Bref. Hier j’avais une IRM.

Laissez-moi vous conter mon périple.

Le trajet

Je me suis dit jeudi en apprenant la nouvelle que j’allais transformer l’essai et faire de ce confinement un moment in-cro-yable. Vraiment, j’étais pleine de bonnes intentions….

Puis je me suis levée hier matin, ai découvert la nouvelle attestation et ses QUINZE motifs de sortie (dont celui qui te permet de sortir dans un rayon de 10, 30 ou 50km -on comprend pas trop- sans limitation de durée et sans motif à donner mais en ayant quand même une raison parce qu’on est censés pas pouvoir sortir mais vu qu’on déprime quand on peut pas sortir ben le gouvernement nous permet quand même de sortir, mais vous comprenez, faut pas trop sortir parce que le virus se propage, HEIIIIIIIIIIIIN mais votre attestation elle est encore plus compliquée à comprendre que mon cours d’entreprises en difficulté là) (j’ai un partiel dans 6h) (oui, un dimanche) mais ai surtout découvert que, contrairement aux premières fois, le gouvernement n’avait pas mis à disposition une attestation modifiable directement sur téléphone.

Problème : il était 10h du matin, je devais partir une heure plus tard et n’avais aucune solution puisque j’ai beau avoir une imprimante énorme qui me prend la moitié de mon appart, je n’ai jamais réussi à la brancher à mon ordinateur. Son utilité est donc proche (très proche) de zéro. Bref, je trouve une amie gentille qui m’en imprime une dizaine pour que j’en aie d’avance pour les prochaines fois et hop me voilà en route pour mon IRM (j’apprenais deux heures après ces impressions qu’en fait l’Etat avait décidé d’annuler les attestations qui étaient trop compliquées à comprendre) (pensez aux arbres qu’on coupe pour imprimer vos papiers svp).

La clinique

45 minutes de métro à lire, hilare, les tweets de gens se moquant des nouvelles règles du confinement (genre avoir le droit de sortir à 10km pour se promener en temps normal mais 1 seul km si tu promènes un chien et 30km si tu vas faire tes courses mais 50km dans je ne sais plus quel cas, enfin bref, c’était sûrement très clair dans la tête de celui qui l’a créée, mais beaucoup moins dans la nôtre) avant d’arriver enfin au lieu de mon rendez-vous et de débarquer dans une clinique digne d’un palace (à 100 euros de dépassement d’honoraires, encore heureux) prête à enfin avoir la réponse de si j’ai, ou non, un cancer (spoiler : non).

Je donne mon ordonnance pour être remboursée par la sécu, ma carte vitale toujours pour la même raison. La secrétaire médicale me précise que les dépassements d’honoraires ne seront remboursés que si ma mutuelle le prévoit expressément mais vu que j’ai rien compris au contrat de mutuelle que j’ai signé et que de toute façon ils me doivent déjà une centaine d’euros qu’ils n’ont pas remboursés pour je ne sais quelle raison, je suppose qu’ils ne le seront pas.

Je commence à imaginer tout ce que j’aurais pu faire avec ces 100 euros (genre agrandir ma collection de chaussures), puis je me souviens que je n’ai déjà plus de place dans mon appartement donc que c’est peut-être un mal pour un bien mais au final je commence à angoisser parce que j’ai déjà perdu 150 euros de salaire pour le mois à cause de mon arrêt de trois jours. Mais bon, les pâtes c’est mon plat préféré donc être pauvre sera juste une excuse pour en manger TOUS-LES-JOURS.

Enfin bref, c’est le bordel dans ma tête, mais visiblement moins que sur le bureau de la secrétaire qui me dit « je ne sais pas où j’ai mis l’ordonnance que vous m’avez donnée ». Je lui dis « vous inquiétez pas, j’en ai une 2e » (la première prescrite par l’hôpital en décembre que je n’ai jamais faite parce que flemme et que je pensais que ma crise était due à la fatigue, la deuxième prescrite par mon médecin en mars car il avait compris que non ma crise n’était pas que due à la fatigue). Je lui donne, elle retrouve la première, je la reprends et pars m’installer dans la salle d’attente dont l’existence n’a à peu près aucune utilité puisque je n’ai pas eu le temps d’attendre qu’une petite dame vient me dire « mademoiselle *insérer mon nom*, suivez-moi ».

L’examen

Je ne comprends pas trop ce qu’il vient de se passer : un médecin à l’heure ? Je ? Bref. Ca c’est quand même un sujet à aborder : j’ai beaucoup de respect pour les médecins qui font le plus beau métier du monde à mes yeux mais je ne comprends pas comment au bout de 30 ans de carrière à être systématiquement en retard tu peux ne pas comprendre qu’il faut juste augmenter le temps de consultation et prendre un rdv toutes les 20 minutes au lieu de toutes les 10 quoi. Bref, le médecin est à l’heure. C’est dingue.

Je suis un peu déçue parce que j’avais choisi le médecin sur Doctolib uniquement parce qu’il était mignon (et que c’était le seul à avoir un rdv dispo avant le 3 février 2045) sauf que là ben je me rends compte qu’en fait le médecin je vais pas le voir mais je vais seulement voir une manipulatrice radio. Mais bon, elle est dynamique, rigolote et super gentille donc ça passe.

Elle m’explique comment ça va se passer, me demande si j’ai déjà fait une IRM, je lui dis que oui mais que j’ai déjà du mal à me souvenir de ce que j’ai mangé hier donc bon (non en vrai ce truc est tellement traumatisant que oui je m’en souviens). Elle me met dans un tube, me dit qu’il y a un miroir pour regarder l’extérieur mais que je peux aussi fermer les yeux, tant que je ne BOUGE PAS (retenez ça pour la suite) et que ça va durer une dizaine de minutes.

Il faut savoir que trois jours avant une dame m’a appelée pour m’annoncer premièrement le prix (350 euros, mdr, MDRRRRRRRRRRRRRRRR) mais surtout pour me dire qu’il fallait absolument que j’aille acheter une seringue (au mot seringue mes yeux ont commencé à couler) (je suis phobique des choses qui piquent) qui contient un liquide pour mieux voir mon cerveau. Problème : elle me l’a envoyée par mail et j’étais donc censée l’imprimer pour aller à la pharmacie sauf que, pour rappel si votre mémoire est aussi performante que la mienne : JE N’AI PAS D’IMPRIMANTE.

Je préviens toute la Terre, ma mère m’envoie l’ordonnance imprimée dans l’espoir qu’elle arrive avant samedi mais surtout dans l’espoir que je puisse aller à la pharmacie puisque je bosse du lundi au vendredi en finissant parfois bien après 18h, heure du couvre-feu, et qu’y aller le samedi matin juste avant l’examen c’est trop dangereux dans l’hypothèse où la pharmacie devrait commander le produit.

Je m’arrange avec un ami qui l’imprime chez lui et me rapporte la feuille le mercredi aprem en cours (il s’est avéré par la suite qu’il a été testé au positif à la covid et donc que j’ai touché une feuille pleine de viruuuuuuus, mais il m’a sauvé la vie). Je vais à la pharmacie le mercredi soir, ils ont la seringue, tout va bien. Je la dépose dans ma salle de bains et passe devant pendant trois jours en appréhendant le moment où sa place allait devenir dans mon bras et non plus sur mon meuble de salle de bains bien en évidence pour ne pas l’oublier le jour J.

Sauf que là, je me trouve dans le tube de l’IRM sans piqure dans le bras. Evidemment je ne suis pas maso et ne vais pas leur dire « hey vous avez pas oublié un petit truc là ? ».

Je me retrouve dans la machine, la tête bloquée, un miroir au-dessus de la tronche mais surtout commençant à avoir des vertiges. Je ne suis pas claustrophobe, ma peur de l’ascenseur est due au fait que j’aie fait la Tour de la Terreur à Disneyland, pas au fait que j’aie peur d’être enfermée, donc normalement tout aurait dû bien aller. D’autant plus que j’avais déjà fait une IRM.

Mais là je me sentais vraiment pas bien, je commençais à avoir des vertiges, à voir flou, à sentir mon bras trembler, des symptômes qui me rappellent vachement ceux………………………… d’une crise d’épilepsie. Le problème est que pour ceux qui ont déjà vu une crise en direct, quand on convulse on bouge dans tous les sens sauf que là si je bougeais sans me contrôler j’allais me faire très très mal. Je commence à me rassurer en me disant qu’au moins si je fais une crise ben ils verront ce qu’il se passe dans mon cerveau. Je me calme, faisant des exercices de méditation sans bouger que m’a appris mon ex copain en janvier quand il a vu que j’étais stressée. Les vertiges passent mais je commence à angoisser car je vois dans le miroir la dame ainsi que le médecin (enfin) qui parlent en regardant l’ordinateur sur lequel passent les images de mon cerveau et en montrant un truc du doigt. Une tumeur ?

Je ferme les yeux, c’est peut-être mieux.

Les résultats

Le temps passe, la dame vient me chercher et je commence à paniquer en lui disant « est-ce que vous pouvez me dire si j’ai un cancer s’il vous plait ? ». Elle me dit qu’il faut attendre le médecin, qu’elle n’a pas le droit de me parler de ça avant. Je….. Je…..

Le médecin qui a tout entendu dans son bureau vient me voir pour me rassurer en me disant que non je n’ai pas de cancer et que pour lui je ne suis même pas épileptique car rien dans mon cerveau ne montre une épilepsie donc qu’il pense que ce sont que des crises convulsives dues au stress mais que je dois faire un électroencéphalogramme pour le confirmer. Je lui dis que j’en ai déjà fait un qui montre que je suis épileptique. Il me dit qu’il ne comprend pas. Je lui dis que moi non plus.

Il me demande si j’ai déjà eu un coup violent sur la tête. Je lui dis que oui, en juillet dernier (pour rappel, quand je suis partie dans le Queyras je me suis pris la gamelle de ma vie en vélo et surtout le moniteur sur la tête en rafting) (c’est bon la douleur est passée, vous avez le droit d’en rire). Il me dit que ça peut être dû à ça mais que si c’est le cas il n’y a plus rien à faire car je n’ai pas de saignements dans le cerveau donc rien à réparer qui pourrait éloigner les crises. Conclusion : mon épilepsie ne pourra jamais être soignée si c’est ça (youpi).

Dix minutes après, le médecin (qui était encore plus beau qu’en photo) m’a tendu le DVD de la vidéo de mon cerveau, donné le compte-rendu et surtout rendu la seringue que je dois garder au chaud « au cas où il faille refaire un examen plus poussé ». Elle est donc, depuis hier après-midi, posée au même endroit sur mon meuble de salle de bains et à chaque fois que je passe devant je prie pour qu’elle n’en bouge jamais.

Quelle aventure.

Merci pour tout.

Bonne journée confinés (ou pas),

Audrey

Epilepsie : et maintenant ?

8 mars : épilepsie J+7

Il y a une semaine j’allais vivre un des pires jours de mon existence. Le cœur qui s’emballe, la sensation de partir puis le trou noir et le réveil quelques minutes plus tard au téléphone avec mon père à savoir que j’avais fait une crise uniquement car lui le suggérait, mes souvenirs de ce qui venait de se passer se résumant au néant et à cette perte de mémoire qui me faisait ne même pas reconnaitre la vue par ma fenêtre (ok je vis les volets fermés mais bon faut pas abuser).

Puis l’appel aux pompiers, le mec du SAMU qui me voyait si paniquée qu’il arrivait à lui-même stresser ce qui, comme vous vous en doutez, n’arrangeait rien à ce que je ressentais. L’arrivée aux urgences, le passage en priorité, avant tous ces gens qui attendent depuis des heures, qui te fait comprendre que pour une fois tu t’inquiètes peut-être pas pour rien (spoiler : en fait si). 

La mise dans un box, la seconde crise toujours avec aucun souvenir et juste des « mais mademoiselle vous venez de tomber du lit, on remet les barrières » je viens de tomber du….. hein ? Mais comment c’est possible que je sois tombée, me sois assommée comme jamais (cf : mon putain de bleu sur l’œil qui part pas) et ai été remise sur le lit sans en avoir AUCUN souvenir ? C’est là que tu te rends compte que l’intégralité de ta vie repose sur ce que ton cerveau veut bien retenir puisque j’ai beau avoir vécu physiquement cette scène, émotionnellement et intellectuellement je la ressens comme si j’écoutais l’histoire de quelqu’un d’autre. Très étrange. Une expérience de plus vécue dans ma petite vie hein.

Puis les médecins et infirmiers qui se relaient pour pas me laisser seule et doivent supporter mes questions incessantes et ma peur omniprésente. La relève à 19h. Le traumatisme d’une autre équipe d’infirmiers qui se demande comment un cerveau autant en vrac peut avoir une telle capacité à stresser. L’électroencéphalogramme, et le manipulateur radio qui a dû être soulagé de voir que ma priorité du moment (il était minuit) c’était de prendre une photo souvenir de ma tronche avec cette machine sur la tête (une horreur). Le retour en ambulance car les médecins ne me pensaient pas capable de prendre un taxi comme lors de la première crise, l’incapacité à marcher droit pour rentrer chez moi me faisant avoir une proximité non voulue avec l’intégralité des murs que je rencontre, le vomi du médicament pris une heure avant. C’est donc ça mon futur quotidien ?

Aujourd’hui, à J+7 de la seconde crise qui a entrainé le diagnostic mais surtout à J+5 du début de mon traitement (différent de celui que j’ai vomi, vous vous en doutez), j’ai accepté la maladie, accepté que je serai éternellement accompagnée de cette charmante amie, accepté ce qu’allait être ma future vie. 

Je ne peux pas dire que ça a été simple, mais je ne peux pas non plus dire que ça a été dur. Je pense tout simplement qu’on a tous une destinée, tous un message à faire passer et le mien sera sûrement de faire parler de cette maladie qui inquiète autant qu’elle fascine.  

Je ne vais pas mentir, je suis encore aujourd’hui pleine de questions : la maladie va-t-elle faire hésiter mon entreprise à prolonger mon contrat comme ils avaient l’air de l’envisager, mes amis vont-ils changer leur vision de moi, suis-je entourée de personnes qui font partie des 10% de gens à penser que l’épileptique est une réincarnation du diable et un coup du karma ? (???) Bref, tant de questions auxquelles il va me falloir plus que quelques jours pour répondre mais ça tombe bien puisque dans quelques jours, et même quelques mois, ben la maladie sera encore là. 

J’ai encore des vertiges, je pense dus au traitement, mais j’ai surtout cette peur permanente du moment où je me sentirai partir sans savoir comment je me réveillerai, sans savoir si je me réveillerai. Bon, il y a très peu de risques de mourir d’une crise d’épilepsie vous me direz…. vous avez raison vous savez, mais mon hypocondrie fait que peu de risques ben c’est un risque quand même et j’aimerais bien mourir à un autre moment que trois mois avant l’été aka ma saison préférée. 

C’est difficile de réorganiser entièrement son quotidien, de s’inquiéter pour un truc aussi banal que se laver par peur de faire une crise dans cet endroit si petit (je vis à Paris…) qu’il entrainerait forcément de grosses blessures si la crise venait à arriver ici. Mais bon, hier j’ai quand même pris ma première douche seule chez moi depuis la crise (parce que bon si je suis épileptique et qu’en plus je pue la mort, ma vie sociale va en prendre un sacré coup) et je dois vous avouer que j’ai fait de grosses économies d’eau et d’électricité (je paie un forfait mensuel qu’importe ma conso, pour rappel) (c’était vraiment l’investissement le moins rentable de mon année cette connerie) car elle a duré assez peu de temps pour que je ne prenne quasiment aucun risque de tomber. 

Aujourd’hui à 15h32, heure de l’appel post crise à mon père la semaine dernière j’ai eu le coeur qui a palpité encore plus vite que quand j’ai rencontré mon crush d’Instagram il y a quelques mois et que ma montre connectée m’envoyait des alertes car mon coeur battait trop vite (vraie anecdote) (mdr). Et pour ne rien arranger, c’est le moment qu’ont choisi les pompiers de Paris pour passer avec leur sirène sous les fenêtres de Dauphine. Un plaisir.

Pour ceux qui me connaissent bien, vous savez que ma passion première, avant tout sur Terre, c’est l’immobilier. J’ai toujours dit que dès que j’aurais mon premier CDI j’achèterais un appart pour le louer et j’ai toujours dit que rien ni personne me pourrait me faire changer d’avis. Rien ni personne…. avant que je découvre qu’il y avait quelque chose de plus fort que nous, d’imprévisible et de potentiellement préjudiciable : la maladie.

J’ai eu un petit coup de mou ce soir en découvrant que ma maladie me plaçait dans les personnes à risques dont les assurances étaient susceptibles de rejeter le dossier, condamnant ainsi la possibilité d’obtention d’un prêt immobilier.

Je vais pas vous mentir, ça a été extrêmement dur sur le coup. Mais je reste convaincue que dans toutes les situations on peut trouver du positif et à défaut de pouvoir acheter un appart seule, ça me motivera peut-être à trouver un mec qui voudra bien partager cette aventure avec moi. :p

Ce blog ne va pas du tout devenir un blog sur l’épilepsie mais il est sur ma vie, et aujourd’hui cette maladie en fait partie et malheureusement le traitement réduit vachement mes possibilités de vivre autre chose, du moins dans les premiers temps, parce que je sais de manière certaine que ma faiblesse d’aujourd’hui sera ma force de demain.

Merci d’être là. Merci pour vos gentils messages. J’avais reçu beaucoup de messages de personnes désespérées qui cherchaient des conseils sur comment gérer une rupture suite à mon article sur le sujet, et ça fait bizarre (mais beaucoup de bien) de voir que ces gens que j’ai tenté d’aider il y a un an m’aident aujourd’hui, sans en être obligée. Alors merci.

A bientôt,

Xoxo

Audrey

Epilepsie : diagnostic

Saluuuuuut,

Je suis de retour après plusieurs jours de silence qui, pour une fois, n’étaient pas de mon ressort.

Pour ceux qui tombent ici par hasard, j’ai fait une seconde crise d’épilepsie lundi après-midi, ai passé ma nuit aux urgences et suis en arrêt de travail depuis ce jour-là (j’en peux plus, je recommence à bosser vendredi je suis surexcitée) (on est mercredi là).

Quand j’étais dans mon box, seule puisque ma famille est à Saint-Etienne et que mes amis étaient assez bons pour vouloir enfreindre le couvre-feu pour me tenir compagnie mais que j’étais pas assez mauvaise pour leur faire risquer une amende, je cherchais des témoignages sur l’épilepsie et j’en ai trouvé très peu voire même aucun hormis ceux de parents qui parlent au nom de leurs enfants.

Je trouve que c’est dommage car c’est un problème très courant et je pense qu’il est temps d’en parler et peut-être qu’au final ma destinée était d’ouvrir la voie (et la voix) sur ça. Alors à ma petite échelle, j’espère que j’arriverai à laisser une trace qui pourrait guider d’autres personnes qui seraient amenées à se retrouver concernées.

Donc voilà, lundi j’ai fait la seconde crise d’épilepsie qui poserait définitivement le diagnostic qu’on avait laissé en suspens il y a maintenant deux mois. Je n’ai que très peu de souvenirs. J’étais seule, dans mon petit appartement. Je me rappelle simplement que le matin j’avais pas réussi à suivre mon cours tellement j’étais fatiguée donc je n’avais pas forcé car je sais que ce n’est pas dans ma nature de rester dormir quand j’ai des obligations.

Du temps de midi j’ai suivi les cours de la Sorbonne sans difficulté avant de recommencer un cours pour Dauphine l’après-midi et là je n’ai plus aucun souvenir à part moi au téléphone avec mon père en pleurant et demandant pourquoi j’étais à Paris car je n’avais plus rien dans le cerveau. Il a eu l’intelligence de dire quelque chose qui m’a sortie de ma détresse « oh mais non t’as recommencé une crise » et cette simple phrase a fait que toutes mes idées se sont remises en place dans ma tête. J’ai raccroché pour appeler les pompiers qui sont arrivés huit minutes après (je le sais car j’ai regardé la durée du coup de fil aux pompiers qui a duré tout le temps de les attendre car ils voulaient pas me laisser seule, j’étais paniquée).

Je me suis retrouvée aux urgences, passant en priorité même si je ne sais pas trop si j’en avais la légitimité et me retrouvant allongée dans un box avec des infirmiers qui ne me quittaient pas. Je pense que j’ai refait une crise là-bas car les infirmiers m’ont dit « mais mademoiselle vous venez de tomber du lit, on remet les barrières » alors que j’avais aucun souvenir d’être tombée ni même de m’être relevée (mais mon énorme bleu sur l’oeil prouve que je me suis bien cognée à un moment donné, oups).

Après une soirée à l’hôpital et un rendez-vous chez la neurologue, je me lance dans un traitement quotidien de minimum cinq ans. Je n’ai jamais pris la pilule ni rien donc pour moi c’est pas quelque chose d’anodin de savoir que je vais prendre quasiment 2 000 fois des comprimés, au mieux. En revanche, et j’en suis parfaitement consciente, c’est très loin d’être un problème grave. Dans une ère de coronavirus, de gens qui meurent parce que leur pays qui fait partie des plus grandes puissances mondiales n’arrive pas à avoir assez de lits pour tenter de les soigner, de personnes qui se retrouvent à contaminer leur frère, leur fille, leur mère, leur arrière-grand-mère malgré toutes les protections qu’ils prennent, ben je dois vous avouer que je suis bien contente de n’avoir « que » de l’épilepsie.

Il y a des risques de mort de l’épilepsie et j’en suis consciente mais l’actualité nous a prouvé qu’un petit rhume à la base anodin pouvait aussi mettre sur pause la Terre entière donc j’ai appris à arrêter de laisser ma peur du futur gâcher mon présent. En revanche, bien au-delà de tous les problèmes de santé que le traitement ou la maladie pourront me causer, je pense que le plus dur va être le regard des autres et si vous ne pouvez rien changer à ma maladie et à celle de centaine de millions d’autres personnes, vous pouvez nous aider à mieux la vivre en effaçant cette image de possession par le diable que vous avez des épileptiques et cette stigmatisation permanente.

J’ai choisi de ne pas cacher la maladie et même de la revendiquer car je pense (peut-être à tort) avoir les épaules pour supporter les potentielles critiques (même si j’ai eu que des messages incroyables depuis lundi, ça fait trois jours on verra dans six mois :p) et je suis surtout convaincue que si on ne fait rien les choses ne changeront jamais et le regard des autres non plus.

Alors si un jour vous vient l’idée de nous aider, sachez que la plus belle chose que vous puissiez faire est de nous regarder avec les mêmes yeux que vous nous regardiez avant la maladie.

Ma vie ne sera plus jamais la même, mais comme j’ai toujours dit à mon cousin quand la sienne a basculé, à nous de faire en sorte de la rendre encore meilleure.

Merci pour vos messages.

Avec tout mon amour,

Audrey

Crise convulsive – Episode 2 : Examens

Hellloooooo,

Bien rentrée chez mes parents le dimanche qui a suivi la crise mais travaillant du lundi au jeudi midi (vendredi étant férié et jeudi après-midi offert par la boite) (merci), je n’ai pu aller voir mon médecin que deux semaines après ma crise convulsive, le 31 décembre.

GENERALISTE

Jeudi 31 décembre, 14h : J’arrive dans le cabinet, rassurée de ne pas avoir de tumeur mais un peu inquiète pour mes globules blancs et de plus en plus inquiète pour le sida parce que même si c’est impossible ben c’est la dernière piste qu’on a. J’ai la chance, l’honneur, de tomber sur une généraliste hyper jeune, remplaçante de ma médecin, qui a fait sa thèse sur …………………… la transmission du SIDA. POPOOOOOOOOOOOPOOOOOO.

Bon, elle me rassure un peu en me disant que j’ai très peu de chances de l’avoir mais que très peu de chances ne veut pas dire zéro chances et que, comme déjà dit, ben c’est un peu la dernière piste qu’on a.

Non mais super, merci bien madame moi qui étais déjà angoissée. Je vous rappelle que j’ai quand même été à deux doigts de faire un test de grossesse car j’avais quatre jours de retard de règles alors que biologiquement je ne POUVAIS PAS être enceinte, donc bon, si tu me dis qu’il y a peu de chances que j’aie le SIDA mais que quand même il y en a, ben tu gâches ma semaine entière.

Elle m’envoie refaire une prise de sang pour vérifier mon taux de globules blancs et en profite pour checker l’intégralité de ma personne (retenez ça pour la suite), hormis le coronavirus qui est pourtant LE truc du moment. Toujours pas compris ce choix mais bon, il est sûrement judicieux.

Je rentre chez moi à 15h, appelle le laboratoire pour savoir s’il faut prendre un rendez-vous pour faire une analyse de sang, il me disent que non mais qu’en raison de la date (on est le 31 décembre, pour rappel), ils arrêtent les prélèvements à 15h30. Bon, ok, j’irai un autre jour.

Le lendemain était férié pour fêter comme il se doit ce début d’année couvre-feuté, j’ai pu aller faire mes analyses uniquement le samedi d’après, le 2 janvier.

ANALYSES SANGUINES

Samedi 2 janvier, 9h (et veille de mon anniversaire) : j’ai peur des araignées mais je peux les supporter et j’ai peur des ascenseurs mais je les prends à chaque fois que j’ai la flemme de monter cinq étages à pied (soit approximativement tous les jours), bref, je suis une personne super courageuse quoi. Mais s’il y a bien une phobie que j’arrive pas à surpasser, c’est celle de toutes les choses qui piquent. De l’abeille au couteau en passant donc par les aiguilles, je suis terrorisée à l’idée de me faire piquer.

Les peurs sont mentales. Le jour de mon admission aux urgences j’avais été piquée cinq heures non stop mais ça m’avait pas dérangée car j’étais tellement dans les vapes que j’aurais pu tout supporter. Ce ne fut bien évidemment pas la même chose en ce 2 janvier et alors que ça faisait déjà deux semaines que l’idée d’avoir le SIDA m’angoissait.

J’arrive au laboratoire, abandonnée sur le parking par ma mère qui m’a conduite ici parce que bon à 22 ans et 364 jours je pense qu’il était temps que je prenne ma vie en main et que je puisse aller me faire piquer sans mamannnnn (non). Je donne mon ordonnance. La secrétaire me dit « l’analyse doit porter sur tous ces éléments? » euh oui c’est le principe d’une ordonnance en fait. Elle me prévient que le prélèvement risque d’être long car il faudra prendre beaucoup de tubes (7) (aïe).

Je patiente dans la salle d’attente. Un médecin très mignon arrive et me dit de rentrer dans une petite salle très mignonne où j’allais vivre un calvaire. Il me dit de m’asseoir. Je le préviens que j’angoisse et qu’à tout moment je peux tomber dans les pommes (exagération) (en fait non).

Il me dit que tout va bien aller. Je lui dis que non. Il me dit qu’il va prendre une aiguille plus grosse pour que le sang coule plus rapidement pour remplir les tubes. Je lui dis d’arrêter de prononcer le mot aiguille (silvoupléééééé). Il se tait. J’angoisse.

Il trouve pas ma veine puisque j’ai déjà eu un cathéter dans la meilleure veine mais qu’il ne veut pas reprendre la même pour je ne sais quelle raison. Il trouve la veine, me pique. Et là c’est le drame.

Premier tube ça allait.

Deuxième tube ça allait.

Cinquième tube ça commençait à pas trop aller.

Sixième tube ça allait pas du tout. Et voilà que Tatie Audrey s’évanouit pendant une prise de sang à l’aube de ses 23 ans.

Pour ma défense, j’ai des règles hémorragiques qui venaient de débuter, je pèse moins de 50 kilos donc j’ai peu de sang et en plus de ça on venait de m’enlever sept tubes après m’en avoir déjà enlevé autant deux semaines auparavant.

Le médecin ne sait pas s’il doit rire ou pleurer. Je reprends mes esprits et lui dit qu’il peut rire. Il me demande si j’ai un risque d’avoir le sida (punaise). Je lui dis que je suis célibataire. Il me dit (en rigolant) que ça ne l’étonne pas (mdrrrrr). Il me pose un pansement Disney, me donne un gâteau Milka pour reprendre des forces et me laisse appeler ma maman pour qu’elle vienne me récupérer étant donné que je suis littéralement au bord de la mort.

Je ne tiens plus debout. Je pars sans payer (j’apprendrai après qu’en fait il ne fallait pas payer grâce à cette formidable invention appelée la Sécurité sociale qui me pompe 30% de mon salaire). Je m’écroule dans la voiture. Ma mère pense que je fais exprès. Je monte me coucher et reste allongée en me tordant de douleur (j’avais mal au ventre) (mes règles, suivez) et en ayant la tête qui tourne pendant la moitié de la matinée. Ma mère se rend compte que je ne fais pas exprès. Je vais mieux. J’attends les résultats.

RESULTATS

Le laboratoire ne fait pas d’analyses le samedi après-midi et de toute façon pour les MST il faut laisser reposer 48h donc je vais devoir attendre lundi, passant donc mon anniversaire à angoisser dans l’attente de ces résultats.

Lundi matin, dès la première heure et pendant le cours de compta (on m’avait dit en fin de matinée mais j’actualise la page des notes de mes partiels dès janvier alors que les résultats ne sont communiqués qu’en mars donc vous comprenez le délire), je me mets à rafraichir la page des résultats toutes les trois minutes. A midi, toujours rien. La reloue que je suis appelle donc le labo qui lui dit que l’analyse pour les MST est toujours en culture mais qu’ils peuvent m’envoyer un SMS quand les résultats seront disponibles, qu’il faudra que je clique sur le lien………. et que le mot de passe sera modifié pour devenir ma date de naissance, mon identifiant restant le même qu’avant. Tatie Audrey toujours angoissée et ayant à moitié écouté continue de rafraichir la page alors que ça n’a absolument aucune utilité.

Vers 13h30, je me retrouve déconnectée du site. Pas grave, je connais mon mot de passe par coeur à force de le faire inlassablement depuis samedi alors que le laboratoire était fermé. Et là, c’est le drame : l’ancien mot de passe ne marche plus. J’essaie, j’essaie… mais punaise je l’ai noté je peux quand même pas m’être trompée.

J’appelle le laboratoire en disant que mon mot de passe ne fonctionne plus. Ils me disent que c’est étrange car les résultats sont tombés. Je les SUPPLIE de me dire si j’ai une IST. Après de longues négociations car secret médical oblige, ils finissent par me dire que non. Je raccroche et ai un éclair de génie : la madame m’avait dit que mon mot de passe allait devenir ma date de naissance à compter de la réception du SMS (que je n’ai jamais reçu soit dit en passant), c’est pour ça que l’ancien ne marche pas.

J’ouvre la page, tout fonctionne, mes analyses sont nickel(les?). Mes globules blancs de retour à la normale. Aucun problème au niveau glycémie alors que je buvais un litre de coca tous les deux jours (j’essaie d’arrêter, je me limite à 1,75 litre par semaine ce qui est déjà énorme mais les petits ruisseaux font les grandes rivières et plus les jours passent plus je tente de diminuer mes verres).

Bref, toujours rien à signaler. Ma médecin m’envoie donc chez un neurologue.

La suite, au prochain épisode.

Bonne soirée,

Audrey

Crise convulsive : Episode 1 – La crise

Helllooooooooo,

Laissez-moi vous raconter, en plusieurs épisodes (et PRO-MIS cette fois vous aurez la fin de l’histoire…. mdr), le récit de ma crise convulsive.

A la fin du confinement, le 19 décembre, j’ai décidé de retourner un week-end sur Paris pour rapporter des vêtements car j’en avais tellement acheté en un mois et demi (aïe) que je savais que je ne pourrais pas tout ramener en une fois (et figurez-vous que vu comme j’étais chargée il y a un mois pour mon vrai retour à Paris, j’ai bien fait d’y venir en décembre pour apporter des affaires aussi).

Tout se passait très bien. Vraiment très bien. J’ai pris mon petit train à Saint-Etienne, déposée par mon papa. Il était à l’heure (un scoop). Moi aussi (un scoop encore plus grand) (non je rigole je suis jamais en retard). Le conducteur à qui j’ai parlé sur le quai était super cool. Enfin vraiment, un voyage qui semblait parfait.

Après une heure de route, nous voilà arrivés à Lyon. Je me rappelle avoir entendu les gosses rentrer dans le wagon d’à côté mais c’est bien la seule chose dont je me souviens puisqu’après, trou noir jusqu’à Paris.

Environ deux heures après donc, je vois une fille assise sur un siège frappée par une dame blonde que je ne connaissais pas et entourée de personnes qui criaient « mademoiselle » « son pouls diminue » « sortez la couverture de survie » « mademoiselle » « MADEMOISEEEEEELLLLE ». Je ne sais pas comment expliquer mais je savais que cette fille était moi alors que quand je la regardais ben elle ressemblait pas du tout à ce que je vois quand je me regarde dans le miroir. Grave bizarre.

Je ne pouvais pas contrôler mon corps et j’avais beau entendre des « réveillez-vous » je n’y arrivais pas. C’était atroce.

J’ai regardé énormément d’émissions sur les expériences de mort imminente, déjà parce que ça me fascine depuis toujours mais aussi parce que mon cousin a été dans le coma et que j’avais cherché à comprendre ce qu’il pouvait ressentir. Je ne sais pas si mon cerveau a reproduit ce que je voyais dans ces émissions ou si j’ai réellement vécu ça, mais je me sentais partir. A ce moment-là, la seule chose qui me faisait me raccrocher à la vie, du moins à l’espoir de ne pas mourir ici, c’est que je ne voyais pas la lumière blanche dont parlent tous les gens passés au bord de la mort. Trop fun.

Au bout de quelques heures (l’infirmière qui m’a sauvée m’a dit qu’en réalité la crise avait duré deux minutes mais je vous promets que c’était interminable), je me suis sentie frappée par une personne et c’est la première fois que je ressentais quelque chose alors que tout le monde me touchait depuis le début de la crise pour tenter de me réveiller (coviiiid). Et là j’ai ouvert les yeux et pas lâché du regard la dame blonde qui allait devenir mon seul repère.

Je me suis donc réveillée, sans plus rien savoir : ni mon prénom, ni mon nom, ni pourquoi j’étais dans le train, ni ce que je faisais dans la vie. Le médecin à côté de moi me demandait mon âge, je le fixais du regard sans pouvoir lui répondre. Les souvenirs que j’ai à l’heure actuelle je les ai retrouvés bien après la crise. Je ne sais donc aujourd’hui toujours pas si ces souvenirs ont été inventés par mon cerveau pour m’éviter d’avoir un gros trou noir dans ma vie puisque ne pas tout contrôler est une énorme peur pour moi et l’explication à pourquoi je ne me drogue pas. Par contre à partir de ce moment-là mes souvenirs sont exacts et ont surtout été confirmés par tous les gens qui étaient avec moi et avec qui je suis restée en contact.

Après quelques minutes, j’ai demandé à appeler mon père qui ne comprenait rien (après avoir tenté d’appeler ma maman qui a confié avoir raté l’appel car elle jouait à Candy Crush, mdrrrrr). La première et seule pensée que j’ai eue à ce moment-là ça a été « imagine tu meurs maintenant alors que t’as pas rangé ta chambre malgré les demandes incessantes de ta mère pendant tout le confinement », IMAGINE.

J’ai vite dû raccrocher car les pompiers sont arrivés. En dix ans sur Twitter, j’ai vu tellement de gens supplier qu’on les aide à retrouver leur sauveur sur les réseaux sociaux qu’avant de partir j’ai demandé le numéro de l’infirmière qui m’avait aidée et ça a été bien utile car les pompiers ont pu lui demander exactement ce qu’il s’était passé pour tenter de comprendre (spoiler : on a toujours pas compris ce qu’il s’était passé).

J’arrive donc dans le camion des pompiers après cinq minutes trimballée dans toute la gare sur un fauteuil roulant. Je commence à me lever pour rentrer dans le camion, ils me disent de me rasseoir et me mettent sur un brancard. Un cauchemar. Je demande 18 fois à la fille qui reste avec moi à l’arrière du camion si je vais mourir, elle rigole et me dit que c’est pas prévu pour tout de suite. Me voilà rassurée… mais ça va pas durer.

J’arrive à l’hôpital de Paris et vois que les urgences sont saturées. Je me dis « Doux Jésus, je vais y passer la nuit ». Oui, j’y ai passé la nuit, mais pas pour les raisons que je croyais.

Ils me prennent en urgence, et même si je suis hyper contente de ne pas devoir attendre que toutes les personnes dans la salle d’attente bondée passent avant d’être prise en charge, je sais aussi que quand on prend quelqu’un en urgence c’est pas bon signe. Je recommence à stresser. Ils disent qu’ils envisagent aujourd’hui quatre pistes : tumeur cérébrale, AVC, Sida ou grossesse. Euh……… je leur dis que la grossesse c’est impossible, ils me disent que le sida non plus et qu’au final l’AVC semble peu probable car je n’ai pas de paralysie sur un côté. Nous allons donc vérifier la tumeur au cerveau.

Commencent alors les heures les plus longues de ma vie.

On m’installe dans une chambre, seule. J’attends, seule. Une infirmière arrive, seule. Elle me dit qu’il va falloir procéder à l’inventaire de mes affaires personnelles car c’est obligatoire pour toute admission aux urgences. Rappelez-vous, je DEMENAGEAIS. J’avais donc littéralement toute ma maison dans ma valise. Toute. Ma. Maison. Des petites culottes au livre sur comment séduire un mec offert par un ami le jour de l’anniversaire de mon ex (hilarant) (oui, en vrai c’était hilarant), tout y est passé. Vingt-cinq minutes plus tard, j’étais fin prête, ma valise passée au crible et le trop beau aide soignant qui me promenait en fauteuil roulant dans les couloirs pour aller dans une nouvelle chambre.

A ce moment-là, on me met une perfusion. J’ai très peur de tout ce qui pique (aiguille, piqures, abeilles blabla) mais bon, il faut être forte et j’angoisse tellement pour la tumeur qu’au final une perf’ c’est pas si grave. Le médecin me met un liquide bleu dans le corps avant de me faire passer un scanner. Il me demande si je peux être enceinte, c’était la 2e fois qu’on me demandait et faut pas mettre des idées comme ça dans la tête d’hypocondriaques parce que j’ai fini par angoisser de l’être sans que ce soit biologiquement parlant possible. Il me fait une prise de sang puis me met dans une salle avec plein de gens malades du coronavirus (olé).

Je suis arrivée à 15h. A 21h, toujours aucun résultat. J’avais juste envie de signer une décharge car le programme de ma soirée c’était Miss France, pas Urgences vous voyez.

Vers 21h30, le médecin vient vers moi l’air grave et me dit « bon, pas de tumeur au cerveau (ouf) par contre vous avez des enzymes hépatiques et trop de globules blancs. Beaucoup trop de globules blancs. » Euké et ? Et ben nous on sait pas faudra aller voir votre généraliste. Ah, bon. Ok.

Je demande si je peux sortir, il me dit qu’il faudra attendre un petit peu car il a des papiers à remplir, notamment pour m’envoyer voir un neurologue et un généraliste car lui n’a plus aucune piste. J’attends. Je prends un taxi, arrive chez moi, regarde la fin de Miss France et me dit que cette journée était belle et bien la pire de l’année. Et ben figurez-vous que PAS DU TOUT.

La suite au prochain épisode.

Bonne soirée,

Audrey

PS : Aujourd’hui tout va bien

Le Queyras

Hello,

Je vis mes dernières vacances de trois mois avant de rentrer dans la vie d’adulte avec cinq semaines par an pour se reposer (au secours). J’en profite donc pour bouger dans toute la France, et reviens tout juste de cinq jours dans le Queyras. Récit.

1

Je suis une vraie fille de la mer. Mes vacances de rêve se résument à une plage, une serviette toute douce, de l’eau à 35 degrés, des routes sans aucun dénivelé pour pas trop me fatiguer et du soleil toute la journée. Alors quand un ami m’a proposé de partir en vacances chez lui à la montagne cet été, je me suis dit que c’était tellement improbable qu’il y avait possiblement une chance que je finisse par apprécier et ai donc accepté sans (trop) hésiter.

2

Jour 1 : Trajet 

Je vis à Saint-Etienne. Le Queyras est à environ 7h de train de chez moi. J’aime le train (mais un peu moins la SNCF) donc ça ne me dérangeait pas de poser mon cul tant de temps sur un siège (et sur des bancs pendant les trois heures de correspondances cumulées, lol). Le problème c’est qu’encore une fois, tout ne s’est pas passé comme c’était annoncé.

Je devais partir la veille et dormir chez mon frère à Valence pour couper le trajet en deux et éviter de devoir me réveiller à 5h du matin et débarquer chez mon ami avec des cernes plus gros que mon ego quand on m’envoie cinquante mails pour me dire qu’on est contents de voir que je reviens écrire sur ce blog (merci <3).

Tout était calé : mon frère m’emmènerait à la gare le jeudi après que Carglass aurait réparé le pare-brise fissuré (c’est une autre histoire ça), puis je dormirais chez lui avant de prendre mon train à Valence le lendemain matin pour faire les quatre dernières heures de trajet qu’il me resterait.

Problème : mon frère est pompier et trois heures avant de m’emmener il a été appelé pour une intervention d’urgence. Je n’avais donc plus personne pour faire le chauffeur et pas de voiture car il ne faut pas l’utiliser dans les heures qui suivent la pose du nouveau pare-brise pour pas qu’il se casse une nouvelle fois (de toute façon, je ne sais pas conduire). Raté pour les cernes.

Le lendemain, je pars donc de chez moi vers 6h30 – 7h, pour être sure de ne pas arriver en retard à la gare de Briançon, mon lieu de rencard (il y a peu de choses que je déteste vraiment dans la vie mais les gens en retard en font partie).

Tout se passe bien. Le train Sainté – Lyon est même à l’heure (je vous jure, c’est tellement rare que je me sens obligée de le préciser). J’attends quarante minutes à la Part-Dieu et prends mon train Lyon – Valence.

J’arrive à Valence et vois que mon train censé partir une heure plus tard est annoncé à une certaine voie (je ne sais plus laquelle, G ou H je crois). Je me dis « parfait, les planètes sont alignées, tout va bien se passer, je vais même pouvoir aller attendre directement sur la voie que mon train arrive ».

PAR-FAIT mesdames et messieurs.

Je me sentais déjà prête à vivre un de mes premiers trajets SNCF sans problème. Lol.

Je descends les escaliers avec ma valise de douze tonnes puisque mon ami avait oublié sa veste en cuir de dix kilos chez moi il y a un mois (et que j’avais emporté un peu trop de paires de chaussures, je l’avoue) et me dirige vers le fond du couloir pour rejoindre la fameuse voie. Quand soudain, je vois que cette voie n’existe pas. Ca s’arrête une lettre avant.

Je remonte tous les escaliers, me dirige vers l’accueil, me fait engueuler parce que mon masque est trop grand et tombe (est-ce que c’est ma faute si à 22 ans j’ai le corps et le tour de tête d’un enfant de quatre ans ?) et demande, apeurée (et déjà désespérée) où se trouve la voie G (ou H, je ne sais toujours pas). On me répond qu’il faut passer par un chemin différent, blabla. Bref, je trouve la voie, mais déteste au fond de moi l’architecte de cette gare merdique.

Le temps passe et le quai se remplit dangereusement. Je commence à me demander si c’est normal qu’autant de personnes veuillent aller un vendredi à 14h dans le Queyras mais bon, cet endroit doit avoir un certain charme que pour le moment je ne connais pas. Plus les minutes s’écoulent et plus je commence à m’inquiéter quant à la possibilité de rentrer autant de gens dans un train de quatre wagons, comme le sont normalement les TER.

Quand soudain, au loin, je vois un minuscule train de deux wagons arriver et se rapprocher dangereusement de la voie du train que je vais devoir emprunter. Est-ce une blague ? Ont-ils osé mettre un microscopique train pour tous nous accueillir ? Non, quand même pas, le train passe juste, il ne va quand même pas s’arrêt……ah ben si. C’était bien notre train. J’avais vraiment l’impression que le chef de bord était un agriculteur qui poussait pour tenter de rentrer toutes ses vaches dans un camion beaucoup trop petit pour les accueillir.

Bref, j’arrive à Briançon.

Pour rejoindre la maison de mon ami nous devions traverser le col d’Izoard. Sa mère me prévient que je risque d’être malade mais lol, MOI malade en voiture alors que je roule quatre heures par jour depuis des années ? LOOOOOOL…. pas loooool. J’ai effectivement été malade mais n’ai rien osé dire jusqu’à l’arrivée puisque la première impression est toujours la bonne et si elle s’avérait mauvaise, le séjour risquait d’être long. Bref, si c’était le Koh-Lanta de l’amour, on pourrait considérer que j’ai réussi la première épreuve.

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Jour 2 : Rando’ – Rafting

Il faut savoir que j’ai beau être une larve, j’ai un énorme faible pour les sportifs, justement parce qu’ils me motivent à sortir de ma zone de confort (et de mon canapé).

Sauf qu’en général, les sportifs que je rencontre s’adaptent à mon niveau (du moins s’adaptent encore plus à mon niveau), alors que cette fois-ci, j’étais chez un mec qui a jugé bon (et ça l’était) de ne pas (trop) écouter mes râlements et de me faire encore plus bouger.

Rando : Je savais que les sportifs avaient beaucoup de qualités mais aussi un énorme défaut : ne pas imaginer que pour les gens normaux comme moi, leurs petites promenades de santé c’est l’équivalent de l’ascension du Mont-Blanc après un marathon.

Le samedi, mon ami me propose d’aller faire une petite promenade de santé avant de manger. Il était midi, nous devions être rentrés à 14h pour le rafting de l’après-midi, je me suis donc (innocemment) dit que ce serait une petite promenade de quelques kilomètres (2-3).

Mdr.

On commence la promenade par une énorme montée. Je suis pas très sportive mais un peu quand même, du moins assez pour normalement pas être essoufflée après trois minutes à marcher. Le problème c’est que marcher à Grenoble et marcher à la montagne c’est pas du tout pareil. Bref, un enfer.

Le temps passe, mes jambes commencent à ne plus pouvoir avancer et mon ami à vraiment s’énerver, pensant que j’ai aucune volonté.

14h se rapproche de nous plus vite qu’on se rapproche de la maison. Il juge donc bon de me faire passer par des petits chemins pour couper le vrai chemin qu’on devait emprunter et qui nous ferait arriver en retard. C’est là que la randonnée s’est transformée en escalade.

Echec et mat : il a dû appeler sa mère au milieu pour qu’elle vienne nous chercher. La honte.

Finalement, la 2e impression fut pire que ce qu’aurait pu être la 1re si j’avais vomi dans sa voiture.

Rafting : j’ai peur de tout, mais j’aime découvrir des choses donc essaie de me forcer à tout tester. Alors quand mon ami m’a proposé de faire du rafting, j’ai sauté sur l’occasion pour encore une fois me dépasser (mdr). Si j’avais su.

Je suis tombée dans un groupe de gens qui en faisaient depuis des années. A chaque fois que le moniteur disait « bon normalement on fait pas cette descente parce que c’est un peu dangereux mais vu que vous êtes expérimentés on va la faire » je me liquéfiais, mais bon, franchement, j’adorais et me sentais en sécurité…… jusqu’au moment où le bateau s’est plié dans une descente et je me suis retrouvée avec le moniteur qui faisait deux fois mon poids sur le cou. J’ai tout senti craquer et eu tellement mal que je ne peux toujours pas me retourner dans mon lit la nuit alors que c’est en temps normal mon activité préférée.

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Jour 3 : Rando’ numéro 2 

On apprend de ses erreurs et je pense que le mec chez qui j’étais a bien appris de ma connerie de la veille. On a donc décidé de repartir en randonnée mais de 1 avec de l’eau, de 2 sans limite de temps pour me permettre de pouvoir m’arrêter et râler autant que je voulais.

Cette randonnée s’est bizarrement ultra bien passée. Le seul truc à signaler c’est que j’ai dû la finir avec des échardes dans les fesses parce que j’avais eu la superbe idée de m’asseoir cinq (dix, quinze) minutes sur un banc en bois pour me reposer.

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Jour 4 : Vélo 

Pour ceux qui ont suivi mes aventures pendant le confinement, je déteste le vélo mais avais essayé de m’y mettre. Alors quand mon ami m’a proposé de faire un tour de vélo en montagne, je me suis dit que ça allait être la PIRE idée du siècle. Finalement, c’était la meilleure.

Voyant que mes performances sportives étaient moins élevées dans la vraie vie que sur Instagram, il m’a proposé de louer (enfin de me faire louer, puisque c’est lui qui a payé) un vélo électrique. Meilleure invention du siècle (ex-aequo avec le Steampod qui a sauvé mes cheveux).

Nous voilà donc parés pour la balade : vélo électrique pour moi, vélo tout court pour lui.

Il me suggère de monter la selle pour être plus à l’aise et avoir la jambe tendue quand je pédale. Chose suggérée, chose réalisée. Le problème est que mes pieds touchaient quasiment plus le sol donc difficile pour s’arrêter mais bon quand on est un winner comme nous on s’arrête jamais donc on s’en fout.

On monte et lui part devant moi car il roule beaucoup plus vite. Je croise un petit groupe de papys sur la route dont un qui me demande si c’est pas trop dur. Je réponds, avec un grand sourire, que non tout va bien et LA : je sens mon vélo partir dans un trou, ma jambe tente de me rattraper mais étant dans le vide et déjà trop haute même sur du plat, impossible. Mon vélo me tombe sur la jambe (j’ai encore un énorme bleu, mes parents étaient choqués) et je me retrouve coincée sous lui, sur des orties, au-dessus du vide.

J’ai même pas osé crier tellement j’avais honte de cette chute due à une unique chose : étant perturbée par les paroles du pépé, j’ai oublié de tourner.

5

Ce que j’ai aimé :

  • Les paysages
  • Le fromage
  • La gentillesse des gens qui disent tous bonjour quand tu les croises

Ce que j’ai détesté :

  • Le temps (il y avait un orage par jour et on a dû allumer la cheminée mi-juillet, hallucinant)
  • Le dénivelé

Bref, la fille de la mer que je suis a vraiment adoré son séjour à la montagne et envisage même de louer un truc là-bas en août avec ses amis. Comme quoi, tout est possible dans la vie.

Merci.

Audrey

120h en tête à tête avec une hypocondriaque

PSAS (= post-scriptum avant le scriptum) : j’ai écrit cet article il y a quelques jours mais j’avais oublié de le poster, c’est donc pour ça que je me suis retrouvée à devoir en écrire un à 22h un jour alors que je suis normalement une meuf trop organisée (non).

Confinement, 6e jour.

Ca fait 120h (le 6e jour n’est pas encore passé à l’heure où j’écris, commencez pas à dire que je sais pas calculer 6 x 24, enfin) (j’ai pris la calculatrice pour faire 5 x 24) (mdr) que je suis en tête à tête avec une hypocondriaque, à savoir moi-même.

Ces heures avec pour seule compagnie ma propre personne, puisque mes parents bossent et mon frère dort, m’ont permis de réfléchir, de toute façon je n’ai plus que ça à faire (et retaper les 300 pages de cours en PDF qui viennent d’arriver, mais ça on le laissera de côté), sauf que réfléchir, ben ça me réussit pas.

Pour ceux qui ont raté l’info, je fais beaucoup de crises d’angoisse. Vraiment, je suis une grande stressée pour tout mais surtout pour rien parce que les situations dans lesquelles les gens normaux stresseraient ne me stressent absolument pas, et c’est d’ailleurs le cas avec le coronavirus.

Il faut savoir que j’ai quand même une énorme probabilité de l’avoir parce que :

1 ➨ Mes deux parents bossent encore, dont mon père qui a appris que plusieurs de ses collègues avaient le coronavirus.

2 ➨ Mon frère est pompier volontaire donc potentiellement au contact des malades et vu qu’il n’y a plus de masques ben voilà quoi.

➨ J’ai eu la grippe H1N1 en 2009 (je crois) (bref y a longtemps) et étant une hôte de qualité, je suis sure que j’ai été notée 5/5 sur le TripAdvisor des microbes, donc que le coronavirus va tout faire pour arriver dans mon corps.

Mais bizarrement, malgré tout ça, je ne me sens pas du tout angoissée pour ma propre personne. Le seul truc qui me ferait un peu chier, pour être honnête, c’est que si je meurs demain, personne ne pourra venir dire à mon enterrement à quel point j’étais la meuf la plus marrante de son répertoire / j’aurais passé les dernières heures de ma vie à tenter de comprendre un cours de droit des sûretés à trous. Mais bon, on choisit pas hein.

Par contre s’il y a un truc qui m’angoisse c’est que les gens autour de moi l’aient. Mon cousin est à risques, mes quatre grands-parents aussi dont deux +++++++. Mais ce qui m’angoisse le plus, je dirais même ce qui me TEND, c’est que personne autour de moi ne semble capter les dangers de cette maladie qui peut en tuer.

Je vois passer de ces trucs sur les réseaux sociaux, à tel point que je me dis que peut-être que même en sortant bronzer sur la plage ou en faisant des apéros en groupe, ils échapperont au coronavirus, mais la connerie, elle, les a visiblement déjà frappés.

Je trouve ça assez fou le problème avec l’autorité que certains ont, même quand c’est pour le bien de la société, même quand c’est pour leur bien.

Oui ok moi aussi ça me soule d’être bloquée chez moi. Moi aussi j’ai envie de parcourir la ville alors que tous les étés je les passe enfermée dans ma chambre au lieu d’aller profiter du soleil. Moi aussi j’en ai marre d’avoir toutes mes journées disponibles pour jouer au Sims alors que je me plaignais de pas avoir le temps de l’ouvrir avant. Moi aussi j’ai envie de faire tout ce qu’on m’interdit de faire. MOI AUSSI. Et puis je pense que tatie Jacqueline qui elle reste enfermée dans son 30m2 avec ses deux chiots qui lui réclament d’aller se promener pour pisser en rêve aussi. Mais est-ce qu’elle le fait ? Non.

Hier j’ai vu passer sur Twitter que la Chine était restée confinée plus de 50 jours avant que le virus ne disparaisse. 50 jours vraiment confinée (à ne pas pouvoir cocher sur une petite feuille que tu pratiques une activité sportive alors que toi-même tu sais qu’avant le confinement la dernière fois que tu avais fait du sport c’était en 2004 pour ton épreuve d’EPS au bac). A cette allure, je me dis que sûrement qu’on y sera encore dans six mois.

Je comprends que vous ayez peur de l’après confinement, quand je n’écrirai plus que deux articles par semaine (si j’ai le temps), mais les gars, restez chez vous si vous voulez avoir le droit de sortir avant neuf mois.

Courage,

Audrey