Hello,
Je vis mes dernières vacances de trois mois avant de rentrer dans la vie d’adulte avec cinq semaines par an pour se reposer (au secours). J’en profite donc pour bouger dans toute la France, et reviens tout juste de cinq jours dans le Queyras. Récit.

Je suis une vraie fille de la mer. Mes vacances de rêve se résument à une plage, une serviette toute douce, de l’eau à 35 degrés, des routes sans aucun dénivelé pour pas trop me fatiguer et du soleil toute la journée. Alors quand un ami m’a proposé de partir en vacances chez lui à la montagne cet été, je me suis dit que c’était tellement improbable qu’il y avait possiblement une chance que je finisse par apprécier et ai donc accepté sans (trop) hésiter.

Jour 1 : Trajet
Je vis à Saint-Etienne. Le Queyras est à environ 7h de train de chez moi. J’aime le train (mais un peu moins la SNCF) donc ça ne me dérangeait pas de poser mon cul tant de temps sur un siège (et sur des bancs pendant les trois heures de correspondances cumulées, lol). Le problème c’est qu’encore une fois, tout ne s’est pas passé comme c’était annoncé.
Je devais partir la veille et dormir chez mon frère à Valence pour couper le trajet en deux et éviter de devoir me réveiller à 5h du matin et débarquer chez mon ami avec des cernes plus gros que mon ego quand on m’envoie cinquante mails pour me dire qu’on est contents de voir que je reviens écrire sur ce blog (merci <3).
Tout était calé : mon frère m’emmènerait à la gare le jeudi après que Carglass aurait réparé le pare-brise fissuré (c’est une autre histoire ça), puis je dormirais chez lui avant de prendre mon train à Valence le lendemain matin pour faire les quatre dernières heures de trajet qu’il me resterait.
Problème : mon frère est pompier et trois heures avant de m’emmener il a été appelé pour une intervention d’urgence. Je n’avais donc plus personne pour faire le chauffeur et pas de voiture car il ne faut pas l’utiliser dans les heures qui suivent la pose du nouveau pare-brise pour pas qu’il se casse une nouvelle fois (de toute façon, je ne sais pas conduire). Raté pour les cernes.
Le lendemain, je pars donc de chez moi vers 6h30 – 7h, pour être sure de ne pas arriver en retard à la gare de Briançon, mon lieu de rencard (il y a peu de choses que je déteste vraiment dans la vie mais les gens en retard en font partie).
Tout se passe bien. Le train Sainté – Lyon est même à l’heure (je vous jure, c’est tellement rare que je me sens obligée de le préciser). J’attends quarante minutes à la Part-Dieu et prends mon train Lyon – Valence.
J’arrive à Valence et vois que mon train censé partir une heure plus tard est annoncé à une certaine voie (je ne sais plus laquelle, G ou H je crois). Je me dis « parfait, les planètes sont alignées, tout va bien se passer, je vais même pouvoir aller attendre directement sur la voie que mon train arrive ».
PAR-FAIT mesdames et messieurs.
Je me sentais déjà prête à vivre un de mes premiers trajets SNCF sans problème. Lol.
Je descends les escaliers avec ma valise de douze tonnes puisque mon ami avait oublié sa veste en cuir de dix kilos chez moi il y a un mois (et que j’avais emporté un peu trop de paires de chaussures, je l’avoue) et me dirige vers le fond du couloir pour rejoindre la fameuse voie. Quand soudain, je vois que cette voie n’existe pas. Ca s’arrête une lettre avant.
Je remonte tous les escaliers, me dirige vers l’accueil, me fait engueuler parce que mon masque est trop grand et tombe (est-ce que c’est ma faute si à 22 ans j’ai le corps et le tour de tête d’un enfant de quatre ans ?) et demande, apeurée (et déjà désespérée) où se trouve la voie G (ou H, je ne sais toujours pas). On me répond qu’il faut passer par un chemin différent, blabla. Bref, je trouve la voie, mais déteste au fond de moi l’architecte de cette gare merdique.
Le temps passe et le quai se remplit dangereusement. Je commence à me demander si c’est normal qu’autant de personnes veuillent aller un vendredi à 14h dans le Queyras mais bon, cet endroit doit avoir un certain charme que pour le moment je ne connais pas. Plus les minutes s’écoulent et plus je commence à m’inquiéter quant à la possibilité de rentrer autant de gens dans un train de quatre wagons, comme le sont normalement les TER.
Quand soudain, au loin, je vois un minuscule train de deux wagons arriver et se rapprocher dangereusement de la voie du train que je vais devoir emprunter. Est-ce une blague ? Ont-ils osé mettre un microscopique train pour tous nous accueillir ? Non, quand même pas, le train passe juste, il ne va quand même pas s’arrêt……ah ben si. C’était bien notre train. J’avais vraiment l’impression que le chef de bord était un agriculteur qui poussait pour tenter de rentrer toutes ses vaches dans un camion beaucoup trop petit pour les accueillir.
Bref, j’arrive à Briançon.
Pour rejoindre la maison de mon ami nous devions traverser le col d’Izoard. Sa mère me prévient que je risque d’être malade mais lol, MOI malade en voiture alors que je roule quatre heures par jour depuis des années ? LOOOOOOL…. pas loooool. J’ai effectivement été malade mais n’ai rien osé dire jusqu’à l’arrivée puisque la première impression est toujours la bonne et si elle s’avérait mauvaise, le séjour risquait d’être long. Bref, si c’était le Koh-Lanta de l’amour, on pourrait considérer que j’ai réussi la première épreuve.

Jour 2 : Rando’ – Rafting
Il faut savoir que j’ai beau être une larve, j’ai un énorme faible pour les sportifs, justement parce qu’ils me motivent à sortir de ma zone de confort (et de mon canapé).
Sauf qu’en général, les sportifs que je rencontre s’adaptent à mon niveau (du moins s’adaptent encore plus à mon niveau), alors que cette fois-ci, j’étais chez un mec qui a jugé bon (et ça l’était) de ne pas (trop) écouter mes râlements et de me faire encore plus bouger.
Rando : Je savais que les sportifs avaient beaucoup de qualités mais aussi un énorme défaut : ne pas imaginer que pour les gens normaux comme moi, leurs petites promenades de santé c’est l’équivalent de l’ascension du Mont-Blanc après un marathon.
Le samedi, mon ami me propose d’aller faire une petite promenade de santé avant de manger. Il était midi, nous devions être rentrés à 14h pour le rafting de l’après-midi, je me suis donc (innocemment) dit que ce serait une petite promenade de quelques kilomètres (2-3).
Mdr.
On commence la promenade par une énorme montée. Je suis pas très sportive mais un peu quand même, du moins assez pour normalement pas être essoufflée après trois minutes à marcher. Le problème c’est que marcher à Grenoble et marcher à la montagne c’est pas du tout pareil. Bref, un enfer.
Le temps passe, mes jambes commencent à ne plus pouvoir avancer et mon ami à vraiment s’énerver, pensant que j’ai aucune volonté.
14h se rapproche de nous plus vite qu’on se rapproche de la maison. Il juge donc bon de me faire passer par des petits chemins pour couper le vrai chemin qu’on devait emprunter et qui nous ferait arriver en retard. C’est là que la randonnée s’est transformée en escalade.
Echec et mat : il a dû appeler sa mère au milieu pour qu’elle vienne nous chercher. La honte.
Finalement, la 2e impression fut pire que ce qu’aurait pu être la 1re si j’avais vomi dans sa voiture.
Rafting : j’ai peur de tout, mais j’aime découvrir des choses donc essaie de me forcer à tout tester. Alors quand mon ami m’a proposé de faire du rafting, j’ai sauté sur l’occasion pour encore une fois me dépasser (mdr). Si j’avais su.
Je suis tombée dans un groupe de gens qui en faisaient depuis des années. A chaque fois que le moniteur disait « bon normalement on fait pas cette descente parce que c’est un peu dangereux mais vu que vous êtes expérimentés on va la faire » je me liquéfiais, mais bon, franchement, j’adorais et me sentais en sécurité…… jusqu’au moment où le bateau s’est plié dans une descente et je me suis retrouvée avec le moniteur qui faisait deux fois mon poids sur le cou. J’ai tout senti craquer et eu tellement mal que je ne peux toujours pas me retourner dans mon lit la nuit alors que c’est en temps normal mon activité préférée.

Jour 3 : Rando’ numéro 2
On apprend de ses erreurs et je pense que le mec chez qui j’étais a bien appris de ma connerie de la veille. On a donc décidé de repartir en randonnée mais de 1 avec de l’eau, de 2 sans limite de temps pour me permettre de pouvoir m’arrêter et râler autant que je voulais.
Cette randonnée s’est bizarrement ultra bien passée. Le seul truc à signaler c’est que j’ai dû la finir avec des échardes dans les fesses parce que j’avais eu la superbe idée de m’asseoir cinq (dix, quinze) minutes sur un banc en bois pour me reposer.

Jour 4 : Vélo
Pour ceux qui ont suivi mes aventures pendant le confinement, je déteste le vélo mais avais essayé de m’y mettre. Alors quand mon ami m’a proposé de faire un tour de vélo en montagne, je me suis dit que ça allait être la PIRE idée du siècle. Finalement, c’était la meilleure.
Voyant que mes performances sportives étaient moins élevées dans la vraie vie que sur Instagram, il m’a proposé de louer (enfin de me faire louer, puisque c’est lui qui a payé) un vélo électrique. Meilleure invention du siècle (ex-aequo avec le Steampod qui a sauvé mes cheveux).
Nous voilà donc parés pour la balade : vélo électrique pour moi, vélo tout court pour lui.
Il me suggère de monter la selle pour être plus à l’aise et avoir la jambe tendue quand je pédale. Chose suggérée, chose réalisée. Le problème est que mes pieds touchaient quasiment plus le sol donc difficile pour s’arrêter mais bon quand on est un winner comme nous on s’arrête jamais donc on s’en fout.
On monte et lui part devant moi car il roule beaucoup plus vite. Je croise un petit groupe de papys sur la route dont un qui me demande si c’est pas trop dur. Je réponds, avec un grand sourire, que non tout va bien et LA : je sens mon vélo partir dans un trou, ma jambe tente de me rattraper mais étant dans le vide et déjà trop haute même sur du plat, impossible. Mon vélo me tombe sur la jambe (j’ai encore un énorme bleu, mes parents étaient choqués) et je me retrouve coincée sous lui, sur des orties, au-dessus du vide.
J’ai même pas osé crier tellement j’avais honte de cette chute due à une unique chose : étant perturbée par les paroles du pépé, j’ai oublié de tourner.

Ce que j’ai aimé :
- Les paysages
- Le fromage
- La gentillesse des gens qui disent tous bonjour quand tu les croises
Ce que j’ai détesté :
- Le temps (il y avait un orage par jour et on a dû allumer la cheminée mi-juillet, hallucinant)
- Le dénivelé
Bref, la fille de la mer que je suis a vraiment adoré son séjour à la montagne et envisage même de louer un truc là-bas en août avec ses amis. Comme quoi, tout est possible dans la vie.
Merci.
Audrey