Le salon de l’agriculture vu par une campagnarde

J’ai toujours Ă©tĂ© impressionnĂ©e par l’engouement des parisiens pour le salon de l’agriculture et les animaux qui y sont prĂ©sentĂ©s. Etant une enfant de la campagne, je n’ai jamais compris comment on pouvait se rĂ©jouir devant une vache qui broute ou un mouton qui bĂȘle.

Toi, petit parisien, tu ne connais pas les coqs qui te rĂ©veillent Ă  cinq heures du matin, les vaches qui te montrent leur cul dĂšs que tu ouvres tes volets et les tribus de mouches qui Ă©lisent domicile dans ton salon et t’empĂȘchent de regarder la tĂ©lĂ©vision tranquillement avec leur « bzzzzzz ». Toi petit parisien, tu ne connais pas les odeurs ignobles de ‘transpiration’ d’animaux en Ă©tĂ© (certes la senteur pot d’échappement slash transpiration ce n’est pas forcĂ©ment le top, mais c’est toujours mieux crois-moi).

J’ai toujours prĂ©fĂ©rĂ© la ville Ă  la campagne. Je me rappelle avoir fait des caprices interminables couchĂ©e dans le couloir en hurlant quand j’ai su que je quittais mon petit appartement en ville pour une maison Ă  la campagne (oui je me tape l’affiche seule, mais pour ma fiertĂ© personnelle il vaut mieux que ce soit moi qui le raconte et pas mes parents, croyez-moi sur paroles).

La campagne j’en ai marre. Et comme si cela ne suffisait pas, en plus d’habiter au milieu de champs, j’habite dans un village rempli de vieux. Un village oĂč chaque annĂ©e durant la fĂȘte du village tu sais que l’annĂ©e prochaine certains des gens prĂ©sents devant toi seront dans une tombe en raison de leur Ăąge avancĂ©. Un village oĂč les (presque) seuls jeunes qui habitent sont mes cousins (et accessoirement mes voisins).

Peut-ĂȘtre qu’un jour je relirai ce post en regrettant ma petite campagne, mes petites vaches, et mes vieux voisins. Mais en attendant le seul point positif du salon de l’agriculture Ă  mes yeux c’est les snaps hilarants de l’(ancienne) meilleure blogueuse de l’univers.

A.N.

Ma passion pour les chaussures expliquĂ©e Ă  ma mĂšre

Je ne suis pas une fille trùs chiante (et là ma mùre, mon pùre, mes grands-parents et tous les autres qui me liront vont bondir, mais non je ne suis pas super chiante en comparaison avec certains), mais s’il y a bien un truc sur lequel je ne transigerai jamais, c’est les chaussures.

Je ne sais pas d’oĂč me vient cette passion, mais quand je regarde le nombre de paires de ma grand-mĂšre paternelle (dont les Ÿ qu’elle ne met pas), je me dis qu’elle y est forcĂ©ment pour quelque chose.

Une paire de chaussures, c’est LE truc qu’on regarde en premier. Le truc qui peut changer ta tenue du tout au tout. Le truc qui peut te faire passer d’un look funky Ă  un look plus sage, d’une tenue banale Ă  une vĂ©ritable imitation du style de Lady Gaga.

L’autre jour je me baladais sur Internet (toujours Ă  la recherche de chaussures, mais juste pour les regarder parce que je n’ai plus le droit d’en acheter) lorsque je suis tombĂ©e sur la paire la plus mignonne du monde. Une magnifique crĂ©ation de Claudie Pierlot (je me suis dĂ©couvert une passion pour cette marque il y a quelques semaines, les looks dĂ©calĂ©s mais tellement mignons me font craquer bien que je sois incapable de porter ce genre de piĂšces). Je me suis empressĂ©e de la montrer Ă  ma maman, lorsque, dans ses yeux, j’ai pu voir le dĂ©goĂ»t et l’envie de me renier qu’elle a eue en apprenant que j’aimais ce genre de chaussures. S’en sont ensuivis les « trouve un boulot qui te fasse gagner beaucoup d’argent parce qu’il ne faudra pas compter sur moi pour t’acheter des chaussures quand tu seras adulte » ou autres « mais Audrey tu te rends compte que tu as plus de chaussures dans ton placard que j’en ai eu dans toute ma vie ».

A une Ă©poque de ma vie je dĂ©testais les talons. N’étant pas immense, mais pas petite non plus, je refusais d’en porter par peur d’ĂȘtre confondue avec Elisany Silva (et Ă©galement par peur de me casser la gueule, mais je me suis trĂšs vite rendue compte que pour cela, le port de talons n’était pas obligatoire).

Ma premiĂšre paire date d’octobre 2013. Des talons d’environ 5 cm Ă  peine, et pourtant une impression de voir le monde de trĂšs haut Ă  chaque fois que je les portais (mes talons de 12 cm achetĂ©s par la suite sont en train de rire dans le placard). Pour tout avouer, j’ai eu Ă©normĂ©ment de mal Ă  marcher avec au dĂ©but. J’ai mĂȘme fini par me dire que les talons ce n’était pas pour moi. Mais aprĂšs de multiples essais, j’ai fini par m’y faire, et depuis je ne les ai jamais abandonnĂ©s.

Je n’ai jamais suivi les modes (sauf si la mode « (tentative d’)imitation de Capucine Anav » existe). Dans une gĂ©nĂ©ration oĂč ĂȘtre une fille et ne pas aimer les baskets est vu comme un crime, j’attends ma condamnation. PlutĂŽt branchĂ©e escarpins que chaussures de sport. MalgrĂ© mes diffĂ©rents achats « basketeux », je n’ai pu m’y rĂ©soudre.

Ma passion pour les chaussures diverge avec ma passion du « marcher pieds-nus dans la maison » (enfin je devrais plutĂŽt dire de ma flemme d’aller chercher des pantoufles dans le placard). Mais maman, aprĂšs tout, il est plus utile de collectionner des chaussures que des timbres ou des petites voitures, non ?

A.N.

Lait + bouilloire Ă©lectrique ou comment cet article peut sauver la vie de tout Ă©tudiant qui se respecte

(A tous ceux qui tombent sur cet article par la recherche Google et qui s’en foutent de ma vie, inutile de lire: non on ne peut pas mettre de lait dans une bouilloire)

On apprend de ses erreurs il parait, mais on peut aussi apprendre de celles des autres. C’est dans cette optique que je vais aujourd’hui tenter de sauver votre vie (du moins celle de votre bouilloire Ă©lectrique).

Habiter seul ne se limite pas Ă  devoir faire une salade ou passer l’aspirateur, non, c’est tout un tas de petites choses qu’on se doit de savoir pour Ă©viter de faire de grosses conneries. Vous savez tous les trucs qu’on demande Ă  sa mĂšre quand on est chez ses parents.

Un beau jour de janvier, aprĂšs ĂȘtre rentrĂ©e de cours (et avoir survĂ©cu aux degrĂ©s nĂ©gatifs qui s’affichaient sur le thermomĂštre), une envie de chocolat chaud m’envahit. Mes casseroles n’Ă©tant pas propres (je fais la vaisselle une fois par siĂšcle, je vous rappelle) et mon micro-ondes hors d’usage , une superbe idĂ©e me vint Ă  l’esprit : faire chauffer mon lait dans la bouilloire Ă©lectrique que ma mĂšre m’avait achetĂ©e deux semaines plus tĂŽt pour faire cuire l’eau de mes pĂątes. Une petite recherche sur Google « mettre lait bouilloire » (mon prof d’anglais de troisiĂšme nous a dit qu’il ne fallait pas mettre de dĂ©terminant ou de mot superflu pour ne pas perturber le fonctionnement de Google) (oui la seule chose que j’ai retenue de mes cours d’anglais c’est un truc en français, eukĂ©) plus tard, histoire de vĂ©rifier que cette action ne foute pas le feu Ă  la rĂ©sidence, je mettais mon lait dans la bouilloire remplie d’excitation Ă  l’idĂ©e de pouvoir ENFIN boire une boisson bien chaude. Quand soudain, malheur. Une sorte de fumĂ©e blanche venue tout droit de l’espace sortit de la bouilloire. C’est lĂ  que j’ai compris que je venais de faire une connerie. AprĂšs un arrĂȘt express de la machine (enfin pas si express que ça parce que j’avais peur que ça m’explose Ă  la gueule), j’ai vidĂ© son contenu en urgence et constatĂ© les dĂ©gĂąts : le gris qui recouvrait la rĂ©sistance de la bouilloire Ă  son achat Ă©tait devenu noir.

Ma bouilloire va mieux aujourd’hui, aprĂšs un nettoyage extrĂȘme de ma mĂšre, elle a retrouvĂ© son gris (presque) Ă©clatant. Quant Ă  moi, j’ai retenu de cette histoire qu’il ne faut jamais Ă©coutĂ© ce que disent les forums et que faire la vaisselle rĂ©guliĂšrement n’est pas une option.

Audrey

L’art de l’incruste, ou comment passer une soirĂ©e avec zĂ©ro euro

(Plus long article de mon blog, je suis dĂ©solĂ©e mais c’était trop important pour faire court)

A l’occasion de mes 18 ans qui Ă©taient le 3 janvier (ceux qui ont oubliĂ© il n’est pas trop tard pour me le souhaiter. Pour une idĂ©e d’excuse valable : dites-moi que vous Ă©tiez en excursion dans la jungle mexicaine depuis deux semaines et que, mĂȘme si vous avez pensĂ© trĂšs fort Ă  moi vous n’avez pas pu me le souhaiter, promis je ferai semblant de vous croire), mon cousin a dĂ©cidĂ© de m’emmener en boite de nuit. C’était ma premiĂšre VRAIE sortie en boite, j’étais donc O-BLI-GEE de vous raconter ça.

Mon appartement de vacances Ă©tant situĂ© au Cap d’Agde (dans la partie NON NATURISTE) Ă  deux pas (ou presque) de l’AMNESIA et du PACHA, je baigne dans l’univers des boites de nuit depuis que je suis une enfant. Je rĂȘvais devant tous les gens qui faisaient la queue des heures devant la boite pour rentrer et qui avaient l’air trĂšs joyeux Ă  danser mĂȘme sans musique (les 15 verres de Vodka qu’ils avaient bus juste avant aidaient bien Ă  ĂȘtre si heureux, mais ça je ne le savais pas, j’étais une enfant oh !). Pourtant, il aura fallu attendre mes 18 ans (non en fait c’était le 2 janvier Ă  23H30 du coup je n’avais pas encore 18 ans) pour que je passe enfin une vraie soirĂ©e entiĂšre dans une boĂźte.

Mon pĂšre n’a jamais cessĂ© de me dire « à ton Ăąge j’allais en boite et je rentrais Ă  6h du matin puis j’enchainais avec la plage » Ă  cela Ă©videmment je posais la question ultime « mais papa tu dormais quand ? » question Ă  laquelle ma grand-mĂšre s’empressait de rĂ©pondre « il rattrapait les heures de sommeil qui lui manquaient en cours de français pendant le reste de l’annĂ©e ahahahaha » (animĂ©s les repas de famille, je confirme). J’ai donc pu constater ce que c’était d’enchainer un rĂ©veil matinal aprĂšs un coucher matinal lui aussi, 2h de sommeil allĂ© hop !

22h30 : Mon cousin, accessoirement le chauffeur de la soirĂ©e (eh oui je n’ai pas le permis mais ça ne va pas tarder), vient me chercher chez moi en m’annonçant « bon Audrey on va chercher des amis, il y en a un qui a commencĂ© Ă  boire il va dire des choses Ă©tranges mais il est gentil » : merci, ça donne envie.

23h30 : on arrive devant la boite, et lĂ  malheur : un monsieur vĂ©rifie les cartes d’identitĂ©. Une tonne de questions viennent Ă  mon esprit : est-ce qu’il va me laisser rentrer ? Il ne va quand mĂȘme pas me faire attendre jusqu’à minuit devant la boite ? Finalement il m’a laissĂ© rentrer pour une raison que seuls mes abonnĂ©s Twitter connaissent, j’étais super heureuse, pour une fois je n’avais plus de soucis de limite d’ñge.

23H40 : on arrive au niveau des fouilles, je passe entre trois mecs, j’attends sagement qu’un (vieux) monsieur vĂ©rifie que je n’ai pas embarquĂ© un couteau ou une arme (ou Ă  boire, quand on voit le prix des consos on comprend mieux pourquoi certains tentent de ramener leur petite bouteille d’eau). LĂ  le (vieux) monsieur me dit « toi c’est bon », fiĂšre de moi je dis au copain de mon cousin « j’ai une tĂȘte d’ange Ă  ce point pour qu’il ne me fouille pas ? », question Ă  laquelle il s’est empressĂ© de me rĂ©pondre « non c’est juste que tu es une fille, il n’a pas le droit » ah ok.

Puis, on se dirige vers la caisse, je sors fiĂšrement mes 12 euros (12, encore 12), mais je comprends vite que ce soir l’entrĂ©e est gratuite (je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, je ne sais pas grĂące Ă  qui), je range donc mon billet et mes deux piĂšces.

ArrivĂ©e dans l’enceinte de la boite avec mes trois compagnons de soirĂ©e, ma premiĂšre pensĂ©e a Ă©tĂ© « woua c’est grand ». Les gens avaient dĂ©jĂ  l’air bien atteints par l’alcool. J’avais juste envie de leur dire « punaise les gars il est mĂȘme pas minuit vous allez ĂȘtre comment Ă  3h du matin ? » mais visiblement ils devaient ĂȘtre habituĂ©s puisque trois heures plus tard ils continuaient de boire (et tenaient toujours debout, enfin presque).

0h19 : (la photo sur mon tĂ©lĂ©phone tĂ©moigne de l’heure exacte de cet Ă©vĂšnement important de ma vie), un des amis de mon cousin avec qui j’étais venue dĂ©cide de me payer mon PREMIER verre d’alcool. Je ne sais pas ce qu’il y avait dedans, mĂȘme lui ne le sait pas en fait, tout ce que je sais c’est que j’ai dĂ» le boire d’un coup et que j’ai failli mourir sur place. Il m’a bien fallu une demi-heure pour reprendre mes esprits. (Merci Ă  lui au passage, qui a quand mĂȘme payĂ© 5 euros pour me voir crier que j’avais la tĂȘte qui tournait pendant vingt minutes).

Bon, pour finir, de minuit et demie Ă  trois heures (le moment oĂč nous sommes rentrĂ©s, parce que oui nous avions un repas de famille le lendemain et si on ne voulait pas ressembler Ă  des zombies [ce qui fut le cas tout de mĂȘme] on se devait de rentrer tĂŽt), il ne s’est rien passĂ©, si ce n’est les gros lourds de 30 ans qui viennent ici pour draguer des filles de 18 ans, ou encore les mecs totalement bourrĂ©s qui pensent que venir te parler en puant la vodka est la meilleure maniĂšre de te donner envie de les connaitre.

Si je devais rĂ©sumer cette soirĂ©e en un mot, ce serait inoubliable. Ok certains gens sont trop bizarres, ok parfois je me suis demandĂ©e comment certains tenaient encore sur leurs deux jambes, ok souvent je me suis dit que je devais ĂȘtre la seule enfant sage aux alentours, mais au final j’ai rĂ©ellement trouvĂ© ça super. J’aurais peut-ĂȘtre dĂ» commencer plus tĂŽt, comme les gens normaux.

A.N.

Il parait qu’il faut dire bonjour â™Ą

Nous sommes le 4 décembre 2015 quand je commence à poser les premiÚres lettres sur cette feuille blanche. Nous sommes le 4 décembre 2015 quand je commence à écrire ce qui sera ma premiÚre publication.

Des blogs j’en ai eu, plus ou moins sept au cours de ma vie, mais celui-ci est diffĂ©rent, je ne veux pas le partager sur mon compte Twitter, Instagram et autres, ce sera un petit bout de ma vie privĂ©e devenu public. (update: en fait si, on ne se refait pas aha)

J’ai cet espoir secret (enfin qui n’est plus secret du coup) que personne de mes proches ne tombe jamais dessus. Le journal intime dans un cahier : trop risquĂ©, parler sur Twitter : pas assez discret, alors ici c’est ma derniĂšre alternative.

Je ne suis pas dĂ©pressive, pas triste, pas au bout de ma vie (hashtag expression de jeun’s), c’est plutĂŽt de la joie, du bonheur, de la reconnaissance que je partagerai ici. Oui, il est rare de pouvoir ĂȘtre rĂ©ellement heureux dans sa vie quand on a 17 ans (bientĂŽt 18, mais j’ai dĂ©jĂ  honte de ne pas savoir faire des pĂątes Ă  17 ans donc je ne suis pas pressĂ©e d’en avoir 18), pourtant j’ai vraiment l’impression d’avoir tout ce dont j’ai toujours rĂȘvĂ©.

Seule adolescente de 17 ans Ă  ne pas aimer le Nutella, Ă  ne jamais avoir regardĂ© Hunger Games et Ă  ne pas connaĂźtre le nom des One Direction, je n’en reste pas moins une jeune fille normale : amoureuse des frites du McDo, prĂȘte Ă  faire deux heures de route pour acheter la merveilleuse robe de chez Zara qui est en rupture de stock dans le magasin d’en bas de chez elle mais qui lui donne l’illusion qu’elle aura le mĂȘme corps que la magnifique mannequin qui la prĂ©sente sur le catalogue quand elle la portera, et qui en a MA-RRE de devoir se coucher tĂŽt (2h du mat’ quoi) car elle a cours le lendemain.

BIENVENUE !

A.N.