Marathon des Sables Atlantic Coast – Partie 3 : le deuxième jour de course

Après une nuit un peu agitée par une petite tempête mais pendant laquelle j’ai étrangement super bien dormi sur mon matelas Decathlon, avec mon sac de couchage de luxe (il restait plus que ça comme je suis une meuf pas organisée qui a pensé à l’achat du sac de couchage deux semaines avant la course) et ma tente remplie d’eau car mes gourdes se sont vidées pendant la nuit, nous voilà partis pour la grande étape de la course.

Le Marathon des Sables s’organise ainsi : la première et la troisième étape ont le même nombre de kilomètres pour tous les participants. Durant la deuxième étape, en revanche, on choisi entre 3 distances : 20km, 40km ou 60km (qui ne faisait que 54km cette année).

Mon but initial était de faire l’étape de 60km pour atteindre les 120 en fin d’aventure. Si la veille je pensais que ça allait être compliqué en raison de mes guêtres et de mon mental de chips, j’avais passé une bonne partie de la nuit à analyser le parcours et me dire que merde à la fin, j’allais faire les 54km et ça irait. C’est donc dans cet état d’esprit que nous avons commencé le parcours (sous la pluie) (c’était le début de 3 jours de tempête, mais heureusement, on ne le savait pas encore).

On a commencé en marchant malgré le plat du parcours et le terrain propice à courir et au 2e kilomètre quand il a fallu choisir entre le parcours des 20 et celui des 40/60, nous sommes partis sur ce dernier, sans imaginer que je signais mon arrêt de mort.

Mes guêtres scotchées ont pas mal tenu jusqu’au kilomètre 11 à peu près, moment où elles nous ont à nouveau quittés. Encore un énorme coup au moral car en plus du sable qui rentrait dans mes chaussures, il pleuvait et les orages de la nuit avaient créé d’énormes trous d’eau dans lesquels on avait pas le choix de marcher. Sauf que l’eau + le sable, ben ça donne à coup sur des ampoules.

Au km15 j’ai commencé à me dire que c’était mort pour refaire quasiment un marathon de plus et donc qu’on allait partir sur le format 40km, le choix se faisant 18km plus loin. Mais mon mental n’y était absolument pas, et alors que je pense avoir impressionné tous mes proches (moi la première) avec mon mental à la SaintéLyon, c’est ce même mental qui allait ici causer ma perte…

Au 2e checkpoint et après 20km, j’ai décidé d’abandonner. La décision a été difficile et pas forcément comprise par les autres et par l’organisation car j’étais extrêmement large sur les barrières horaires et on voyait que physiquement je n’avais aucune douleur, mais je me connais et quand la tête n’y est pas je ne peux pas continuer, qu’importe pour quelle course ou quelle distance c’est. Je savais que c’était la fin et que c’était mieux pour moi, pour ne pas gâcher ma fin d’aventure, on en avait même pas passé la moitié.

Le service rapatriement m’a emmenée sur le checkpoint 3 à environ 30 bornes de course où j’ai pu croiser des coureurs et des dromadaires (je ne sais pas lequel m’a fait le plus plaisir), et nous sommes rentrés au camp où j’ai pu passer la fin de la journée avec Yoann le gagnant de la 54km et ceux qui faisaient la distance 20km.

Etrangement, forcément je me sentais triste d’avoir abandonné mais j’étais tellement persuadée que c’était la meilleure décision que je n’ai jamais eu aucun regret, hormis celui de ne pas avoir mesuré la difficulté mentale que représentait cette course.

J’ai fini la journée en attendant Alex qui a réussi l’exploit de faire les 34 derniers kilomètres en moins de temps que moi sur les 20 premiers et on est allé se coucher, sous la flotte, tous transpirants, sans avoir pu manger chaud parce que trop de vent pour faire du feu et avec la haine de savoir qu’il nous restait encore 2 nuits sur ce camp qu’on commençait à détester (et dont je regrette maintenant de ne pas en avoir assez profité).

Stay Tuned pour le résumé du jour de repos, aka mon jour pref de l’aventure

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