Je voue un profond respect et une admiration tout aussi sincère à toutes ces personnes que je vois faire une séance de 30km solo avec leurs écouteurs. Je n’ai jamais pu le faire. Les deux seules séances aussi longues que j’ai faites dans ma vie (avant mon premier marathon et celle de dimanche dernier donc) ont forcément été faites en rentrant en courant après une course officielle d’une vingtaine de kilomètres. C’est donc ce qu’on a fait avec Alex dimanche dernier.
J’en parle très peu parce que mon cerveau ne pense qu’à la SaintéLyon, mais après mon abandon sur le Marathon de Paris 2024, je me suis inscrite (le jour même) au marathon de Nice, histoire de conjurer le sort. Mais, absorbée par ma prépa trail (qui se résume à une séance de cotes par semaine, le restant étant sur du plat puisque je VIS A PARIS), j’en suis limite venue à oublier que dans deux semaines je dois courir 42 bornes.
Mais comme on oublie jamais très longtemps les choses douloureuses, j’ai décidé de faire la sortie obligatoire de 30km dimanche, me servant des 20km de Paris prévus ce jour pour rendre la douloureuse moins…. douloureuse. Et étrangement, ça s’est très bien passé.
Le programme était donc le suivant : 20km de course officielle puis 10km pour rentrer en courant. L’enjeu était de ne pas se laisser dépasser par l’ambiance festive de la course et de partir sur un rythme de 1h55 au 20km pour ne pas être cramée pour les 10km restants. En réalité, ça ne s’est pas du tout passé comme ça.
Les 20km sont étrangement super bien passé (étrangement car ma forme sur mes précédentes courses ne l’aurait pas laissé deviner mdr). Je les ai terminés en presque totale aisance en 1h48 et j’avais encore pas mal de jus pour la suite.
On s’arrête une dizaine de minutes, le temps de boire, manger, dire bonjour à un mec de ma fac de Grenoble rencontré par hasard, récupérer la médaille, donner celle d’Alex à un petit car il est beaucoup trop généreux et qu’il en peut plus qu’on ait toutes les médailles de toutes les courses d’Ile de France en double dans le salon, d’accrocher la mienne à mon cou parce que j’en peux encore qu’on ait toutes les médailles de toutes les courses d’Ile de France en double dans le salon et que je voulais craner durant les 10 prochains kilomètres.
Nous voilà donc repartis pour 10 bornes avec cette folle sensation de fraicheur dans les jambes, à limite me demander si j’avais bien couru 20km juste avant ou si c’était qu’un rêve.
Pour rentrer, il y avait un peu plus de 6km. Je savais que ces kilomètres ça irait mais que quand il faudrait faire des tours juste à côté de chez moi pour combler les 4km restants, ça allait se compliquer. Mais ce que je ne savais pas, c’est qu’Alex mon lièvre mon mentor et ma seule motivation ALLAIT M’ABANDONNER AU KM28.
Etrangement, je n’ai souffert sur aucun moment de ces 30km, ce qui m’a un peu rassurée pour le marathon et pour les prochaines courses. En revanche, je traine une sale angine depuis lundi qui m’a couchée totalement pendant 48h et qui me donne encore aujourd’hui l’énergie d’un salsifis trop cuit. Hâte de reprendre la course.