Qu’elle ne fut pas la réaction de mon copain quand un beau soir de mai, j’ai lâché une idée qui a fait l’effet d’une bombe : et si on refaisait les 100km de Millau cette année !
Je ne vais pas vous mentir en vous disant que je n’avais que de bons souvenirs de l’édition 2023 (j’ai détesté), mais plus je fais du sport et plus je me rends compte que c’est un peu comme les accouchements : tu passes un moment atroce pendant, mais le bonheur de l’après te fait oublier à quel point tu as douillé.
Donc nous en étions là, à 5 mois de l’échéance, avec moi très emballée par le projet et Alex qui se demandait si j’étais devenue folle. Et pourtant, trente minutes de négociations ont suffi à ce qu’il admette que c’était finalement pas une si mauvaise idée que ça et qu’il prenne son dossard.
Malgré notre enthousiasme grandissant (et incompréhensible de l’extérieur), se posaient deux problèmes :
- Comment emporter notre vélo à Millau
- Comment aller à Millau aka la ville la moins bien desservie de France
L’année dernière, j’avais rejoint en train de nuit (sur des sièges et non en couchette car en 2023 les femmes ont peur de se retrouver seules en couchette avec des hommes, un bonheur) mon copain et sa maman qui étaient partis en voiture et avaient donc pris avec eux (et ramené à Paris) le vélo. Mais cette année, pas folle la guêpe, ma belle-mère avait dit « VOUS ETES FOUS JAMAIS DE LA VIE JE REPARS AVEC VOUS ». Et c’est un peu ce que tout le monde autour de nous pensait.
Après des heures de recherches, à envisager de prendre des billets de train pour partir le vendredi matin mais c’était 11h de trajet avec deux correspondances et ça nous faisait poser une journée de congés, ce qui est compliqué fin septembre en souscription, pour finalement partir sur un voyage de nuit, le jeudi de 19h30 à 9h30 (en couchettes, accompagnée de Monsieur le sauveur) puis en bus, suivi d’une journée en télétravail entre bars (à boire 4 chocolats chauds pour ne pas se faire dégager du bar qu’on a squatté pendant 6h alors qu’avant mon premier semi marathon, Alex m’avait limite fait interdit de boire du lait deux semaines avant) et Airbnb (après avoir durement négocié avec le proprio pour qu’il nous laisse entrer une heure plus tôt).
Pour le vélo, on a vite compris que ce serait impossible de l’emmener avec nous depuis Paris, compte tenu de la partie en bus que nous devions obligatoirement faire dans notre trajet. On a alors décidé d’en louer un (faites le bien en amont, ça part vite, en mai il n’en restait déjà plus qu’un). On est passé par une merveilleuse loueuse Crazy E-Bike que je ne peux que recommander (https://www.crazy-ebike.com/). On a payé 60 euros pour un vélo et deux paniers sur l’arrière.
A la base, je pensais que c’était un vélo normal mais j’ai appris trois jours avant l’événement que c’était un vélo électrique. Petite crise de panique au moment où la loueuse m’a envoyé un SMS en me parlant de chargeur et que j’ai donc compris que mon vélo aurait une batterie super lourde à porter en plus du poids des bagages, mais bon, a posteriori, même si c’était dix fois plus dur sur le plat, c’était une aide incroyable dans les montées et je regrette pas de l’avoir pris en électrique car ça permet de vraiment se reposer dans les montées.
Pour le retour, on voulait initialement prendre un train de nuit aussi mais ça nous faisait payer un jour supplémentaire au Airbnb sans y dormir et au vu de la nuit que j’ai passée le jeudi dans les couchettes, je me suis remerciée d’avoir, pour une fois, écouté Alex qui avait recommandé de prendre le bus de 8h40 pour une arrivée à l’appart à 20h. Je vous passerai les traditionnels problèmes de SNCF qui nous ont fait stresser à l’idée de rater notre dernière correspondance, mais quel bonheur de pouvoir dormir dans un vrai lit le dimanche soir avant de reprendre le boulot le lendemain.

La course en elle-même était magique : Alex a fait 21 minutes de pause en 18 ravitaillements soit un peu plus d’une minute sur chacun, mes parents se sont déplacés pour venir nous voir au marathon (plus beau cadeau du monde) et on a fait pas mal de rencontres, que ce soit dans l’immeuble du Airbnb qui n’était rempli que de futurs cent bornards ou pendant la course en elle-même.

Tout s’est corsé pour moi au kilomètre 75 où j’ai commencé à remettre l’intégralité de ma vie et de ma passion pour le sport en question, pour finalement oublier toutes ces interrogations une fois la ligne d’arrivée dépassée. C’est peut-être ça qu’on appelle la magie du sport …
