Il y a des étapes dans la vie que l’on redoute plus que d’autres : ma première vraie déclarations d’impôts solo (pas celle où j’avais juste à appuyer sur ok parce que tout était déjà rentré) en faisait partie. Et à mon plus grand malheur, elle a eu lieu cette année.
Hello la Team,
Après des semaines à repousser la sentence (ou plutôt à attendre que ma comptable veuille bien m’envoyer les montants que je devais déclarer pour mon appartement), c’est le 14 mai que j’ai choisi pour être LE grand jour, celui de ma première déclaration d’impôts pas automatique. Et je peux vous le dire, ce ne fut pas de tout repos.
Histoire de rentabiliser la galère, je me suis dit que j’allais en faire un article de blog. Mais étant un peu (beaucoup) superstitieuse et pas archi confiante sur ma déclaration, j’ai préféré attendre que l’administration fiscale valide ce que j’avais fait pour ne pas me porter la poisse. Voici donc venu le temps de vous conter ma terrible déclaration de revenus 2023.
Je sais depuis un an et demi que cette déclaration va être une galère sans nom pendant laquelle je vais devoir jongler entre différents supports, placements, revenus et tutti quanti. Et surtout, je sais depuis un an et demi que personne ne pourra m’aider parce que dans mon entourage ben personne n’y connait rien sur ça.
Mardi 14 mai. 8h.
C’est la routine. En mai je prends deux semaines de congé dont une demie journée réservée pour la déclaration d’impôts sur le revenu. En général, ayant quitté la team procrastination et ne voulant pas me pourrir une partie de mes vacances à y penser, je le fais dès le premier jour. Cette année, j’ai pourtant dû attendre que la comptable m’envoie les résultats de son travail pour les ajouter à ma déclaration.
Ainsi, en ce mardi 14 mai, quelle ne fut pas ma surprise d’ouvrir mes mails et découvrir que ma super comptable m’avait ENFIN envoyé le résultat de son travail et les sommes à déclarer aux impôts pour mon appartement (la comptable est obligatoire quand on est au régime réel de la LMNP, régime que j’ai choisi). Bon, elle m’avait aussi envoyé une jolie facture de 700 euros je crois, oklm, go me reconvertir. Non en fait, je comprends tellement rien que je préfère mon petit salaire je crois.
Son fichier PDF était accompagné d’un petit mail me disant t’inquiète soeurette, tout a été transmis à la DGFIP, la seule chose que tu devras faire c’est te connecter sur ton espace personnel des impôts et tout ce qui est relatif au studio sera déjà inscrit automatiquement. Spoiler : absolument rien n’était inscrit mais bon, elle m’avait bien précisé quelles cases remplir si rien n’apparaissait donc ce fut plutôt simple.
Une fois les données rentrées à la main et mes salaires vérifiés, je suis passée au gros du délire : la déclaration de mes investissements. Accrochez-vous.
PEA / Crowdfunding immobilier / Assurance vie
A ce niveau-là, passant par des plateformes françaises, il n’y a eu aucun souci. Les données étaient automatiquement rentrées et je n’avais qu’à vérifier (= leur faire confiance car j’ai aucune foutue idée des données à rentrer) et à valider. Rien de bien compliqué.
Compte-titres / Cryptomonnaies
Mon compte-titres et mon compte de Bitcoin sont hébergés sur Trade Republic, un courtier allemand. J’ai donc été dans l’obligation de déclarer que je possédais deux comptes à l’étranger, sous peine d’une amende de 1 500 euros par compte. J’avais anticipé le truc et regardé sur Internet comment faire. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que dans la vraie vie ben ça se passe absolument pas comme le disent les blogs.
Je ne sais pas si c’est moi qui ai merdé sur un truc ou si vraiment tout a changé en 2024, mais impossible de retrouver les cases dont les blogueurs parlaient. Impossible non plus de comprendre comment déclarer mes comptes à l’étranger. Pétard j’ai majoré le partiel de droit fiscal et je suis absolument incapable de déclarer mes revenus sans embuches, comment ils font les autres ???
J’en étais arrivée à me dire tant pis pour l’amende de 3 000 euros, je vais annuler ma déclaration et dire que je n’ai pas de comptes à l’étranger. Pas si malinx le lynx que ça, impossible de décocher la case sans appeler un conseiller. Je ne me voyais en aucun cas appeler un conseiller pour lui dire les yeux dans les yeux (la bouche sur la bouche au téléphone) que je n’avais pas de compte à l’étranger alors que si.
Bref, je remplis des cases, on me demande mes plus-value et moins value sur chaque action achetée ou vendue (j’en achète ou vends une centaine par an, mdr), le cours de l’action avant et après que je vende, l’heure de vente (???), que des trucs archi étranges dont je n’ai absolument aucune idée. Je commence à pleurer, gérant super mal le stress (ah bon, vous ne l’aviez pas encore remarqué ?) et là j’appelle ma comptable en dernier recours. J’étais honnêtement prête à la payer mille balles pour qu’elle me fasse ma déclaration, pour le bien de ma santé mentale.
Elle me propose un tarif, je dis ok, puis je demande le délai. Elle me répond que ce sera fait tout début juin, je lui dis non madame je peux pas rester avec cette angoisse dans la tête jusqu’à début juin, je vais gérer seule.
Je remplis des cases, d’autres cases, je mets des chiffres au pif, ça annule les données saisies automatiquement de mes comptes en France (:)), je remets des chiffres, je valide, ça me dit qu’il y a une erreur (sans me dire à quelle case, faut pas trop en demander), j’efface, je refais, ça fonctionne pas. Rien ne fonctionne.
Et là, j’appelle mon super pote investisseur à la rescousse qui me dit ah ben moi aussi je galérais donc j’ai appelé les impôts il faut faire ça ça ça. Je l’écoute, modifie ma déclaration de revenus que j’avais validée en voulant juste modifier la case qui semblait poser problème. Et là : catastrophe. Plus aucune donnée. PLUS. AUCUNE. DONNEE.
Toutes mes données rentrées automatiquement avaient été supprimées, sauf que je n’avais aucun moyen de les retrouver. Je panique, je pleure, je dis que je préfère rester pauvre toute ma vie plutôt que vivre cet enfer de déclaration d’impôts.
Et là par MIRACLE (me dites pas que vous n’y croyez pas), je me souviens que j’avais pris une capture d’écran d’une page sur laquelle le site me disait qu’il y avait une erreur pour l’envoyer à la comptable. Et cette page contenait l’intégralité des données automatiques que j’ai donc pu remplir à nouveau.
Après une heure à faire des essais pour tenter de trouver la combinaison qui me permettrait de valider ma déclaration, j’ai un éclair de génie et je me souviens que je n’ai pas rentré les impôts déjà prélevés à la source sur les dividendes ou le crowdfunding. 900 euros au total. Sauf qu’en fait il fallait cocher une toute petite case que tu vois à peine. J’ai donc failli payer deux fois 900 euros d’impôts sur mes dividendes, assurance vie et ventes d’actions. Un plaisir. L’administration fiscale français, on vous aime changez rien.
J’arrive enfin à valider ma déclaration d’impôts (sans savoir comment faire et dans l’incapacité de le refaire l’année prochain) et me promets à moi-même que je vais arrêter les investissements pour ne pas avoir à revivre ce cauchemar. Mais bon, à l’instar d’un accouchement, une fois les nouveaux dividendes reçus, on oublie la douleur et on se souvient que ça vaut le coup de galérer un jour par an pour ça. Rdv en mai prochain pour voir si je dis la même chose.
A bientôt,
Audrey