Hello,
Début mars, j’ai couru pour la seconde fois de ma petite vie le semi marathon de Paris. Si j’avais déjà raconté mon expérience sur la première édition que j’ai courue (en 2022) et que j’ai longtemps pensé qu’il n’y aurait pas grand-chose de différent à raconter, sachez que je me suis totalement trompée. Me voilà donc ici pour vous raconter mon expérience sur le semi marathon de Paris, édition 2023.
Le Semi de Paris tombait pendant la prépa du Marathon de la même ville, quatre semaines précisément avant celui-ci. Si beaucoup disent qu’il est impossible de tout donner sur un semi marathon à un mois d’un marathon, au risque de se blesser, j’ai décidé d’en faire qu’à ma tête et de tenter de battre mon record qui était à ce moment-là de 1h52 pour 21,1km.
Mon rêve secret et objectif de l’année 2023 était de passer sous la barrière symbolique des 1h50. Je savais que sur un parcours aussi exigeant que l’est celui du semi de Paris (= c’est pas tout plat la connerie), passer sous les 1h50 serait compliqué, je m’étais donc dit que j’allais viser 1h51 et que je gardais le moins d’1h50 pour le semi de Boulogne-Billancourt, au moins de novembre.
Départ
Seule, abandonnée, je me suis retrouvée à pouvoir cogiter une trentaine de minutes sous un froid polaire (alors que j’étais en débardeur) sur ma technique de gestion de la course : à quelle vitesse partir ? Comment gérer les ravitaillements ? Est-ce que ce n’était pas trop dangereux de tout donner au risque de me blesser ?
Bref, tant de questions pour aucune réponse formelle, envahie du souvenir des avis totalement différents de mes amis, entre un groupe prônant le fait d’aller vite pour être fier de soi et un autre me disant que mon objectif principal restait le marathon et que c’était trop dangereux de prendre le risque de se blesser sur un semi juste avant.
Le go est donné. Je me mets directement derrière la meneuse d’allure du 1h50 en me disant que si besoin je ralentirais par la suite.
Je me connais par coeur et je sais que la technique d’être régulier dans l’allure du début à la fin ne fonctionne pas avec moi. Qu’importe ma vitesse initiale, je craque toujours vers le 18e kilomètre, donc autant partir vite pour pouvoir se permettre de ralentir sans perdre trop de temps sur mon allure cible par la suite.
Km 0 à 7
Les premiers kilomètres se font très facilement, je maintiens l’allure d’1h50 (soit 5’12 min au km). Vers le 6e, à l’arrivée du ravitaillement, je commence à accélérer et m’éloigner de la meneuse d’allure. Je m’en sens capable et surtout je sais que je ne m’arrêterai pas au ravitaillement donc que je gagnerai quelques précieuses secondes sur elle.
J’avais décidé d’être en totale autonomie alimentaire : je buvais dans ma gourde à chaque fois que ma montre sonnait donc tous les kilomètres et j’avais des compotes dans mon sac d’hydratation en cas de petit creux. Comme toujours, je n’ai rien mangé (aie aie aie). Comme toujours, c’est passé (ouf ouf ouf).
Km 7 à 12
Tout roule parfaitement, je ne me sens pas du tout en difficulté à la mi-parcours. J’ai les jambes pour maintenir mon allure qui est pourtant bien au-delà de mon allure cible et j’ai le mental pour finir cette course en étant fière de moi. Je me demande même comment c’est possible que je me sente aussi bien alors que je viens de faire 12 bornes, c’est suspect.
J’ai des vagues souvenirs de l’année d’avant dans lesquels ok j’étais pas ko mais j’étais quand même pas bien (notamment parce que je venais de comprendre que contrairement à ce que je pensais, j’allais pas du tout avoir le droit de m’arrêter 2 secondes à chaque ravito, NAN, Alex voulait que je le coure SANS M’ARRETER) (c’était ma première course officielle, soyez indulgents).
Km 13 à 19
Je me sens encore une fois étrangement bien. Je me souviens exactement du moment où j’ai craqué l’année dernière (sur les quais, avec les montées et descentes) mais comme je connais le parcours et que je connais cette sensation de crever qui nous habite du 18e au 20e km, ben là tout va bien. Je me dis ne t’écoute pas Audrey, tu es en train de faire un chrono de folie que t’aurais jamais osé imaginer faire alors donne tout jusqu’à la FIN (qui, si tu ralentis pas, est proche, yeah).
Km 19 à 21
Et là, c’est le drame. Vraiment, les deux derniers kilomètres ont été horribles, à tel point que j’en venais à me dire, au moment il me restait 300m, « vas-y marche, de toute façon même si tu marches tu finiras sous les 1h50, ce qui était ton objectif ». MAIS NON AUDREY ! Tu ne peux pas dire ça. Même si tu es sure de réussir ton objectif, tu ne peux PAS marcher à 300 mètres de l’arrivée. Tu ne PEUX PAS FAIRE CA.
Une petite claque mentale à moi-même et me voilà passant la ligne d’arriver en 1h48 et quelques petites secondes, découvrant en même temps que ma puce électronique n’a une nouvelle fois pas marché (merci Strava pour le chrono donc).
Je m’en serais tellement voulu d’écouter ceux qui me disaient d’aller doucement et de ne pas avoir pu ressentir cette joie ressentie au moment de franchir la ligne d’arrivée en un temps que je ne pensais jamais faire (on était bien en dessous du 1h49 et 59 secondes cible).
Courez, ça change la vie ! ❤
Audrey
Ne lâche jamais tes objectifs, tu pourras toujours les réussir et sois fière de toi car tu le mérites ❤
_vh
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Merci, tu es adorable !! 🙂 ❤
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