SaintéLyon : j’ai détesté, mais je veux y retourner

Hello,

Le samedi 3 décembre 2022 était un grand jour pour moi. Après plusieurs années à rêver de faire la SaintéLyon suite à l’assistante d’un ami il y a quelques éditions, c’était enfin à mon tour de me frotter à cette course mythique pour tout bon Stéphanois qui se respecte (et, actuellement, des choses dont on peut être fiers à Saint-Etienne, il y en a peu...).

Bon, ma condition physique et mes exploits sur la Chambérienne un mois plus tôt ne me permettaient pas de me lancer sur les trois plus grands formats (156, 78 et 44km), mais la « petite » de 24,5km (les « ,5 » sont importants) me faisait pas mal de l’oeil.

Nous voilà donc inscrits : moi sur le format 24km, Alex sur celui de 78 (mdr). Et tout comme pour la Chambérienne, nous n’avons suivi aucune prépa spécifique. Au top. 🙂

1/ SNCF : mon (dés)amour

Etant des gens très organisés, on s’était motivé à prendre nos billets de train bien en avance, histoire de ne pas être pris au dépourvu. J’avoue que l’on a même un peu pris de haut le meilleur ami d’Alex qui n’a réservé que quelques jours avant l’événement et qui se retrouvait donc dans un train avec un horaire bidon (pendant le match)… Si on avait su.

Le lundi avant la course, contre toute attente, la SNCF nous a informés que notre cher petit train de l’aller sur lequel nous comptions fortement était annulé en raison d’un préavis de grève.

Ni une, ni deux, voyant la galère arriver quand tout le monde allait vouloir reprendre un billet dans les trains pas (encore?) supprimés, j’ai forcé mon copain à vite reprendre un billet pour ne pas se retrouver dans la même situation que pour la Marseille-Cassis à laquelle nous n’avions pas pu aller à cause d’un problème similaire. Et heureusement, parce que à peine mon billet 2e classe pris, il n’en restait plus qu’un dans tout le train, en première classe et au double du prix.

Pour la petite histoire, le meilleur ami d’Alex qu’on chambrait deux jours avant car il avait pris son billet au dernier moment n’a eu aucun souci d’annulation. Karma, vous dites ? KARMA.

2/ L’arrivée à Lyon

Notre train arrivait à Lyon le samedi à 14h. Le plan initial était que j’aille dormir après la course chez mon petit-frère qui vit en banlieue lyonnaise. Le minimoys m’attendait donc gentiment à la gare à l’arrivée de mon train pour me filer son trousseau de quarante clés que j’allais devoir trimballer pendant toute la course pour ne pas prendre le risque de me le faire voler en le laissant en consigne. Merci, pas merci.

Une fois les clés récupérées, on est parti acheter une pizza pour moi et des pâtes pour Alex (qui, avouons-le, est visiblement un peu plus calé que moi niveau besoins nutritionnels avant une course) (l’Histoire racontera que la pizza avant de courir c’était vraiment pas une bonne idée) avant de retourner à la gare chercher le meilleur ami d’Alex. Il était 14h30, j’avais déjà atteint mon objectif de pas de la journée.

Un petit tour à Monoprix pour s’acheter de quoi manger pour le soir (j’ai pris une salade Sodebo, c’était encore une fois la pire idée) et quelques amplettes à Decathlon plus tard, nous voilà sur la route pour rejoindre la Halle Tony Garnier, lieu du début de notre galère.

3/ La Halle Tony Garnier

Immense salle de concert transformée chaque année à la même date en un lieu de retrait des dossards / attente avant le départ / arrivée des coureurs de la SaintéLyon, la Halle Tony Garnier gardera, à jamais, une place particulière dans mon coeur.

Tout a commencé avec le retrait de nos dossards, presque aussi interminable que la course en elle-même, avec des gens qui ne respectaient pas du tout leur créneau de retrait (nous) et qui grattaient des places dans les files d’attente sans s’en rendre compte (encore nous ! 🙂 ).

Une fois le dossard récupéré, encore fallait-il survivre à la tentation des 40 stands présents sur le salon. Une petite photo souvenir sous l’arche et hop, me voilà en train de dire au revoir à l’amour de ma vie, parfaitement consciente des risques inhérents à cette course mais croyant assez en lui pour le pousser à y aller.

17h : la navette dans laquelle Alex est part pour Saint-Etienne, lieu de départ de sa course. Quant à la mienne, elle est prévue pour 21h. Je comprends donc très vite que je vais devoir attendre quatre heures seule à la Halle. Il va falloir s’occuper …

Je prends le temps de me changer, d’aller trois fois aux toilettes (pour une fois qu’il n’y a pas deux heures de queue pour celles des femmes…), puis je m’assieds dans les gradins et attends sagement que le temps passe en mangeant ma pauvre salade Sodebo (la suite prouvera que c’était vraiment pas une bonne idée).

Une fois dans ma navette, 25 minutes de route nous séparaient de Soucieu en Jarrest, lieu de départ de ma course. J’ai donc rapidement compris que le retour à pied allait être vraaaaiment compliqué.

4/ L’avant départ

J’ai eu la chance de monter dans une des toutes premières navettes à partir et donc à arriver, me garantissant ainsi une place assise pour reposer mes petites pattes avant la course qui nous attendait.

Le truc merveilleux dans le trail c’est que tout le monde court ensemble, peu importe le niveau. Je me suis donc retrouvée assise à dix mètres de mon idole du trail qui allait devenir la future gagnante de la course, 2h plus tard (petit spoiler : j’ai mis 3h10 mdr).

Il y a une tradition à laquelle je ne peux pas échapper, c’est la pause pipi juste avant le départ d’une course. Si sur certaines courses c’est bien organisé, avec une attente raisonnable (comme la Parisienne, course de femmes et organisée par des femmes) (tout s’explique), sur d’autres (comme la Paris-Versailles, pour ne pas la nommer), le temps d’attente est ahurissant.

Pour la SaintéLyon, des toilettes éphémères avaient été installées à l’extérieur du gymnase. Ma motivation pour quitter ma place assise et partir me geler les fesses dans la file d’attente dont je ne connaissais pas la taille était proche de zéro, à tel point que j’avais même fini par m’aautoconvaincre que j’en avais pas si envie et que bon, 3h de course sans pouvoir y aller c’était pas si long que ça au final (si).

Dans un éclair de lucidité, j’ai quand même fini par y aller. La queue était bien plus raisonnable que je ne l’avais imaginée et après 15-20 minutes d’attente, me voilà donc avec une vessie vide et une forte envie d’en découdre et de venir à bout de ces 24,5km (à ce moment-là, je pensais qu’il n’y en avait que 23 mdr).

5/ Le départ

Le lieu de départ de la course était à environ 1km du gymnase. En extérieur.

Après une bonne demie heure d’attente, le départ est annoncé pour dix minutes plus tard. Le stress commence à monter avant de me lancer sur ce qui allait être ma plus longue distance jamais parcourue. Finalement, on nous prévient qu’en raison d’un trop grand nombre de coureurs, le départ se fera en deux fois. Bien évidemment, la ligne de séparation s’arrête juste devant moi. Point positif : j’allais vivre un de mes premiers départs en étant juste sous l’arche publicitaire. Point négatif : mon temps de sommeil avant l’arrivée d’Alex était compté et s’en trouvait donc diminué.

23h10 : le départ est donné. Le monde sur le bord de la route est hallucinant au vu de l’horaire. Le chemin n’est pas du tout adapté à mes chaussures de trail qui commencent à me faire mal mais bon, pas le moment d’abandonner alors que l’on vient tout juste de commencer.

Je m’étais lancé un défi : ne pas m’arrêter hormis dans les montées très difficiles. Mdr. Après deux kilomètres de course, je vois un TAS (littéralement) de frontales arrêtées à 200 mètres de moi). Je devine sans mal (ou du moins espère très fort) qu’il reste des êtres humains sous ces frontales et me demande donc ce qu’ils font tous à l’arrêt alors que l’on vient de commencer et que MEME MOI je n’ai pas encore de point de côté.

Je m’approche et découvre que tous ces gens sont en réalité arrêtés car il y a un énorme trou (que dis-je, une piscine municipale) de deux mètres de longueur et au moins dix mètres de profondeur (au moins). On attend tous qu’un courageux veuille bien sauter en premier pour nous prouver que c’est possible. La même histoire se reproduira cinq fois sur le tracé. On a beau avoir échappé à la neige, on n’a rien pu faire pour la pluie.

6/ Ravitaillement

Le parcours du 23km comportait un seul ravitaillement, aux alentours du 12e km. Etant donné mon état à l’arrivée de ce ravitaillement et les 12km que je venais de passer à baver devant ce que j’allais manger, j’ai décidé de faire une vraie pause réconfortante à base de (plein de) verres de coca et….. d’un chocolat chaud. Et là, c’est le drame.

Tout le monde sait qu’il ne faut pas boire de lait avant une course, tout le monde me l’avait dit, je le savais. Mais mon cerveau n’avait pas imprimé qu’en prendre un pendant la course ben c’était encore pire.

Je suis repartie avec un mal de vide de l’enfer et les larmes aux yeux en voyant le panneau « 12km » restants. Nous voilà donc repartis pour 12 bornes à se tenir le bide et à maudire ces deux gorgées de chocolat chaud avalées.

Le temps est long, la pluie fait son grand retour et de plus en plus de personnes marchent sur le bord de la route. J’en fais bien évidemment partie.

7/ L’arrivée

Les kilomètres sont interminables, je déteste cette course de toutes mes forces. Une énorme montée se profile à l’horizon. Je me mets à pleurer presque autant que le ciel (ndlr : il y avait une tempête). Au loin, je vois l’immense pont qui annonce l’arrivée mais mes jambes craquent et je me retrouve à marcher à 500 mètres de l’arche d’arrivée (la honte, heureusement que c’était dans la nuit donc que personne ne voyait).

Un mec fou me double à toute vitesse. Je me dis qu’il est bizarre, qu’on en est déjà à 3h de course donc aucune chance qu’il gagne alors pourquoi tout donner comme ça. Une fois arrivée je comprendrais qu’en réalité c’était le vainqueur du format 44km. :))))

L’arrivée pour moi était un peu décevante, j’étais tellement fatiguée que je n’ai même pas pu profiter du moment. A peine ma médaille récupérée que je rejoignais déjà mes parents (pas très contents du monde qu’il y avait dans la rue et des embouteillages à 2h du mat mdrrr) pour rentrer dormir quelques minutes à Saint-Etienne avant de revenir chercher Alex le lendemain matin.

8/ Le bilan

Je me suis répétée pendant toute la course que plus jamais on ne me verrait sur ce tracé, alors que dès le lendemain je savais que je voudrais faire les plus grands formats. J’ai passé une course atroce, les conditions météorologiques, la nuit, le froid, les gens, la boue, le dénivelé, le mois, l’hiver, tout est compliqué mais Dieu seul sait à quel point c’est une des seules courses qui me fait rêver.

J’ai eu le temps de réfléchir à ma vie (bien bien bien), de me demander pourquoi je faisais ça (plusieurs fois), de ne pas trouver de réponse mais d’être certaine au plus profond de mon coeur que c’était la seule chose qui me faisait vraiment vibrer.

See U l’année prochaine la SaintéLyon pour le format 44km.

Bonne journée,

Audrey

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