Mercredi, après une semaine et demie dans le sud, l’heure du retour a sonné. Quoi de plus normal pour les 60% de Français qui ont la chance de partir en vacances ? Ben oui, mais il en fallait bien une pour qui ça allait foirer. Et cette « une », ben c’était (encore) moi.
Saluuuuut,
Mercredi signait la fin de ma semaine et demie dans le sud. Mon copain avait, en toute connaissance de cause, refusé de partir la veille ce qui lui aurait pourtant permis d’éviter la corvée ménage, sans se douter que cette corvée ménage ne serait rien face à la corvée « supporter Audrey en période de stress ».
Problème 1 : La tapenade
Quelques jours avant, en partant, mes parents ont dit qu’ils étaient dégoutés de pas être allés au marché pour acheter de la tapenade comme chaque année. Etant objectivement la best des best en idées cadeaux (j’ai toujours pas trouvé d’idée pour le Noël de mes grands-parents paternels……. on est en août…. bref….), j’ai retenu cette information et décidé de leur en prendre juste avant de partir, d’autant plus qu’on habite à côté de la Cabane du Cap d’Agde qui vend les meilleurs du coin.
J’ai attendu le dernier moment pour l’acheter pour qu’elle se conserve au max (spoiler : elle a pas eu besoin de se conserver « au max » puisque mon frère l’a dégommée en une soirée), et le dernier moment, ben c’était mercredi matin, le jour du départ.
Mercredi matin, debout à 9h pétantes pour être sure d’avoir le temps de tout faire : me voilà enfin sur la route pour faire les 300 mètres qui me séparent de la Cabane. J’avais tout donné : 9h c’est normalement le début de ma nuit mais là je m’étais levée tôt. Même mon copain qui se lève toujours deux – trois heures avant moi avait eu du mal ce jour-là. Il faut dire aussi que la veille à 2h du matin j’étais encore en train de chercher où il m’emmenait le 7 novembre avec les indices qu’il m’avait donnés (je l’aime trop). Tout-donné.
J’arrive devant le magasin et me dis « ben tiens c’est bizarre, il y a vraiment peu de gens ». Je m’approche de la porte, vois « bar à tapas » écrit en gros, me recule, réalise qu’un bar à tapas ne sera certainement pas ouvert à 9h du matin, repars chez moi dépitée. Raté.
Deux heures plus tard, me revoilà : le magasin est ouvert. Je leur demande de la tapenade, ils ont de la tapenade. Je leur prends la barquette de tapenade, ils me donnent la barquette de la tapenade. Je leur tends ma carte bancaire, ILS ME PRENNENT PAS MA CARTE BANCAIRE PARCE QU’ON NE PEUT PAS PAYER EN CARTE BANCAIRE CHEZ EUX. Raté.
Je retourne à l’appart, reviens avec un chéquier pour récupérer ma barquette de tapenade, fais mon premier chèque depuis un siècle, prends ma barquette de tapenade, rentre à l’appart.
Tapenade : ✓
Problème 2 : Le taxi
On n’était pas véhiculé : je n’ai plus le permis (cf : mes articles sur l’épilepsie) et mon copain était venu en train. On devait donc prendre un taxi pour rejoindre la gare d’Agde, là où nous attendait notre unique train qui allait me ramener à Montpellier et le ramener à Paris. L’idée pour moi étant de rejoindre Lyon depuis Montpellier comme l’indiquaient les billets que j’avais quand même réservés. Lol.
On sort une heure trente en avance (pour un trajet censé durer vingt minutes), mais bon on sait jamais, imagine s’il y a des embouteillages, un accident sur la route, un….. bref, arrête d’imaginer parce que ma grande, la suite tu n’aurais jamais pu l’imaginer.
On descend devant la résidence (enfin on descend pas du tout puisqu’on vit au rez-de-chaussée mais vous avez capté), après un quart d’heure à tenter de fermer la porte d’entrée infermable. J’ouvre l’appli Uber pour commander mon petit chauffeur. A ce moment-là, réellement, mon seul problème était la peur de ce que ça allait nous coûter. De toute façon, rien d’autre ne pouvait nous arriver : l’appart était propre, la porte fermée, l’électricité coupée : tout était parfait.
Je lance l’appli Uber : pas de chauffeur. Je lance l’appli Bolt : pas de chauffeur. Mon copain appelle un taxi (vous savez, le truc que plus personne ne prend depuis 2014?) : PAS DE CHAUFFEUR.
Je commence à stresser, je me mets à chialer (comme toujours), puis je réalise que ça va pas faire arriver le taxi plus tôt (et que mon copain va vite être soulé) donc je me calme. Après plusieurs appels, il trouve enfin un chauffeur (et en plus il a payé, vraiment le meilleur) (désolée, il est déjà pris). Ouf. Nous voilà à la gare.
Taxi : ✓
Problème 3 : Le train
On attend un peu le train (parce que oui, du coup on était en avance). On monte dedans, prêts à passer les trente minutes qui me séparent de l’arrêt de Montpellier ensemble.
Nos douze mille valises (surtout les siennes parce que c’est à peine si j’ai emmené un sac à main rempli moi) (lol) tiennent un carré famille entier et en plus on est même pas aux places qui nous sont réservées parce qu’on arrive pas à monter toutes les marches pour aller dans la salle haute. Mais bon dans tous les cas je descends dans trente minutes, et puis les gens font Montpellier – Paris en général donc je ne devrais gêner personne.
Tout se passe bien, jusqu’à ce qu’à la gare de Nimes j’entende que le train ne pourra pas s’arrêter en gare de Montpellier en raison d’un accident de personnes. Je, pardon, hein, quoi, mais non, j’ai mal entendu. Je regarde mon copain de loin que j’avais laissé pour je ne sais quelle raison (ah si, parce que ma valise prenait tout le couloir donc j’avais dû la sortir pour laisser les gens rentrer) qui semble me confirmer que si si, j’ai bien entendu.
Qui dit pas d’arrêt à Montpellier dit pas de correspondance pour Lyon à Montpellier. Qui dit pas de correspondance pour Lyon à Montpellier dit AUDREY ENCORE UNE FOIS BLOQUEE DANS UNE PUTAIN DE GARE.
Je réfléchis en deux secondes : on est dans un train pour Paris, j’ai un appart et un copain à Paris. Je prie pour que je puisse modifier mon billet, annuler celui pour Lyon et en prendre un pour Paris dans ce même train. Chose possible, chose faite : me voilà partie pour Paris.
Je change mes billets. Sans vous mentir cinq minutes après le changement on entend le speaker du train dire que finalement il ne peut pas s’arrêter à Montpellier Saint Roch mais le fera à Montpellier Sud de France (l’autre gare de Montpellier, je suppose) et que la correspondance pour Lyon sera faite à cette même autre gare de Montpellier. Bref.
Train : ✓
Problème 4 : Paris avec douze mille valises
Bon ok, il n’y a pas que la mini valise de mon copain qui remplissait le carré famille mais bel et bien les six miennes. Et six valises / sacs (une valise, cinq sacs) à porter à Paris, ben même à deux c’est compliqué. D’autant plus quand nos mains ont été ravagés par le syndrome de Stevens-Johnson, et encore PLUS PLUS PLUS quand le RER A ne marche plus et te force à parcourir tout Paris pour rejoindre un point (la maison d’Alex) que tu aurais pu rejoindre en trois fois moins. On a réussi, on a même pu fêter nos deux mois together le mercredi soir donc devant un bon kebab récupéré avec amour par mon copain (non je rigole c’est moi qui y suis allée parce que lui était garé en double file).
Aujourd’hui on est dimanche, j’ai pu prendre un nouveau train faisant Paris – Lyon le lendemain pour être à l’heure pour mon rendez-vous chez le médecin et quand je repense à cette mésaventure, je me dis que c’était tellement improbable que ça tombe sur moi que c’était sans doute le destin qui savait que j’allais être à court d’idées pour écrire ici maintenant que mes vacances étaient finies.
A+.
Audrey