Je ne peux pas dire que je pensais ne jamais avoir à écrire ces mots, mais je peux certifier qu’il m’était inconcevable d’imaginer devoir le faire si rapidement.
Tu es arrivé il y a moins de trois ans et demi.
Attendu comme le Messie, on s’est vite rendu compte que tu étais pourtant loin, très loin, d’être un saint. Mais qu’importe, notre amour pour toi était proportionnel au nombre de gants de toilette et chaussettes que tu avalais chaque jour. Oui, c’est beaucoup.
Ca n’a pas toujours été facile entre toi et nous, entre toi et moi. Si on a toujours tendance à comparer les gens entre eux, les chiens n’échappent pas à cette règle, et Dieu sait combien tu étais différent de celui d’avant. « Virus était plus gentil », « Virus était moins indépendant », oui, mais tu n’étais pas Virus. Autant que le prochain ne sera pas toi.
Si tu savais comme je m’en veux aujourd’hui de tous ces moments où je te rejetais. De ces jours où tu m’agaçais avec tes léchouilles salissantes quand je rentrais de Grenoble ou tes aboiements pénibles quand je regardais la télé, toutes ces choses pour lesquelles tu ne m’en as jamais voulu mais dont je me sens aujourd’hui coupable.
Tu es parti du jour au lendemain. Comme si tu aimais bien trop la vie pour accepter de te voir mourir. Jeudi tu nous trainais, vendredi on te portait. Jeudi tu galopais, samedi tu mourrais.
Je te souhaite un beau séjour au paradis, fait de côtes de porc et de salami. Tu laisses un grand vide ici, et pas seulement parce qu’un truc de soixante kilos affalé dans la salle à manger ça prend de la place.
Je t’aime mon Kiki. Adieu.
Audrey