Cher François

Tout avait si bien commencé. Un baiser, une acclamation, dix-huit millions de voix rassemblées et autant de gens qui mettaient leurs espoirs entre tes deux mains.

Bon, on s’est vite rendu compte que des mains tu en avais peut-être deux mais vu ta maladresse c’étaient certainement deux mains gauches. De toute façon tu n’aimes pas la droite. Enfin ça c’est ce que je pensais avant d’apprendre que tu comptais apporter ton soutien à Macron. Mais si, tu sais celui qui, comme moi, ne fait pas encore la distinction entre la droite et la gauche, préférant aller là où le vent le mène.

Qu’il fasse attention, si l’adage « après la pluie, le beau temps » est vrai, il ne va plus pouvoir compter longtemps sur le vent pour lui permettre de prendre des décisions. Bah oui, il faut dire qu’il a tellement plu pendant ton mandat qu’on se demande si ce n’est pas une façon pour le monsieur d’en haut de nous faire comprendre que lui aussi était en dépression suite à ton élection.

Oui, tout avait si bien commencé. Un discours place de la Bastille digne d’un concert de grand chanteur, les bras en l’air toussa toussa, Drake serait jaloux. D’ailleurs, en parlant de chanteurs (conserver le « grand » serait un peu mentir, et je crois que des mensonges on en a assez eus sortant de ta bouche pour que je veille à ne pas en rajouter) Yannick NOAH avait fait le choix de te soutenir et de nous offrir un spectacle géant ce 6 mai 2012 pour fêter ta victoire. Je crois qu’il regrette. On regrette aussi pour lui. Je crois que vous n’êtes plus trop amis d’ailleurs. Il aurait pu faire une chanson à ton attention, mais il a préféré en dédicacer une à Marine. Tu le vis bien ? Ah mais oui, un président normal ne veut pas de chanson en son honneur. Ça tu laisses Carla le faire à Nicolas, le président pas normal que tu as souvent atomisé, pensant certainement mieux faire, autant qu’il pensait faire mieux que Jacques, celui à qui il a succédé.

François, tu disais vouloir « remettre l’éducation et la jeunesse au cœur de l’action publique ». Mais François, c’est cette même jeunesse qui te faisait confiance que tu as perdue. François, pour qu’on t’aime il ne suffit pas d’éteindre la lumière derrière toi. Tu payes huit cents personnes pour assurer ton service, laisse-leur faire ça. Les emplois fictifs c’est plutôt le domaine de l’autre François (celui qui veut prendre ta place) (mais qui n’y arrivera pas) parce que lui n’est pas normal, non non, pas normal du tout. Tellement pas normal qu’il arrive même à faire bosser une fille qui n’est pas au courant qu’elle est censée être au travail. Conseil de future amie (bah oui Fillonou, si tu deviens président je crois qu’on sera amenés à nous rencontrer) (un petit indice ? Au mariage de ton fils et de ma petite Capucine) (oui, j’ai l’espoir d’être invitée) : quand tu mens sur l’emploi du temps d’une personne, préviens-la. M’enfin, Fillonou, c’est LA BASE. Me dis pas que tes amis ne t’ont jamais appris ça quand tu voulais tromper ta copine en prétextant être chez l’un d’eux. Non mais en même temps je comprends, il faut dire qu’en ce moment des amis tu n’en as plus beaucoup. Puis les tromperies ça c’est plutôt le domaine de l’autre François.

François numéro un, revenons à toi, tu avais fait du scooter l’image du président normal que tu souhaitais incarner lors de ta campagne. Ce même scooter (enfin je ne sais pas si c’est le même, mais tu m’as comprise) (entre humoristes incompris, on se comprend) (mdr) est devenu le symbole d’un président pas fidèle. Mais bon 48% des hommes français avouent avoir été infidèles. Ah, c’est donc ça la normalité. Bravo François.

François, tu n’as pas fait que des choses mal. Non. Loin de là. Si j’étais une fille méchante je dirais que ne pas te présenter une seconde fois t’aura permis de ne pas te tromper sur toute la ligne, mais comme je ne suis pas méchante, et que je ne le pense même pas, je vais me contenter de dire que tu as agi avec ton cœur. En même temps quand notre cerveau nous fait défaut, il ne nous reste que l’affectif pour nous sauver. T’inquiète, il m’arrive la même chose. La différence c’est que toi tu es devenu président, et moi une simple citoyenne qui t’aurait donné son vote si elle avait pu le faire en 2012. Tu as déçu, j’ai été déçue. Au fond je ne sais pas si je préfère ta place ou la mienne. Mais ce que je sais c’est que j’aurais préféré ton salaire à mon argent de poche.

Bah oui, pour pouvoir payer un coiffeur presque dix mille euros, il en faut des soussouus. J’ai été très triste que mes parents préfèrent te donner des impôts pour payer ta coiffure plutôt que de m’acheter des chaussures. Ah, on me dit qu’ils n’ont pas le choix. Je crois que le choix on ne l’aura pas non plus quand au second tour on devra choisir entre la peste et le choléra (j’hésitais sur qui était la peste et qui était le choléra jusqu’à ce que je voie Marine tacler Pierre Gattaz, depuis je pense qu’on peut lui accorder le titre de peste) (mdr) (me dis pas que t’as pas compris, François, ça fait un mois que je crie mon amour pour ton humour sur tous les toits) (enfin surtout dans tous mes tweets). Mais enfin François, laisse-nous notre argent, de toute façon tu n’as pas de cheveux…..alors que j’ai des pieds. Mes cinquante paires de chaussures sont donc plus utiles que ton unique coiffeur.

Non, François je ne te déteste pas. Non, François, je ne cracherai pas sur les pages du livre d’histoire de mes enfants dans lequel ton nom sera inscrit aux côtés de ceux de De Gaulle, Chirac ou Mitterrand. Non, je ne regretterai pas d’avoir dansé quand tu as gagné. J’avais quatorze ans. Je ne savais rien de toi, à part que tu avais une femme journaliste et ça me suffisait pour t’aimer. Depuis de l’eau a coulé sur les ponts (et est tombée sur ta tête) (mdr, pardon), j’ai appris, j’ai compris.

Alors merci François. Oui, merci. Si tu n’avais pas été comme tu es, je n’aurais jamais pu faire cet article. J’ai ri. Oui, ri à mes propres blagues. Tu auras au moins fait une heureuse. Le pire dans tout ça c’est que je crois que tu vas me manquer. Les poils de Philae auraient pu être remplacés par ceux de Phasma mais je crois que les Français préfèrent Figaro (si tu n’as pas compris cette blague, tape « chien Macron » sur Google).

Au revoir François. A défaut de nous avoir offert un bébé comme princesse Giulia en 2011, tu nous auras au moins offert des chiots présidentiels. J’espère que tu n’es pas le père. La zoophilie on la laisse aux Normands.

(PS : si tu n’as pas compris certaines blagues, tu peux cliquer sur les liens indiqués par une couleur différente) (et si t’as toujours pas ri après avoir compris bah tant pis).

Audrey